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Admettre la réalité !

Par      • 25 Jan, 2009 • Catégorie(s): Politique culturelle  Politique culturelle    

L’être humain a la fâcheuse tendance à ne pas admettre la réalité, ainsi il vit, dans l’illusion, il prend ses désirs pour des réalités !

Comme le soulignait Edgar Allan POE, il a la manie de nier ce qui est et d’expliquer ce qui n’est pas.


Le philosophe Clément ROSSET est un maître en matière de réel. C’est un philosophe, un penseur tragique, c’est à dire qu’il allie l’impossible et l’inéluctable. La mort par exemple, qui est un événement inéluctable, est pour beaucoup quasiment impossible à admettre, et pourtant il est impossible de lui échapper. Clément ROSSET veut regarder la réalité en face il refuse avec force l’illusion, car elle nie la dimension tragique de l’existence.

Selon lui, « Rien de plus fragile que la faculté humaine d’admettre la réalité, d’accepter sans réserves l’impérieuse prérogative du réel. Cette faculté se trouve si souvent prise en défaut qu’il semble raisonnable d’imaginer qu’elle n’implique pas la reconnaissance d’un droit imprescriptible – celui du réel à être perçu – mais figure plutôt une sorte de tolérance, conditionnelle et provisoire (…) le réel n’est admis que sous certaines conditions et seulement jusqu’à un certain point : s’il abuse et se montre déplaisant, la tolérance est suspendue. Un arrêt de perception met alors la conscience à l’abri de tout spectacle indésirable. Quant au réel, s’il insiste et tient absolument à être perçu, il pourra toujours aller se faire voir ailleurs« .

Ainsi, l’être humain a une tendance à la dénégation, à la recherche d’une duplication du réel, ce double, qu’il traite dans son ouvrage Le réel et son double, qui s’accommode mieux à ses désirs que le réel, apparaît alors comme plus réel que le réel lui-même.

Dans Le réel, l’imaginaire et l’illusoire, il estime que le réel ne se définit pas par rapport à l’imaginaire, mais par rapport à l’illusoire, car l’imaginaire est un mode de préhension du réel mais l’illusoire est un mode de dénégation du réel.

Ce sujet essentiel, est au centre d’un de ses derniers ouvrages L’école du réel, publié aux Éditions de Minuit, il y explique sa conception de l’ontologie, du « savoir de ce qui est« .

Je ne peux que vous recommander chaudement la lecture de ce brillant auteur, qui en outre est bourré d’humour. Car peut-être vous rendrez-vous compte que vous aussi vous vivez dans l’illusion et que vous pouvez lutter contre vos perceptions inutiles, car certains, comme notre cher chef de l’État ne se gênent pas pour se servir de cette faiblesse humaine pour donner l’illusion que brasser de l’air c’est agir et être efficace et aussi pour que certains se contentent de la médiocrité de leur vie…

Retenez bien une de ses citations, elle pourra vous servir un jour : « Être heureux, c’est toujours être heureux malgré tout« .

Crédit photo : les Editions de minuit.

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2 Réponses »

  1. Paul Virilio aime à se présenter comme un penseur du tragique. Il s’en amuse et en rit à pleine gorge.

    C’est en s’occupant des choses qui ne le regardaient pas et niant le réel qu’on cherchait à lui imposer qu’il est devenu cet extraordinaire penseur de l’accident.

    Je ne sais pas où il place le double : dans le champ de la conscience ou de l’inconscience ? Sans doute dans le champ de la conscience évidemment.

  2. « Le Réel et son double » est un de mes livres favoris… ça m’intéresse…

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