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Reconstuire l’universalisme !

Par      • 3 Jan, 2008 • Catégorie(s): Politique culturelle  Politique culturelle    

Régis DebrayLes Lumières se seraient-elles éteintes avec le XXième siècle ? La question mérite de se poser tant la question semble tarauder l’intelligentsia française. J’écoutais Régis Debray au hasard de mes déplacements automobiles évoquant l’un de ses derniers opus, Un mythe contemporain : le dialogue des civilisations. Tiens…tiens… cela ne vous rappelle rien !

Régis Debray aime à se définir comme un médiologue. Au travers de la mission que lui avait confié Jacques Chirac, il s’est longuement confronté aux cultures du Moyen-Orient et au fait religieux. Pour lui, la nouvelle civilisation dans lequel entre le monde sera surtout celle de l’ancien monde. Sous l’effet conjugué d’une mondialisation qui abolit la frontière, le monde est en cours de reconstitution de territoires et de balkanisation culturel. Le même mot est d’ailleurs utilisé par Edgar Morin dans son opus Pour une politique de civilisation. L’uniformisme de la technique entraîne, selon lui, la reconstitution d’identités fortes. Selon le médiologue, la menace – et on l’a vu – avec George W. Bush en Irak, c’est l’inculture du politique.

La fusion des champs privés et publics, la volonté de remettre en cause le principe de laïcité, l’émergence des mots tels que l’identité nationale, la construction des murs nous montrent que les valeurs universalistes qui conduisaient la marche de notre monde, notre culture vacillent. La seule réponse est, sans doute, de nous reconstruire, seule possibilité d’acceptation de la diversité des autres.

La disparition des idéologies est un leurre « totalitaire ». Il nous expose à la dictature des minorités. La dissolution de toutes les représentations dans les truismes de l’idéologie libérale et l’utilitarisme constitue l’une des plus graves menaces de… civilisation.

Pour conclure, je voudrai citer un extrait d’un article de Régis Debray écrit dans le Monde en 1999 :

L’Amérique n’a même plus besoin d’être dominatrice. Elle est devenue pour nous irréfutable, c’est-à-dire intérieure. On dit désormais, sans y penser : “les Occidentaux”. Allergique à ses propres complexités, le dominé se pense selon les spécifications du dominant, par images et slogans (Etat de droit, Démocratie, Liberté). Ce qui rend ce western crédible, c’est une crise générale de la transmission européenne – crise de l’école, de l’imprimé, du spectacle, toutes les filières de la mémoire.

Autres éclairages

Crédit photo : France Télévision

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