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Travail le dimanche et autres considérations

Par      • 12 Juil, 2009 • Catégorie(s): Social  Social    

A l’heure où certains, à gauche, relancent très justement le débat sur la semaine des 4 jours, le gouvernement propose de travailler plus et symboliquement de travailler le dimanche.

Si la gauche de gouvernement en 2002 – déconnectée de tout espèce de réalité – n’a pas compris que les 35 heures avaient provoqué une intensification du travail du fait de l’augmentation de la productivité, la droite y répond en allongeant la durée du travail. J’y incorpore aussi l’allongement de la durée de cotisations présenté aujourd’hui, par le personnel politique, comme un mal nécessaire. Or, le choix des conservateurs est, au nom de la compétitivité, le choix d’une baisse généralisée et déguisée du salaire moyen dans une économie de services marquée par une faible productivité. Notre modèle social tient par la sur-exploitation des pays du Sud et le faible coût de la main d’œuvre des pays émergents. Pour combien de temps encore ? Il faut là-dessus relire, de toute urgence, la pensée de Paul Sweezy.

Non au travail le dimanche !

Non au travail le dimanche !

Mais là n’est pas le principal défaut de ce texte sur le travail du dimanche. Je crois qu’il y a bien pire. A l’heure où les gens croient pouvoir se construire sansvie les autres et hélas parfois contre les autres, la croyance dans les vertus salvatrices de la marchandisation globale de la société est à contre-temps de notre époque. Dans une société qui se décompose, dans laquelle les corps constitués et la famille se désintègrent, où chacun se met en avant croyant en lui-même par dogme avant toute espèce de considération, le marché agit comme un pompier pyromane. Quoi de plus artificiel en effet que de croire dans la capacité de l’argent à structurer nos vies ! Temps identitaire… temps imaginaire. Toutes ces marques, toutes ces choses, tous ces signes, toute cette publicité poussent à la construction d’une individuation dont le caractère extrêmement artificiel n’aura échappé à personne. « Je possède… donc je suis. » Se croyant tour à tour Nike, BMW, écran plasma, l’homo sapiens se transforme, sous nos yeux impuissants, en homo debilus.  Nous serions donc ce que nous aurions acheté ! Avec la destruction des ressources qu’il porte en germe, le consumérisme nous ouvre les portes d’un nouveau néant.

Depuis 1974, nous sommes en crise après un peu plus de 100 ans de modèle productiviste capitaliste et/ou « communiste ». Il y aurait beaucoup à dire évidemment sur la nature « communiste » de l’économie d’un Lénine, d’un Staline, d’un Mao ou encore d’un Ceausescu. De 1974 à 1980, la pirouette fut d’utiliser l’inflation. De 1980 à 1998, nous avons eu droit aux politiques dites libérales censées agir comme des purges salvatrices par la dérégulation et la concurrence. Puis, nous sommes entrés dans l’ère des bulles : Internet, l’immobilier et bientôt les ressources naturelles et les denrées alimentaires. Les crises à venir nous rappellent toute la fragilité de nos existences et nous laissent augurer de bien sombres moments. Aujourd’hui, les gouvernants, avec notre consentement, ont fait le choix d’endetter nos enfants en transformant la dette privée en dette publique. En dehors d’être amoral, tout cela est parfaitement artificiel !

Avec le travail du dimanche, nous serions en face d’un nouveau « modèle de civilisation ». La belle affaire ! Dans les choix du gouvernement français, je ne vois, pour ma part, que vieilleries et chimères de l’ordre ancien, archaïsme, conservatisme et  clientélisme. Ne croyez pas qu’il y ait la moindre intelligence dans cette mesure ! Elle est tout simplement parfaitement stupide et à contre-sens de l’histoire de l’humanité. Elle est insignifiante dans la mesure où elle est dépourvue de sens.

Crédit photos : RESADA, Drapeau rouge, Christian Vanneste

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