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Commission Olivennes : vers le tout répressif !

Par      • 23 Nov, 2007 • Catégorie(s): Politique culturelle  Politique culturelle    

PirateEn signant l’accord pour le développement et la protection des oeuvres et programmes culturels sur les nouveaux réseaux, les fournisseurs d’accès Internet Orange, Free, Neuf, Numericable, Alice – à l’exception de Télé2 et Darty – se sont engagés sur plusieurs points.

  1. Envoyer des messages d’avertissement et mettre en œuvre les décisions de sanction aux internautes indélicats
    Le texte de l’accord évoque qu’ils agiront au titre d’une « autorité publique spécialisée, placée sous le contrôle du juge« . Cette autorité demandée par la commission Olivennes exige que le législateur valide son existence par une loi et dans les termes posés par le texte.
  2. Mettre en place sous un délai de 24 mois les dispositifs de filtrage afin de protéger les œuvres des ayants droit.

Bizarrement, ne figure dans les signataires aucune association d’internautes ou de consommateurs. A noter que Google avec Youtube et DailyMotion sont absents de la liste.

Le superministre actuel de tout et de rien, de la pluie et du beau temps semble avoir arbitré pour une vision ultra-répressive. Ce dispositif vient se surajouter aux éventuelles poursuites pénales pour contrefaçon, soit une peine encourue de 3 ans de prison et 300 000 euros d’amendes. L’ UFC-Que Choisir n’hésite pas à parler de surenchère.

Dans la bouillie intellectuelle qui le caractérise, confondant tous les sujets comme à son habitude, notre superministre a parlé, relativement au piratage, de trou noir, de ruine progressive, de négation du travail (qui dit mieux), d’entrepôts clandestins, de far ouest high tech (ouahhh la vache), de comportements moyenâgeux, de vol à l’étalage et – cerise sur le gâteau – de fenêtre civilisée. Didier Barbelivien, Johnny Haliday, Christian Clavier vont pouvoir dormir sur leurs deux oreilles. Leur copain veille au grain.

Christian Paul, député socialiste, dénonce l’absence de recherche de concertation et la mise en place d’une réponse qui n’est pas adapté aux enjeux de la culture numérique. Tous les industriels savent aujourd’hui l’inéluctabilité de la gratuité numérique. Jacques Attali s’en est fait bruyamment l’interprète dans son blog.

Seul aspect positif : l’abandon des DRM ou droits numériques institués par la loi DADVSI de décembre 2006 sachant que ses deux plus ardents défenseurs furent, entre autres,Nicolas Sarkozy et Denis Olivennes. Le ridicule ne tue pas… surtout en politique.

Source : Ratiatum

Autres éclairages

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7 Réponses »

  1. Si vous voulez qu’on compare les positions passées par rapport à celles de maintenant, on peut rigoler un moment avec les protagonistes du PS.

    Voici en tout cas ce que déclare N. Sarkozy maintenant concernant les DRM : « Pour développer l’offre légale sur internet, les ayants droit de la musique doivent s’engager à abandonner les DRM » (système de protection des fichiers numériques), a ensuite demandé Nicolas Sarkozy. « Il est impensable qu’un fichier téléchargé illégalement puisse être lu sur n’importe quel lecteur, alors que c’est impossible pour les fichiers légaux ».

    Enfin je rappelle que le vote de la loi DAVDSI a diviser l’UMP comme le PS, il est bon de s’en souvenir avant d’essayer de faire croire insidieusement que les positions aristocratiques et conservatrices sont systématiquement de droite, l’internet étant un révélateur assez intéressant.

    Que je sache la majorité des artistes sont des bien pensants, des gens de gauche (soit par idéologie, soit parce que ça fait gentil en France, par opposition aux cupides de droite) non, pourquoi ne les entends on pas prendre partie pour des formes d’échanges plus actuelles, moins restrictives ? Surtout qu’à l’instar de RadioHead, leur réputation n’est plus à faire, et ils n’ont aucun besoin de présence dans les bacs !

  2. J’aimerais personellement souligner un point qui à mes yeux justifie largement le téléchargement « illégal » de musique.

    Il fut un temps ou les artistes travaillaient et nous offraient un travail de qualité. Il y en a encore malgré tout, mais ils sont rares.

