La voix militante de citoyens d'ici et d'ailleurs

Voyoucratie

Par      • 22 Oct, 2010 • Catégorie(s): Social  Social    

Hier soir, je regardais le 20 h 00 de TF1 et Laurence Ferrari toute joyeuse de nous annoncer qu’elle allait bientôt accoucher. Que voulez-vous que nous en ayons à faire ? La future maman radieuse évoque l’annonce par le ministre de l’économie britannique, George Osborne, d’un plan de rigueur sans précédent : 95 milliards d’économies en 5 ans, 500000 emplois supprimés, suppression des aides sociales. Je cite la « journaliste » : « On ose à peine parler de rigueur alors que la France tente de réformer son système de retraite. » Ah bon, la seule solution concernant la réforme de notre système de retraites serait celle du gouvernement Sarkozy ? Pour le coup, franchement, on est mal barré.

Et puis, le reportage donne la parole à un homme de la rue, un pauvre type qui a dû oublier de connecter deux neurones : « On ne peut pas continuer de dépenser l’argent qu’on a pas ! » A défaut de savoir faire du bon café, TF1 filme la résilience des simples d’esprit. Ça en deviendrait presque réjouissant ?

Mais comment en est-on arrivé là ?

Vous vous souvenez : en 2008, c’était la crise ! La diminution des prélèvements obligatoires depuis la fin des années 1970 partout dans le monde a libéré des monceaux de liquidités qui sont allées  sur des placements hautement spéculatifs adossés aux subprimes dont les rendements ont atteints jusqu’à 30%… avant la crise. Et puis, patatras ! La nouvelle bulle nous explose au visage. Il fallait alors sauver le soldat Ryan les riches. C’est que firent les États à coups de milliards à destination des organismes bancaires. Aujourd’hui, qui va payer la note ?

S’agit-il de ceux qui se sont engraissés en 2006-2007 ? Eh bien non ! Vous comprenez. Si on se mettait à faire payer les riches, les capitaux s’en iraient… en Grande-Bretagne, un pays où il devient très difficile de faire grève ! Et pendant ce temps, la purge du FMI amène les Chinois à racheter les bijoux de famille de la Grèce. DSK est un dangereux humaniste socialiste. Du coup, alors que la France dispose d’une des durées de cotisations les plus longues d’Europe avec 41.5 annuités en moyenne, notre gouvernement veut en faire toujours plus à l’attention de ceux qui ont commencé de travailler entre 16 et 20 ans. C’est bien fait pour eux. Il nous propose l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans ! Comprenez : comme on ne peut pas faire payer les riches, alors il faut bien s’en prendre à tous les autres !

Demolition Man

Justice sociale ?

Justice sociale ?

Dans un 1er temps, Le gouvernement nous a jeté au visage l’argutie démographique. Seul problème et il est de taille : nous sommes dans un système de répartition ! Or, ce sont les actifs qui financent les inactifs. Et c’est dans ce cadre que Georges Tron, secrétaire d’état au tourisme social à la fonction publique nous explique qu’ « on ne peut pas financer les retraites à crédit« . Ce brave type a raison. On ne peut pas. Alors, pourquoi attendre 2018 ? C’est tout de suite qu’il faut équilibrer. Avec quoi me direz-vous  ? Eh bien… avec l’argent du bouclier fiscal, des niches fiscales et des exonérations de cotisations que nous continuons de déverser aux riches déjà repus avec leurs yachts qui pourrissent dans les ports français, leurs maisons de vacances défiscalisées entourées de requins ! Sur quoi vont-ils bien pouvoir spéculer dorénavant ? Sur le pétrole ? Sur les aliments ? Non. Le bonheur des riches est toujours près de chez eux.

La réforme des retraites proposée par Nicolas Sarkozy, faute de recettes supplémentaires, n’aura pour effet que de bazarder notre système de répartition. Le frère du chef de l’État, Guillaume Sarkozy, délégué général du groupe de retraite complémentaire Malakoff – Médéricl’a d’ailleurs très bien compris. La solidarité familiale est une valeur sûre chez les Sarkozy.

Résumons. Pour faire simple, partout en Europe et tout particulièrement en France, nous avons à faire à des voyous !!!

Crédit photos : Web-libre.org, La Voix Eco, Replikultes

Voie Militante Voie Militante

Tags : , ,

6 Réponses »

  1. Ca t’apprendra à regarder TF1 ! On n’a pas idée de faire des trucs pareils ! ;+) Surtout quand on écoute France Culture. Blondasse sors de ce corps ! ;+)

  2. Bonjour,

    Je ne savais que le canal 1 était encore utilisé par une chaine. J’essaierai de la regarder.

