La voix militante de citoyens d'ici et d'ailleurs

Compte Epargne Temps : la grande farce

Par      • 13 Jan, 2008 • Catégorie(s): Social  Social    

Nous demandons de l’aide !Liberté Dimanche revient sur la difficile question des RTT toujours impayées à ce jour au CHU de Rouen. 10000 journées au total pour les médecins. Un coût global de 1.5 millions euros parfaitement infinançable dans le contexte actuel !

La rhétorique du roitelet de l’Elysée « Travailler plus pour gagner plus » semble se transformer, dans le secteur public, en volonté de faire subir aux générations futures la persistance de l’assèchement des finances publiques.

De quoi s’agit-il ? Les 35 heures auraient désorganisé l’hôpital public, amenant les personnels existant, en fait, à travailler plus. Je simplifie. Mais cette simplification est aujourd’hui l’argumentaire développée par le gouvernement actuel. Les 35 heures sont à l’origine de tous nos maux. Problème de pouvoir d’achat… les 35 heures ? Fermeture des tribunaux… peut-être les 35 heures, qui sait ? Hausse du pétrole… les 35 heures ? Tout cela est d’un ridicule absolu. Mais depuis le 7 mai 2007, le ridicule ne semble plus tuer en politique.

La réalité est que la hausse des honoraires sans contre-partie concédée aux médecins libéraux depuis 2002 par pur clientélisme, alors que les recettes de la sécurité sociale continuaient à s’assécher (32 milliards d’exonération en 2008), n’a pas permis à l’Etat de financer de nouveaux emplois ou de payer les heures sup.

La situation catastrophique des finances publiques concomitantes aux cadeaux fiscaux décidés en 2007 amène le gouvernement à la Poste, à l’hôpital à substituer le CTE (Compte Epargne Temps) à l’augmentation des rémunérations ou à des embauches supplémentaires!

Au travers le CTE, il s’agit de proposer que toutes ces heures impayées soient transformées en autant de trimestres de cotisations retraite en moins ! Mais qui va payer ? Nous. Non, bien sûr que non. Ce seront les générations à venir qui auront la charge du financement de ce qui ressemble à une dette sans le dire supportée par les entreprises du secteur public, c’est-à-dire l’Etat. A moins que de nombreuses entreprises soient à long terme privatisées, ce qui aura permis par un tour de passe-passe remarquable à transférer une dette publique sur le secteur privé.

Au risque de déplaire, je ne comprends pourquoi certains syndicats se prêtent à cette grande farce qu’il convient de dénoncer haut et fort.

J’ajoute qu’en cas de décès du bénéficiaire du CET, ses ayant-droits n’auront aucun droit sur toutes ses  heures effectuées. (merci à Virginie)

Autres éclairages

Voie Militante Voie Militante

4 Réponses »

  1. Bon à savoir : les heures placées sur un compte épargne temps ne sont pas payées à la famille en cas de décès…
    Il va finir par nous tuer à la tâche Naboléon !

  2. Ouahhh, ça, c’est du scoop de scoop ! Biz à toi.

  3. Si mes souvenirs sont exacts, avec le compte épargne temps on peut prendre sa retraite plus tôt, mais si on la prend « normalement » on perd tout…
    A vous de vérifier si je ne me mets pas à dérailler, car là les corrections de copies j’en ai ras le… j’ai eu notamment une copie de 17 pages !!! Et un étudiant qui a disserté sur la liberté, faisant remarquer que les études de droit ne sont pas son choix mais celui de ses parents, pour gravir l’échelle sociale…
    Que de tristesse aussi chez nos « jeunes », pas seulement chez nos « vieux » !

  4. Je le constate un peu davantage tous les jours… avec mes « informaticiens ».