    Ecoeuré depuis un certain temps des CD qui contiennent un voir deux morceaux de qualité généralement complêté par ce que j’appele de la soupe, j’ai pris l’habitude de tester avant d’acheter.
    Or, je m’imagine mal passer 30mn de mon temps chez un commercant pour écouter le contenu entier d’un CD. D’autant que j’y vais peu souvent, et je les achete par 3 ou 4.

    J’ai donc pris l’habitude de télécharger avant d’acheter.
    Lorsque ca « vaut le coup », j’achète le support. Lorsque c’est de la m…e, j’efface.

    Finalement c’est peut-être ca qui gêne nos artistes ? qu’on puisse écouter avant d’acheter … :-)

    Conclusion 1: le téléchargement illégal tue la médiocrité …

    Conclusion 2: dans leur grande bonté, les « majors » oublient qu’après un certain temps, les droits musicaux disparaissent, et que la musique devient donc « libre » de droits. Le classique en est un bon exemple.

    Les F.A.I. vont-ils donc disposer d’outils permettant de trier les « bons » et les « méchants » téléchargements ? j’en doute.

    Conclusion 3: continuer à télécharger sauvera la création.

  3. @Pierre

    Y a pas de bien pensants à droite ? Que De caricature ?

    @Philippe

    Assez d’accord avec ce que vous dites sur la médiocrité sauf que la gratuité amène souvent également le choix de la médiocrité.

    Je crois que c’est affaire avant tout de culture et d’éducation. Et puis, la médiocrité est un concept par essence parfaitement subjectif. Quelqu’un qui aime la techno peut aussi considérer que l’opéra est un genre « médiocre ». ;+)

  4. Mr Lévèque, peut-être avez vous raison sur le silence des agneaux, pardon des artistes, auquel cas , quelle conclusion en tirer ?
    J’ai la faiblesse de croire que malgré les jérémiades des quelques prétoriens encartés, l’ensemble de la filière qui à fait bombance pendant des décennies a continué benoîtement à se gaver « ad libitum »…jusqu’a maintenant…
    De mon humble point de vue, la problèmatique annoncée cache mal le fait que derrière l’argumentation des pertes financières annoncées, on trouve des groupes dont les moyens de pression sont tels qu’il faille recourir à une soupe moralisatrice tiédasse pour éviter d’exposer des enjeux plus conséquents…
    Parano ? Bah, c’est bien possible…

  5. « Et puis, la médiocrité est un concept par essence parfaitement subjectif. Quelqu’un qui aime la techno peut aussi considérer que l’opéra est un genre “médiocre”. ;+) »

    Sur un même CD, du même artiste, probablement. Mais la n’était pas mon propos.

    Car je parlais surtout de cette soupe commerciale qu’on nous vend à prix d’or alors qu’un seul vrai et bon morceau figure sur cet album. Le reste étant constitué de cette fameuse soupe commerciale que je dénigre volontiers.

    Non, je ne paierais pas 15€ pour un CD qui contient 1 bon titre, et 14 morceaux pour remplir.

    C’est pourquoi je revendique le droit d’écouter avant d’acheter …

  6. Bien entendu, tous ceux qui s’opposent au rapport Olivennes, car il serait « liberticide », si leur gagne-pain était mis en concurrence par un service proposé frauduleusement et gratuitement sur internet, ne diraient rien. Cela serait liberticide également non?0)

  7. IL y a deux façon de concevoir la liberté: celle qui consiste à dire que vous avez le droit d’acheter de la m…e, et celle qui consiste à dire que vous achetez parce que le contenu vous interesse …

    C’est un peu à l’image des solderies tout ce discours: Il faut bien faire penser aux pauvres qu’ils ont du pouvoir d’achat, et pour cela vous importer des tonnes de m…e à bax prix. cf. l’explosion des « solderies » et autres commerces de jouets chinois…
    Et puis il y a aussi, et heureusement, des acheteurs, qui avec leurs maigres moyens continuent à privilégier la qualité (à la quantité). A ceux-la je ne dénigrerais jamais le droit d’essayer avant d’acheter …
    C’est malheureusement le contraire de ce que le PDG de la FNAC est en train de nous expliquer …
    Alors de quelle liberté parlons nous ?