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Les primaires à gauche : on s’en fout !

Par      • 25 Août, 2009 • Catégorie(s): Militer  Militer    

Si le fait de gagner une primaire constitue en soi la marque de fabrique d’un bon « candidat » représentatif de la gauche, alors vous pouvez toujours croire au Père Noël. Je tiens à préciser que je n’ai rien contre le Père Noël, même s’il s’agit d’un personnage qui charrie, avec lui, l’imaginaire consumériste de la société.

Des partis décapités et cul-de-jatte

Toute ressemblance avec une personne existante serait fortuite.

Toute ressemblance avec une personne existante serait fortuite.

N’y a-t-il rien à faire d’autre que de se distraire, par mimétisme, dans ce grand barnum qu’est devenue la politique française ? L’homme ou la femme politique serait une marque déposée (ou à déposer ?). Nous avons d’ailleurs pu apprécier toute la perspicacité de ce raisonnement lors de la dernière présidentielle. Les élites des partis de gauche sont en panne. Or, dans la vision léniniste d’un parti politique, il y aurait la tête et les jambes. Il est donc tout à fait évident que, quand la tête ne pense plus et que les jambes ne courent plus, le système est tout simplement en état de mort cérébrale. C’est hélas ce qui arrive à l’ensemble des partis de gauche de ce pays.

Au boulot, boudiou de boudiou !

Et pourtant, sur les questions essentielles de la reconversion écologique de l’économie, de la relocalisation de l’activité et de la réduction de l’empreinte écologique, de la reconstruction du lien social, les recettes des partis de la vieille gauche sont exsangues et sèches de leurs fruits confits qui leur remplissent l’estomac. La disette approche et personne ne l’entend encore.

Le fait de fixer le débat sur la question des primaires à gauche est avant tout l’expression crasse du vide de l’expression politique dans notre pays. Logique de contrôle, guerre des places, féodalités territoriales, vassalités humiliantes sont le lot commun des méthodes de cette ancienne et insupportable gauche politique que j’avoue avoir quitté… soulagé. Plutôt que de se poser la question des pourcentages de voix obtenus aux élections, la gauche politique ferait bien de trouver des réponses à la panne militante ! De là où ils sont, dans les habits de leurs fonctions, les barons locaux de la gauche politique qui dispensent leur pouvoir à coup de subventions sont devenus complètement hors sol. La question des primaires leur fait prendre encore plus de « hauteur » au point où ils ont perdu toute notion de la réalité politique de la gauche française.

L’exemple italien (addendum du 26 août 2009)

Le pire de l’affaire, c’est que les partisans des primaires à gauche semblent oublier les enseignements de ce qu’il s’est passé en Italie. Le fait de réunir dans un lieu de vote l’ensemble du peuple de gauche (moins le Modem, les Verts, le NPA et d’autres partis qui n’accepteront pas de se prêter à cette mascarade politique) ne suffit pas à créer une dynamique politique. La dynamique se crée autour de valeurs, des idées et d’un projet. Or, si cette logique peut se comprendre culturellement à droite, c’est un contre-sens absolu pour la gauche qui, symboliquement, valide le principe de recours au chef et qui ouvre un boulevard à la droite dans les imaginaires collectifs. L’aventure des primaires italiennes initiée en 2005 s’est hélas conclue par la victoire de Sylvio Berlusconi en 2008. Retour à la case départ. Les primaires ne peuvent être la solution au vide de la pensée politique.

Crédit photo : Cinefil, Plurielles.fr, Linternaute Jardin

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3 Réponses »

  1. qu’est-ce que vous êtes sectaire mon ami…

  2. @des pas perdus

    Je ne vois pas bien en quoi l’expression d’un citoyen sur cette question est une marque de sectarisme. Après 3 ans de Ps dont 2 en tant que secrétaire de section, je me permettais de vous éclairer sur ce qui me semblait être les vraies raisons de l’échouage du Ps. Après, vous en faîtes ce que vous voulez.

    Comme vous avez pu le remarquer et comme vous semblez ne pas l’avoir compris, je ne me fous pas complètement encore de l’avenir de la gauche et du PS. Sinon, je ne me donnerais même pas la peine d’écrire.

    Quant à m’affubler du terme sectaire, prenez au moins le temps de comprendre la pensée des autres et de la lire. Utiliser des cases pour essayer de comprendre l’altérité ne mène à rien !