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Non, non et non à la candidature de Lionel Jospin

Par      • 29 Juil, 2006 • Catégorie(s):  

Si les mots ont un sens, alors il va falloir que Kader Arif, Eric Besson, Harlem Désir, Anne Hidalgo, Annick Lepetit, André Vallini et Clotilde Valter, Bernard Poignant et Manuel Valls, membres du bureau national, et Francis Chouat, responsable national du parti se rappellent ce qu’a dit Lionel Jospin au soir du premier tour de l’élection présidentielle de 2002.

Pour rappel : « J’assume pleinement la responsabilité de cet échec, et j’en tire les conclusions en me retirant de la vie politique après la fin de l’élection présidentielle. » En se retirant ce soir-là, j’ai trouvé la décision de Jospin courageuse. De mon point de vue, le désaveu que lui a infligé, ce jour-là, le peuple de gauche, est le plus grand signe de défiance qui peut être infligé à un homme politique. Elle sanctionne un parcours.

Investi par le Parti Socialiste pour la présidentielle de 2002, il avait alors déclaré que son projet n’était pas socialiste. Pour 2007, nous avons un projet et nous voulons un candidat SOCIALISTE qui défend haut nos couleurs, les couleurs d’un parti de la transformation sociale profondément ancré à gauche. On ne construit pas une candidature grâce à sa hauteur de vue sur les enjeux internationaux. Nous devons, avant tout, donner des réponses aux gens qui souffrent dans notre pays. Et ce n’est pas les bruits de canon qui doivent nous divertir de cet objectif malgré toute leur gravité. Et puis, la ficelle est grosse. Jospin n’est ni Jaurès, ni De Gaulle, ni Mendès.

Certains d’entre nous ont incriminé le MRC et Jean-Pierre Chevènement dans la défaite de notre candidat en 2002, alors que c’est Jospin lui-même qui a demandé à nos élus de soutenir la candidature Tobira. La défaite incombe davantage à la stratégie de l’ancien Premier ministre qu’à d’autres.

Sur la nature politique du Jospinisme, je voudrais ici rappeler la phrase terrible et malheureuse à la fois prononcer par l’ancien premier ministre : « L’Etat ne peut pas tout. » Cette phrase est à rapprocher de celle-ci : « L’Etat ne peut rien contre l’économie« . Elle émane du penseur du mouvement radical-socialiste dans les années 30, Alain. De mon point de vue, Jospin incarne la dérive de notre parti vers une forme actualisée du radicalisme-socialisme.

Pour ma part, je tiens haut et fort à condamner cette dérive et je dis trois fois non à la candidature de Jospin. De mon point de vue, il incarne le passé et n’a aucune vocation à nous rassembler. Les 15% au premier tour ont d’ailleurs montré les grandes limites de la capacité de rassemblement de Jospin. Jospin a été… un très bon premier ministre, sans doute l’un des tous meilleurs de la 5ième.

A lire : Yvette Roudy sur Rm dit non aussi à Jospin !

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7 Réponses »

  1. Depuis la parution de la tribune de Lionel Jospin intitulée « Mai 2007, quatre enjeux majeurs », les commentaires sibyllins et hostiles se multiplient dans le microcosme politique français à propos de son éventuelle candidature à la prochaine élection présidentielle. Est-ce pour autant que le retour de l’ancien Premier ministre n’est ni souhaité, ni souhaitable par et pour les Français ?

