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Europe Ecologie : retour sur le 8 mai 2010

Par      • 12 Mai, 2010 • Catégorie(s): Militer  Militer    

Le moins que l’on puisse dire est que les conventions régionales Europe Ecologie du week-end dernier n’auront pas mobilisé les foules : 550 militants à Arcueil, 250 à Angers et 50 à Rouen. 600 personnes avaient signé l’appel des verts rouennais en Haute-Normandie.

Le drôle de bilan de Claude Taleb

A la lecture de la motion que le vice-président de la région Haute-Normandie a publié sur son blog, je voudrais rétablir quelques éléments de vérité. La première est que les Verts haut-normands – « rouennais » serait plus juste –  auront évité de justesse la voiture balais des scores des listes vertes au niveau national en arrivant avant dernier ex-aequo après Champagne-Ardennes ! L’ex-tête de liste des verts rouennais n’aura jamais su rassembler. Le souhaitait-il d’ailleurs alors que Bernard Frau du Mei avait signé l’appel des verts rouennais en septembre 2009 ? Je cite Claude Taleb : « Nous pouvons nous réjouir de l’échec de l’xième entreprise Frau, MEI, allié avec les régionalistes normands« . Claude Taleb n’est-il pas le mieux placé pour parler d’échec ?

Et puis, dans sa contribution, il y a cette phrase énigmatique : « il était touchant de voir les ségolénistes métamorphosés en zélateurs, très agressifs à notre encontre, des fabiusiens« . Je tiens à préciser que la Présidente de la région de Charentes-Poitou fait l’objet depuis le mois de septembre 2009 d’attaques permanentes de la part de Dany Cohn-Bendit, de Cécile Duflot et de quelques autres qui, de mon point de vue, ne relèvent pas du hasard pur. Les diables de Claude, de Dany et de Cécile ne sont pas les miens. Ils ne s’appellent ni Bernard, ni Ségolène.

A Arcueil !

A la lecture des vidéos publiées sur Internet et après échange avec quelques personnes qui étaient présentes à Arcueil, les militants auront eu la « chance » d’entendre Eva, Dany et Cécile parler de tout sauf d’Europe Ecologie ! Dany a même fait une tirade sur l’église orthodoxe. C’est ça la magie d’Europe Ecologie : parler, toujours parler !

Certains – la parole reste avant tout l’affaire de quelques uns – ont tenu à évoquer les questions d’organisation. Alix Béranger, la nouvelle secrétaire générale d’Europe Ecologie, indique que 4000 personnes ont, pour l’instant, souhaité adhérer à Europe Ecologie. Les Verts représentent 8500 adhérents en France ! 18360 personnes ont signé l’appel des européennes. Comme le disait Marc Vasseur, Europe Ecologie passera-t-il l’été ?

Et pendant ce temps

Alain Lipietz (Les Verts) a signé l’appel Gauche 2012 pour un nouveau Front Populaire. Enfin un peu d’air frais ! Et DSK serait en passe d’être le candidat du Parti Socialiste et… du nouveau Front Populaire ? Tout va bien. Tout va bien. Les Européennes ne sont qu’un lointain souvenir.

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13 Réponses »

  1. Tu ne mentionnes pas le plus intéressant là-dedans c’est le lapsus de Cécile , rapporté par Dany, qui a dit la veille au cours d’une interview : « en amants, Dany et moi » au lieu de « en amont »
    What’s on a woman’s mind? demanderait Freud
    Heureusement, qu’il y a les lapsus toujours révélateurs, qui disent la vérité d’un discours.
    Traduction : tout ce bazar d’EE/Les Verts parce que Cécile a envie de se taper Dany!

  2. Il est urgent de savoir s’il est possible ou non de faire un mouvement politique qui groupe à la fois des gens proches du centre droit et d’autres proches de l’extrême gauche. Une sensibilité très forte à l’écologie et un attachement profond à la démocratie (ce que certains appellent l’anti-sarkozysme) suffisent-ils à faire un ciment suffisant ? J’ai tout de même quelques doutes.

