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Kaysersberg : un monde englouti !

Par      • 7 Déc, 2009 • Catégorie(s): Politique culturelle  Politique culturelle    

En plein débat sur l’identité nationale , auquel j’ai décidé, comme d’autres, de ne pas participer, les hasards du calendrier ont fait que je suis allé ce week-end en Alsace ! L’occasion de visiter les marchés de Noël  tels que ceux de Strasbourg, Colmar ou encore Kaysersberg.

La nostalgie de Kaysersberg

Si Strasbourg et Colmar m’ont enchanté, l’insistance des Alsaciens à vanter les mérites du marché de Noël de Kaysersberg m’a intrigué et m’a amené à chercher à comprendre.

Kaysersberg, atlantide de la modernité ?

Kaysersberg, atlantide de la modernité ?

La première sensation que j’ai eu à déambuler dans les rues de Kaysersberg fut celle d’une époque révolue, d’un urbanisme d’une France qui court après une identité artificielle. Celle dont nous parlait Fernand Braudel. Celle de Français en quête d’une ruralité qui n’existe plus. Sensation de me promener dans un monde apuré, dans une maison de poupées où les seuls Gaspard, Melchior et Balthazar n’avaient de consistance qu’au travers de leurs statues de plâtre !

Certes, il y a de quoi s’esclaffer devant cette architecture d’un autre âge, au caractère trempé, façonné et sculpté dans la relation de l’homme à son environnement. Et pourtant, toute cette foule, tous ces badauds qui s’amassaient dans les rues de ce monde englouti et figé étaient là face à la force de leur imaginaire institué qui les dépossède de toute autonomie !

Identité régionale ?

Lors d’une discussion à bâtons rompus avec la propriétaire du gîte de Niederschaefollsheim, nous avons évoqué le poids des traditions en Alsace. Si elle avouait être fière que son fils continuait de penser – et de parler – en Alsacien, elle était tout aussi triste de constater que sa fille de 13 ans ne parlait pas un traître mot de sa langue maternelle. L’abbé Grégoire avait été un des premiers à comprendre que l’identité d’un pays tel que la France ne pouvait se construire qu’autour d’une langue commune qui, selon lui, passait notamment par la destruction des identités régionales. C’est pourquoi  il mit beaucoup d’énergie à chercher à supprimer les dialectes et les patois pratiqués dans nos régions. En vain !

Un autre monde : l’Europe ?

La globalisation des échanges économiques s’inscrit dans le prolongement de l’œuvre destructrice de l’abbé Grégoire avec une efficacité inégalée. Elle concourt à supprimer les langues nationales au profit d’une seule langue, le globish. Elle liquéfie nos identités culturelles au profit d’une bouillie indigeste. Le débat sur l’identité nationale ressemble à s’y méprendre aux façades des maisons de Kaysersberg. J’aurais, pour ma part, préféré  un grand débat autour de la construction d’une identité européenne et d’une réflexion autour de la mise en œuvre d’une langue commune.

Crédit photos : Amazon, Recoins de France, le club des lycéens

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3 Réponses »

  1. le plan de Kaysersberg n’est pas français mais allemand, et quelques kilomètres plus loin une sorte
    d’idiome français était parlé du fait des « Welsches » ….

    un téléfilm retrace un peut une partie des facettezs multiples de l’alsace tourmentée :

    Les Alsaciens ou l’Alsace des 2 Mathildes :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Alsaciens_ou_les_Deux_Mathilde

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