    La mobilisation populaire, à l’occasion du référendum sur le Traité établissant une Constitution pour l’Europe, a démontré l’importance du fossé qui sépare les aspirations du peuple de Gauche et les intentions de ses élites politiques. Les prétendants à l’investiture socialiste et leurs supporters, si prompts à disserter sur le retour de l’ancien leader de la Gauche Plurielle, peuvent-ils s’ériger à la fois en libres commentateurs, juges impartiaux et parties prenantes d’un processus de désignation qui n’est pas encore ouvert ? Est-ce à ces derniers, au président de l’UMP, candidat néo-conservateur à la rupture avec le modèle social français, aux sondages ou aux médias qu’il appartient de décider qui devra porter le projet socialiste et les aspirations de toutes les victimes de la politique ultra-libérale, réactionnaire et liberticide menée par la droite depuis 2002, à l’occasion des élections du printemps prochain ? Certainement pas, les militants socialistes seront les seuls maîtres de la décision et leur choix engagera tout le Parti Socialiste.

    Si l’on se fie aux nombreuses personnalités rêvant de briguer la fonction élyséenne, la famille socialiste constitue incontestablement un vivier riche de talents. La candidature de Lionel Jospin doit-elle y être considérée comme une simple candidature de plus ou porte-elle l’espoir du véritable rassemblement des socialistes ? Ses propos de ces derniers jours montrent qu’il souhaite recentrer la campagne présidentielle sur le fond, en insistant sur les problèmes causés par la crise sociale, économique et démocratique que subit notre pays. Il pose la nécessité de clarifier les propositions auxquelles le candidat du PS devra s’identifier, tout en louant le contenu du projet socialiste qui, plus qu’un socle, constitue pour lui la boussole qui guidera la Gauche vers les victoires de 2007. Sur les priorités esquissées dans Le Monde que sont l’Emploi, le pacte républicain, le rôle de la France en Europe et dans le monde, ainsi que le progrès scientifique et technique, Lionel Jospin trace des perspectives. Il nous montre le chemin vers « une France républicaine et non communautaire, indépendante et non-atlantiste, keynésienne et pensant à partager les fruits du travail économique », vers une France d’avenir et de progrès, telle qu’il l’a envisagée au journal télévisé de TF1.

    Certaines voix plutôt partisanes voudraient cantonner Lionel Jospin à un rôle d’autorité morale, l’emprisonner dans le serment (indépassable ?) de son retrait de la vie politique, le contenir dans une image d’homme du passé. Pour ce qui est du passé, il possède aujourd’hui l’atout des leçons qu’il a tirées des deux dernières campagnes présidentielles et il a la légitimité du travail accompli par le gouvernement qu’on qualifiait alors de « plus à Gauche d’Europe ». Mais Lionel Jospin est surtout le seul responsable politique à faire abstraction des questions de personne pour privilégier les idées et se focaliser sur les enjeux fondamentaux, à l’heure où les autres aspirants se complaisent dans une pré-campagne aux allures « people » et aux faux-débats populistes.

    Si la Gauche espère incarner l’alternative, il lui faudra donner du sens à son programme, dépasser le carcan des polémiques convenues, rénover ses pratiques et se rassembler. Remplir ces préalables ne sera pas chose aisée et peu de gens ont la légitimité, l’expérience et la capacité, en un mot la stature, pour y parvenir. A trois mois de la primaire socialiste et à dix mois du scrutin présidentiel, il est temps d’apporter une réponse définitive à une « question ouverte » dans l’intérêt du pays et nos concitoyens, Lionel Jospin doit être candidat.

  2. @au Socialiste engagé

    La question du soutien de la direction au projet de traité constitutionnel européen est toujours d’actualité parmi les militants et chez nos « partenaires ». L’engagement de Jospin en faveur de ce traité qui a été rejeté par une grande majorité de français, de la gauche et de socialistes pose la question de la légitimité de sa candidature face au suffrage universel. Je vous l’accorde… Cette question s’applique dans les mêmes termes à Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn. Jack Lang ne pourra pas obtenir les 30 signatures nécessaires pour se présenter. Ségolène Royal a été toutefois assez habile pour ne pas s’engager au point où l’a fort malheureusement fait Lionel Jospin, dont je pensais qu’il était plutôt une euro-sceptique.