    Si la réponse est oui, alors il est urgent de dire comment cela est possible.

    Si la réponse est non, alors il est urgent de dénoncer cette chimère, surtout si son seul résultat patent est de mettre sous le feu des médias quelques people. Plus tard cette illusion éclatera (si cette illusion en est bien une) et plus elle favorisera

  3. …et plus elle favorisera la réélection de Nicolas Sarkozy, évènement au demeurant peu probable mais contre lequel je souhaite lutter avec une priorité supérieure à la poursuite des chimères (dans le respect de la légalité et de la démocratie, bien sûr).

    Dans ce contexte, entre autres choses, j’attends de voir comment CAP21 et le MEI (au niveau national) se positionnent par rapport à l’évolution d’EE….

    Il est possible que le manque de transparence que nous avons tant déploré soit dû en partie au fait que ce brouillard permet d’éviter la question ci-dessus pourtant essentielle… un peu comme quand Cécile Duflot ne répond pas à la question de Thomas Legrand sur les retraites après avoir parlé longuement et dans le détail du processus d’évolution d’EE…

  4. @Jean-Philippe Vidal

    Le biais ne serait-il pas de continuer à parler de centre droit et d’extrême-gauche par hasard ? Autrement dit, nous ne parvenons pas à nous défaire de l’étreinte d’une vie politique bi-polaire. C’est là la grande malédiction de l’écologie politique. et pourtant, René Dumont nous l’avait dit : « l’écologie politique n’est ni de droite, ni de gauche ». Touchant de voir tous ces verts historiques vanter, encore aujourd’hui , les mérites de René Dumont ! Il faut bien se faire réélire.

  5. @Denis
    “l’écologie politique n’est ni de droite, ni de gauche”.
    Ca semble clair : ni la gauche, ni la droite de veulent de l’écologie.
    En réalité, c’est trop éloigné des valeurs, attentions, et préoccupations des électeurs. N.S. a cru pouvoir racoler en marge, sur les valeurs écolos, et puis, comme cela ne marche pas, on abandonne. Les socialistes ne font pas mieux : opposants puisque dans l’opposition, il s’opposent. Mais le bénéfice vert est incommensurablement moins profitable que ce qui touche chacun : sa bourse.
    Pour beaucoup c’est une nécessité. Pour d’autres, bah touche pas à mon compte en banque.
    L’écologie, c’est pour plus tard, le climat est tout pourri pour le week-end, en plein mois de mai, c’est une vraie cata, putain de refroidissement climatique.
    Pour les générations futures, bon, il va leur falloir être sacrément bons. Eh les jeunes va falloir assumer ! On hérite, c’est cool mas ça se mérite.
    La politique passe à côté de tous les vrais grands sujets, pour causes électorales. 5 ans, t’as pas le temps de fâcher, d’expliquer, et forcément de te contredire. Pis faut bien manger, hein ?
    La politique est devenue comme le buzz télé (le vrai buzz web va tellement plus vite), et ça va s’accélérer, et ne rien changer. A part le monde. Lui il change, et bon tu connais aussi le résultat !

    Denis tape pas sur les verts, y a une vraie continuité, un vrai combat. Et dans tous les combats écologiques menés, tous les combattants sont indispensables.
    Mais ! A droite, on te ressort évidemment des candidats qui sont pour transformer le monde, mais prennent la niche électorale et en font du spectacle.
    Tu n’es ni naïf, ni stupide. Le spectacle existe aussi chez EE ou les verts, et également Greenpeace, et toutes les ONG. Mais c’est de la propagande, pour mettre en lumière la situation actuelle et chercher des solutions, et pas noyer un poisson qui n’a pas besoin de ça : http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/288698/biodiversite-cible-ratee

    Je me la mets sous l’bras, mais d’autres arborent leurs réussites factices, et les moulins qu’ils font avec leur bras ne fournissent toujours pas l’énergie à ce que je sache.

