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Robert Badinter : ayons la nuque raide !

Par      • 4 Sep, 2007 • Catégorie(s):  

Voir notre premier secrétaire faire l’autocritique du Parti Socialiste au bout de 11 ans de direction est proprement sur-réaliste. Dans un numéro d’équilibriste, il a su dénoncer brillamment sa mauvaise gouvernance. Sans doute pris dans l’enthousiasme d’une auto-satisfaction destructrice, il a annoncé que, pour 2012, il n’excluait rien. Il n’a toujours rien compris à la profonde responsabilité qui est la sienne dans notre défaite. Le mieux, pour le Parti Socialiste, serait que François Hollande en quitte la direction au plus vite.

Dans ce contexte, j’ai pu apprécier hier matin, sur France Culture, les mots de Robert Badinter qui a endossé brillamment le rôle de 1er opposant à Nicolas Sarkozy. Sans concession et sans excès, tout en finesse, il a dénoncé l’instrumentalisation de la loi comme moyen de communication médiatique ! Il a rappelé toute l’inutilité de l’empilement des lois sur la récidive. Il a aussi sévèrement critiqué la schizophrénie des ralliés du sarkozysme et le virage à 180° pris par des personnes qui, durant la campagne présidentielle, avaient dénoncé le candidat de l’UMP. Il a tenu à préciser qu’il ne voyait aucun problème à ce que des socialistes soient associés au travail de commissions. Il s’est dit aussi peu étonné de ne pas avoir été approché par Nicolas Sarkozy. « J’ai la nuque raide« , a-t-il déclaré ! Comme cette expression est belle !

Mais il n’en est pas resté là. Pour Robert Badinter, le problème majeur de la France, c’est la compétitivité de ses entreprises. Et le bouclier fiscal ne changera rien à l’affaire. Pire, il est contre-productif, privant l’Etat de moyens d’y remédier. Concernant le Parti Socialiste, il a répété que la question du leadership n’était le problème du moment. Pour parler de la situation du PS, sur cette question précise, il a repris la phrase du général De Gaulle : « […] Ce n’est pas le vide politique, c’est plutôt le trop plein !« . J’avais récemment écrit sur ce sujet et je partage complètement cette analyse. Il nous a conseillé de faire ce qu’ont su faire les travaillistes anglais sur le plan de la méthode, alors qu’ils venaient de vivre 4 défaites consécutives. Posons nous la question de ce qu’est la France d’aujourd’hui et de savoir ce qu’attendent les Français de la gauche. Je souscris, pour ma part, à l’intégralité de cette analyse et à l’excellente feuille de route qu’il a su dresser. Non, Nicolas Sarkozy n’a pas pillé tous les talents du PS. Il nous reste Robert Badinter et personne ne nous l’enlèvera, soyons-en sûr !

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3 Réponses »

  1. Mais pourquoi, Denis, demander à François Hollande de quitter la direction du Parti Socialiste « au plus vite », comme tu dis?
    Il a encore redis à La Rochelle qu’il ne demanderait pas à renouveller son mandat de 1er Secrétaire, lors de notre prochain congrés ordinaire.
    Pourquoi ne pas respecter les échéances statutaires. Que cela cache-t-il?
    J’ai bien entendu, comme mes camarades présents à La Rochelle dimanche dernier, François Hollande dire qu’il refusait cette idée, pour le moins saugrenue, de changer le beau titre de « Parti Socialiste ».
    Par quoi remplacer le mot « socialiste »?
    Et puis j’ai bien aimé sa façon de jouer avec les mots comme il le fait très bien, pour dire, ce qui n’est pas une boutade mais un leitmotiv, que chaque adhérente/adhérent du PS devrait faire sien:
    « … un état des lieux qui doit d’abord être un changement d’état d’esprit! »

  2. Nombre des idées défendues par Badinter ont été évoquées sur ce blog.
    C’est rassurant !
    Comme quoi chez nous les juristes il y a aussi du bon !

  3. Franchement, je crois qu’il confond parti politique et petites affaires personnelles.