    La démarche de Ségolène Royal me semble plus proche de l’esprit de la Vième. Elle est habile et elle sent beaucoup mieux que quiconque l’opinion. Sa production intellectuelle qu’elle emprunte aux internautes et à la République des idées me semble lui donner une plus grande crédibilité que Jospin, même si je suis loin de la rejoindre sur l’ensemble des sujets qu’elle aborde. La vision de Jospin me semble passéiste, éculée, sans âme comme je l’ai dit précédemment. Il incarne le passé des socialistes. Et pas toujours le meilleur ! Même si, à titre personnel, on ne peut rien lui reprocher.

    En tout cas, une chose est sûre : je lui réfute la stature du commandeur. C’est lui qui a planté la gauche en 2002. Face à Sarkozy, qui n’est pas Chirac, il sera relégué aux seconds rôles. Il n’a aucune chance. Ségolène Royal a des positions plus tranchées, plus affirmées. Elle est susceptible de rallier une grande partie du peuple de gauche et aussi de l’électorat centriste pour le deuxième tour. Membre de RM, je soutiens à fond et, sans aucun état d’âme, sa candidature. Elle incarne nos valeurs et la rénovation de la vie politique. Pour autant, je crois que Jospin joue un rôle. Il est en contradiction totale avec le personnage que j’ai personnellement apprécié en tant que premier ministre et en tant que candidat déchu par le peuple de gauche. Il a eu un courage énorme que peu d’hommes politiques ont la capacité d’avoir. Alors, pour lui, restons-en là. Ne nous trompons pas d’époque et d’élections. Nous devons gagner. Jospin, pour la gauche, c’est la machine à perdre à coup sûr !!! Pour autant, cela ne signifie pas que nous gagnerons en 2007.

  3. je comprends mal ceux qui veulent donner un prolongement irréversible ,au sens du discours de Jospin, alors que des termes pour cet état qu’il n’a pas employé existent dans la langue française:
    _Définitivement
    _A jamais
    _pour toujours
    -jusqu’a la mort
    -tirer le rideau
    -mettre le sceau à…
    -terminus

    Je pose la question a tous les démocrates:

    De quel droit veut on supprimer la solution Jospin que de très nombreux français veulent?
    C’est ça le combat loyal, démocratique à gauche, au PS?
    La vrai démocratie c’est de reconnaître la valeur d’un homme d’état. Qui n’est point rancunier,après avoir été trahi en parti par les siens. Ce que l’on désigne pudiquement par « dispersion des voix », rendue possible par les kamikazes démocrates,qui renouvelle leur expérience encore aujourd’hui pour des intérêt personnels. Ils sont condamnables car il n’ont l’excuse de ne pas savoir aujourd’hui
    Allons nous au 21 eme siècle,accepter les candidatures ,de trublions sans avenir,que les medias nous proposent pour égayer nos soirées, et museler un homme d’état de l’envergure de Jospin capable d’affronter Sarkozy ou quiconque à droite .
    Personnellement je ne me résoudrais jamais a voter pour des femmes ou des homme prétendus capables à ce niveau national sans aucune démonstration d’évidence passée de la capacité. Avec Jospin je sais ou je vais et la France aussi. Avec Jospin la route pour les cinq ans avenir est sûre.

    Manuel Navarro

  4. @Manuel Navaro

    En filigrane, êtes-vous en train de dire que Ségolène Royal n’a pas l’expérience, les compétences et la capacité pour exercer la fonction supprême ? Sur quelles bases ? Et sur quelle base objective autre que celle que Jospin a été Premier Ministre pouvez-vous prétendre qu’il est meilleur que les autres ? Mitterand n’a jamais été Premier Ministre. Et alors ? Je crois que vous êtes dans l’affectif le plus complet. Or ce n’est pas de cela dont nous avons besoin.

