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Rénovation du PS – Ière Partie: Les diseux et les faiseux.

Par      • 7 Oct, 2007 • Catégorie(s):  

Rénover, rénovateur, réformer, réformateur, renouvellement… l’édition 2008 du Petit Socialiste illustré, fait de la lettre R, sa lettre maîtresse. Refonder, repenser, redéfinir… le vocable est quasi inépuisable.

C’est d’ailleurs impressionnant de constater le nombre de variations que l’on peut faire sur le même thème. Les nuances sur la (désormais) fameuse « Rénovation » sont multiples. De l’incantation solennelle, au vœu pieux, en passant par la banalité la plus affligeante, toutes les subtilités de la langue française y passent.

D’ailleurs, les socialistes font preuve d’une imagination insoupçonnée, quand il s’agit de disserter sur leur avenir. L’éléphantesque rentrée littéraire en est sans doute le plus bel exemple.

Ainsi, ceux qui portent la plume, exhortent à tirer les leçons du passé, à changer le logiciel socialiste à tout prix. A longueur de pages ils donnent la leçon, s’érigent tous autant qu’ils sont, comme les garants du temple socialiste rénové. Les « diseux » manient si bien l’incantation qu’on en oublierait presque qu’ils ne font que régler des comptes. Des comptes trop longtemps non soldés, qui ont été noyés dans des synthèses aussi stériles que dangereuses. Très peu d’entre eux proposent une analyse, une vraie, quant aux perspectives d’avenir, c’est le désert. Très peu osent remonter aux origines de nos maux. Comme si aucune erreur n’avait été commise avant 2002, les « diseux » ont la mémoire courte, le verbe aigri, la pensée tronquée.

Comme on donnait des jeux au peuple romain, on livre au peuple de gauche, ici son analyse haineuse, là son commentaire nimbé de fiel, là-bas sa rancœur accumulée, comme pour exhorter les vieux démons, comme pour expier ses propres fautes, comme pour mieux se placer, ou mieux revenir. C’est tellement facile de céder à la tentation du « donneur de leçons », tellement confortable.

Là où ça se corse, c’est quand on passe aux travaux pratiques.

Pour illustrer cette dichotomie entre la parole et le geste, me reviennent en tête les mots de notre Premier Fédéral, il y a quelques jours, qui s’étonnait du fait que les militants ne lui parlent absolument pas de la rénovation du PS… mais exclusivement des prochaines municipales. Cet étonnement, quelque peu naïf et donc touchant, est à lui seul révélateur du décalage énorme qui existe au PS, entre ceux qui pensent (enfin ceux qui disent) pour les autres, et les autres justement. Quel manque de lucidité de la part de celui qui prétend conduire la rénovation de notre fédération!

Les « diseux » justement, parlons-en. Je souris quand je vois, dans les médias, ceux qui s’érigent en grand gourou de la rénovation, eux qui n’ont connu que le PS, comme famille, comme ami, comme boulot. Eux qui sont au cœur de ce système, qu’ils choyaient tant il y a peu encore, et qu’ils dénoncent aujourd’hui. Eux les « apparatchiks » bien pensants qui n’ont que trop attendu, que trop ressassé. De l’ombre à la lumière, la rénovation est pour eux une aubaine, pour exister enfin. Alors ils prêchent. Sans relâche, sans répit, le matin à la radio, le soir à la télé, ils prêchent.

Mais à voir la réaction d’indifférence de la base silencieuse, les autres, les « faiseux », il semble bien qu’ils prêchent dans le désert.

A suivre…Les deuxième et troisième parties, bientôt sur ce blog.

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2 Réponses »

  1. D’accord avec toi sur le fait que le terme de rénovation est un outil virtuel qui masque le vide sidéral de la pensée socialiste.

    Je ne suis pas sûr en revanche que les militants ne s’intéressent pas à cette question. Il faut répondre à leurs attentes. La question demeure : lesquelles au juste ?

    Pour moi, le sujet majeur est d’être au clair sur notre doctrine. Le deuxième est la discipline et le sens du collectif. Le troisième est la question du leadership.

  2. C’est la manière dont la rénovation est « vendue » aux militants qui pose problème… pas la rénovation en elle même.