    2008 :
    Pour ce qui est de l’année dernière, je trouve assez surprenant que des libéraux (le gouvernement actuel) qui prône le moins d’état, moins de fonction public et plus de libéralisme ait pu autant aider les entreprises privées. Cela n’a pas choqué grand monde à l’époque ou alors on nous disait : « On n’a pas le choix il faut sauver les banques !!! ». Certes c’était surement vrai, mais venant de la part de libéraux c’est à mourir de rire ou mourir tout court. J’en regrette la période on la gauche avait nationalisé pas mal d’entreprises.

    Retraites :
    Pour les retraites, je dois avouer que je connais mal le sujet, par contre j’ai lu samedi des simulations dans le monde… (je prends toujours le monde pour planquer l’équipe)
    … Eh bien on comprend assez aisément le mécontentement des salariés. Qui va payer la note ? Petits salaires et mères de famille. C’est tellement plus facile de faire toujours payer ceux qui ont peu de moyens.
    Dans les simulations, des retraites de 850 € passaient à 750 € (de mémoire). Ca ne va pas être simple de vivre dignement la dernière partie de sa vie et pas de bol elle dure longtemps

  3. Le tout à rapprocher des 170 milliards d’Euros annuels sous forme d’exonérations sociales et fiscales à destination des entreprises.
    Ce ne sont bien sûr pas les PME qui suent sang et eau qui bénéficient de la charité publique, mais bien 20% des plus grosses entreprises qui cumulent 80% du montant total.
    Il serait intéressant de connaître le rendement de cette aumône en termes d’emploi, d’investissement ou de R&D.

  4. Vous savez, cela fait des dizaines d’années que les gens honnêtes et sérieux intellectuellement, quelle que soit leur couleur politique, attirent l’attention sur les conséquences que la perte de travail aura sur les grands équilibres sociaux.
    Jean Artuis, par exemple, dénonce avec force depuis des dizaines d’années les périls des délocalisations !
    C’est pas un dangereux gauchiste exalté, Jean Artuis.
    Mais il part d’un constat élémentaire : c’est le travail qui finance la protection sociale et les services de l’état par les cotisations sociales et l’impôt, c’est une évidence.
    100 euros de salaire, cela génère 50 euros de cotisations sociales, de l’impôt et de la consommation, donc de la TVA.
    Si on supprime du travail pour de « mauvaises raisons », c’est à dire si on délocalise des entreprises pour maintenir, voire accroître le niveau de profit, on annule toutes ces rentrées d’argent, et, en plus il faut indemniser les chômeurs ou les faire émigrer dans le pays où on a délocalisé ou les tuer.
    Cela ne peut pas coller.

    Si on délocalise, on remplace du travail par du capital.

    Donc si on veut que ce soit neutre en termes de protection sociale et de niveau de service de l’état, il faut « imposer » ce capital au même niveau que l’était le travail, donc soumettre les revenus du capital aux cotisations sociales et à l’impôt, c’est simple à comprendre.
    C’est ce qu’a fait Michel Rocard en inventant la CSG, le seul impôt « juste » puisque il frappe la totalité des revenus quels qu’ils soient.

    Il faut donc poursuivre dans cette logique, sinon, c’est sans espoir.

    Le problème de fond, c’est donc la taxation des revenus de ce capital qui est issu du transfert du travail.

    Certains appellent cela la TVA sociale, moi je n’aime pas ce mot qui a une forte connotation politique, mais c’est la même idée.

    Sans cela point de salut : Aller piller les châteaux et vider les coffres-forts, cela ne résoudra rien sur le long terme et les jacqueries ont toujours été réprimées dans le sang…

  5. Précisement.
    A ceci près que la constitution ou l’accumulation de ce capital a uniquement pour but ou fonction d’échapper aux règles communes de la fiscalité, ce qu’a permis la dérégulation financière des années 80.
    S’ensuit un effet de cliquet, qui fait que cette masse financière, après les errements récents que l’on a connus, n’a de cesse d’envahir toutes les niches spéculatives disponibles.
    Que des députés de la « majorité » proposent conjointement l’abandon de L’ISF et du bouclier fiscal pour calmer la populace illustre assez bien la portée et leur conscience du problème.
    En face, on entend pas grand-chose…