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Bruno Le Maire, le livre…

Par      • 23 Jan, 2008 • Catégorie(s): Politique culturelle  Politique culturelle    

J’ai terminé hier soir le livre de Bruno Le Maire, ex directeur de cabinet de Dominique de Villepin, désormais député UMP d’Evreux.

D’abord, un premier constat s’impose : Je l’ai lu rapidement. Si la plume de Le Maire est accessible, son livre est truffé de passages sur sa vie personnelle qui n’apportent rien au récit et que je n’ai fait que survoler… Sa vie avec sa femme, ses enfants, ses week-ends en famille, sont en réalité autant de passages pour humaniser un homme qui ne semble agir que par et pour le pouvoir.

Le pouvoir justement. Le pouvoir au plus haut sommet de l’Etat, voilà le personnage central de ces carnets d’un homme qu’il l’a côtoyé, tutoyé. Bruno Le Maire met en scène ce pouvoir à travers trois hommes d’Etat, Chirac, Villepin, Sarkozy. Trois hommes qui vont s’admirer, se déchirer, se haïr.

Sur le Premier homme d’Etat, Chirac, le livre de Bruno Le Maire met en exergue l’agonie du pouvoir, la fin de règne dans tout ce qu’elle a de plus pathétique. A travers un homme qui se bat pour continuer à exister et qui souffre de voir l’histoire lui échapper, on comprend mieux la mécanique Chirac, le rôle ambiguë qu’il a joué entre Sarkozy et Villepin.

Sur Villepin, on est plus gênés. La proximité des deux hommes, l’auteur et son mentor, a-t-elle permis à Le Maire d’avoir le recul, la lucidité pour décrire l’action de l’ex-Premier Ministre. Quoi qu’il en soit, Villepin apparaît, une fois de plus, comme un homme atypique. Atypique car jamais élu, atypique dans la haute idée qu’il a de lui-même et du rôle qu’il doit jouer pour la France. Atypique dans ses rapports avec les autres, dans sa manière distanciée et technocratique de traiter les affaires du pays. L’épisode douloureux du CPE (sur lequel Le Maire revient longuement) et l’autisme dans lequel se sont enfermés les deux complices est peut être la plus belle illustration de ce personnage complexe et torturé.

Sur Sarkozy enfin. Le livre de Le Maire est sans concession. Moins de tendresse, d’affection et de chaleur qu’avec les deux autres, mais une fascination récurrente. Sarkozy apparaît comme ce qu’il est vraiment, brutal, paranoïaque, calculateur, obsédé par son destin. Je crois sincèrement que c’est là la réelle plus-value du livre de Le Maire. Comprendre Sarkozy, ses mécanismes, ses codes, son absence totale d’empathie et d’altruisme. Le livre de Le Maire agit comme un miroir, un reflet. A aucun moment il ne le juge, il le montre, tel qu’il est… détestable, odieux, pervers, mais tellement brillant, tellement dans l’air du temps.

J’ai aimé ce livre. Oui franchement c’est peut être un des meilleurs livres politiques que j’ai lu ces derniers mois. J’aurais préféré cependant que Le Maire en dise plus sur l’affaire clearstream. On le sent gêné quand il aborde le sujet. J’aurais aimé qu’il nous en dise plus sur les conditions de son parachutage à Evreux, qu’il ne dément pas, qu’il revendique même.

Enfin, on est mal à l’aise face à la plume de cet homme qui semble usé, dégoûté par le monde de la politique et qui, une fois l’aventure Matignon terminée, y replonge illico en demandant une circonscription (alors que Chirac lui propose le poste d’ambassadeur à Rome !!). Non, Bruno Le Maire n’a pas livré toutes ces facettes, il nous donne seulement quelques pistes de lecture sur ce qu’il est, ce qu’il représente, ce qu’il incarne. Passons du livre à la réalité de la vie politique locale…

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