    J’appartiens, pour ma part à RM, et le choix de Montebourg en faveur de la candidature de Ségolène Royal est un choix de raison. Ce ralleiment, comme tant d’autres, montre à quel point Ségolène Royal a la capacité de rassembler les socialistes. Je ne crois pas, compte tenu du choix que j’approuve qu’a fait Jospin en 2002 qu’il est la même capacité ! Jospin aura toute sa place en 2007 si nous l’emportons.

  5. @ Denis.
    Merci pour votre commentaire.

    Je serais malhonnête et mal placé de dire que S Royal n’a pas d’expérience ou de compétence. Mais je le serais aussi de dire qu’elles sont au même niveau que celles deL Jospin. La vie est un exercice. L’exercice est l’expérience.
    Pour mon argumentaire,afin de m’écarter de l’affectif (Il faut s’en écarte) je suis entrain de constituer une check liste sur 25 paramètres (j’accepterai tout autre suggestion)
    sur les critères d’expérience,de comportement,de logique politique,d’éthique,d’innovation, d’éthique ,de médiamétrie ,etc…)
    Vous et moi et d’autres aurons l’occasion de les remplir et ce qui concerne S royal et L Jospin.
    Et nous verrons …Il ne faut pas craindre d’accepter les faits.

    Cordialement
    Manuel Navarro

  6. @ cedric
    voila un commentaire fait par un specialiste de la politique.Il n’est pas dze gauche.

    Le gouvernement de Lionel Jospin
    vu par les Français

    Le 7 novembre 2001 – À six mois de l’élection présidentielle et après une durée gouvernementale plus longue qu’aucune autre depuis vingt ans, l’image du bilan de l’action de Lionel Jospin reste globalement positive.
    Ainsi, l’action de Lionel Jospin comme Premier ministre est-elle jugée avec faveur : 60 % des Français contre 32 %, soit deux sur trois, en chiffres ronds, des personnes ayant une opinion, évaluent positivement ce bilan – les jeunes, les salariés du secteur public, les chômeurs, les cadres, les ouvriers, et, bien sûr, les électeurs de gauche sont les plus favorables. À droite, les électeurs de l’UDF accordent eux aussi une majorité relative d’avis favorables. L’action du gouvernement est elle aussi approuvée, dans une moindre proportion cependant (55 % contre 38 %), en repli de six point par rapport à l’an passé. Les commerçants, les artisans, les industriels et les électeurs de droite se montrent les plus critiques. La chute de la croissance et de la montée de l’insécurité y sont évidemment pour beaucoup. Après bientôt cinq ans au pouvoir, le niveau de résistance du gouvernement reste néanmoins élevé.
    L’évolution de l’évaluation qu’en font les Français, secteur d’action par secteur d’action, apparaît cependant comme la plus révélatrice. D’une année sur l’autre, deux jugements s’améliorent nettement : la politique sociale et l’Éducation nationale. La multiplication des primes (primes de rentrée scolaire, primes pour l’emploi, allocation autonomie pour les personnes âgées dès janvier prochain) ainsi que les mesures d’intégration sociale sont accueillies positivement, en particulier chez les jeunes. Le savoir faire de Jack Lang porte par ailleurs ses fruits. Deux autres secteurs ont une image globalement stable : l’emploi et l’environnement
    En revanche, un autre point assez positif, difficile pourtant à atteindre, concerne la perception du bénéfice de l’action de Lionel Jospin : 44 % des personnes interrogées, pourcentage rare sur ce sujet, juge qu’elle profite à l’ensemble des Français, en particulier chez les jeunes, les cadres et les salariés modestes ainsi que chez les chômeurs. Les Français ayant traditionnellement le sentiment que l’on en fait plus pour les autres catégories sociales que pour la leur, ce chiffre est méritoire.
    Après quatre ans et demi, même si dans l’ensemble la perception du bilan reste favorable, la fatigue gagne. Avec l’instauration du quinquennat, on peut d’ailleurs penser qu’aucun gouvernement ne durera désormais aussi longtemps que celui de Lionel Jospin.