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2012 : élection imperdable pour la gauche ?

Par      • 2 Oct, 2010 • Catégorie(s): Parti Socialiste  Parti Socialiste    

Je revoyais hier matin à l’heure où la campagne n’a pas eu encore le temps de blanchir une interview de Claude Bartolone de juin 2007 à l’occasion de la publication de son livre, L’élection imperdable. A l’époque, notre cumulard socialiste, député et président du conseil général des Hauts-de-Seine, était le bras droit (gauche ?) de Laurent Fabius. Aujourd’hui, les deux hommes ne se parlent même plus.

L’élection qu’ils nous ont fait perdre !

Dans cet interview, l’ancien second couteau de Laurent Fabius évoque l’amateurisme de l’équipe de Ségolène Royal au cours du mois de janvier 2007 à l’occasion du lancement des débats participatifs là où Sarkozy rassemblait son camp en multipliant les meetings. Ce qu’oublie de dire Claude Bartolone, ce sont les consignes donnés par les Fabiusiens, à l’époque,  pour ne pas faire campagne pour Ségolène. Dans certains cantons de Seine-Maritime, de l’Eure ou des Hauts-de-Seine, le matériel électoral était rangé dans les placards !!! En 2007, ceux qui ont fait perdre cette élection « imperdable », ce sont les sbires de Laurent Fabius et de Claude Bartolone ! Ont-ils à l’époque agi sur ordre de leurs chefs ? Pour ma part, je le pense. Certains socialistes, y compris dans l’Eure, en appelaient alors au vote révolutionnaire François Bayrou pour mieux faire exploser le Parti Socialiste. Tous les partis politiques ont leur lot de planches pourries.

L’antisarkosysme est une impasse totale !

La droite dans ce pays n’a jamais été aussi forte sur le plan idéologique au point où elle envahit même le discours de la gauche par ses propres mots. Entre des vieux qui ont peur de perdre un peu de leur confort, des jeunes qui peinent à en avoir, des classes moyennes dont le leitmotiv est de payer moins d’impôt, ce n’est pas la politique de Sarkozy qui est rejetée aujourd’hui  : c’est sa personnalité ! Le sondage du mois d’août sur l’annonce des mesures sécuritaires du chef de l’État a recueilli l’assentiment d’une grande majorité de Français.

Du coup,  le Parti Socialiste conduit par Martine Aubry a cherché à s’opposer autour du silence sidéral de ses propositions et des coups de menton d’un Benoît Hamon qui réclame dernièrement, en compagnie de représentants du Parti de Gauche et du NPA, une hausse généralisée des salaires dans notre pays. A-t-il seulement mis un jour les pieds dans une entreprise pour asséner de telles inepties ? Oui, il y a un problème de répartition dans notre pays. Mais, en quoi une hausse généralisée des salaires améliorera la situation des 4.5 millions de chômeurs ?

Le plus important n’est pas de savoir quel sera le candidat du Parti Socialiste en 2012. Le plus important est de mobiliser les militants autour de la construction d’un projet et d’une alternative politique en capacité de faire face au risque systémique inhérent à une société en voie de paralysie totale.

Crédit photos : L’avenir est dans le dialogue

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2 Réponses »

  1. « Mais, en quoi une hausse généralisée des salaires améliorera la situation des 4.5 millions de chômeurs dans notre pays ? »

    Justement, c’est parce que les salaires sont si bas que la consommation stagne, donc qu’aucune reprise ne peut s’opérer. S’il y a une reprise, le chômage va baisser. c’est comme cela qu’on redémarre la machine. Il ne s’agit pas de revaloriser les hauts salaires, qui ne font rien pour la croissance, mais de les faire rattraper par les plus faibles. C’est de vingt pour cent au moins qu’il faudrait revaloriser le SMIC. En revanche, il faut que le bouclier fiscal disparaisse, que les impôts reprennent leur progressivité.

  2. Injecter du pouvoir d’achat sans relocaliser la production est un contre-sens absolu. Pour acheter des écrans plats de 1.3m et remplacer ainsi ceux de 90cm ? Pour acheter un monospace en lieu et place d’une berline ? Je ne suis pas sûr que ce soit de la consommation supplémentaire dont nous ayons le besoin le plus urgent. Je crois que c’est plutôt en termes d’éducation, de formation, de recherche et de culture, d’économies d’énergie et d’un plan bois massif, d’un plan fibre généralisé pour favoriser le télétravail, de développement de ferroutage et du covoiturage, de small business act que se situent les vrais enjeux. Non ?

    Ce que tu proposes, c’est en gros ce qu’on a fait durant 30 ans. Or, ce sont ces mêmes politiques devenues totalement inopérationnelles après le 1er choc pétrolier qui ont amené les libéraux au pouvoir à partir de la fin des années 1970 !

    Je partage en revanche un point : nous avons à faire à une crise en grande partie liée à l’enrichissement des plus riches qui ont constitué une épargne spéculative par la baisse des impôts. Ils doivent être taxés lourdement et aussi contribués au même titre que les revenus du travail à financer le fonctionnement des régimes retraite et maladie. Nous avons en effet un problème d’allocation optimale des ressources et ce n’est pas la main invisible du marché qui peut y changer quoi que ce soit. Bien au contraire !