  6. @nono

    Lorsque j’étais à la Vilette le 15 mars 2009, ce sont des trémolos dans la voix que nous avons entendu les « verts historiques » évoquer René Dumont. Tu parles !

    1 an plus tard, toutes ces paroles de circonstances n’étaient plus qu’un lointain souvenir. Il s’agissait alors d’attraper le chaland. Je te concède ma colère – et non mon ressentiment – à entendre ces politicards nous prendre pour des gogos. Les Verts, depuis 1994, sont des alliés bien complaisants du Parti Socialiste. Dois-je évoquer le bilan de la période 1997-2002 ? Lorsqu’en 2005, je m’étais posé la question de savoir où j’allais aller, je m’étais dit : puisque les écolos sont devenus de gauche avant d’être écolos, alors autant aller au Ps pour faire de l’écologie !!! Moralité : je n’ai pas vraiment fait d’écologie. Je n’ai fait que de la politicaillerie. Le raisonnement vaut encore pour aujourd’hui au moment où on nous la joue : « plus à gauche que moi, je meurs ». Mais quelle connerie !

    Les Européennes nous avaient montré la Voie… la seule qui nous reste ! Mais lorsque le vert Lipietz signe l’appel Gauche 2012 et que Eva et Pierre lancent leurs états généraux de l’emploi et de l’écologie en pleine surenchère à gauche, a-t-on compris quelque chose à ce qui s’est passé le 7 juin 2009 ?

    Ceci étant, je comprends et je respecte ton point de vue « pragmatique ». C’est notamment celui de Dany. Avancer coûte que coûte… avancer ! Mais tu me permettras de ne pas être d’accord. Je crois que l’urgence démocratique est telle que ce « vieux personnel » et ces vieilles pratiques auxquels nous sommes confrontés au sein d’Europe Écologie nous emmènent dans une impasse. Et la question de Marc garde aujourd’hui tout son sens.

    J’ai quand même la furieuse sensation d’un énorme brassage d’air à l’occasion de ces conventions régionales du 8 mai. Alors, lorsque tu évoques les moulins à vent, je crois que tu ne peux pas mieux dire.

  7. @Denis:
    J’étais tout prêt à dépasser les catégories « droite » et « gauche » pour m’investir dans un mouvement dont les deux phares auraient été la démocratie et l’écologie.

    Le document programme pour les Européennes d’Europe Ecologie allait dans le bon sens. A titre d’exemple emblématique, j’ai même trouvé que le montant qui y était donné comme revenu maximal (seuil au delà duquel on applique un taux d’imposition « confiscatoire ») était un peu élevé… Il laissait entendre un modèle de société où l’on borne l’échelle des revenus mais où on la laisse encore très distendue.

    J’ai travaillé dans le même esprit pour le programme Europe Ecologie dans le Nord Pas de Calais. Je crois être honnête (sinon, des commentateurs m’apporteront contradiction) en disant que j’y ai représenté la tendance la plus à droite (centre droit), essayant d’y gommer les aspects que je trouvais trop égalitaristes et militant aussi pour qu’il ne soit pas trop répulsif vis à vis de ces forces vives que sont les entrepreneurs. [de ce point de vue, l’appel Gauche 2012 est révélateur: on veut rassembler tout le monde… mais on oublie les entrepreneurs]

    Mais j’ai dû constamment lutter contre des gens, au demeurant très sympathiques pour la plupart d’entre eux, dont les idées ne sont pas d’une gauche modérée… mais à l’extrême gauche. Politiquement l’écart est trop grand avec moi (soutien à la grève longue dans la fonction publique, voire du blocage des lycées; peu de considération pour le monde de l’entreprise et de l’entrepreneur ;peu de considération pour l’armée et les forces de l’ordre; etc…) . Je pense qu’une forte présence d’extrême gauche chez les Verts rend très difficile le rêve d’un grand parti écologiste qui devrait se positionner plutôt au centre, dans une certaine modération, sur tous les aspects listés ci-dessus.

    Tiens… prenons le cas de Noël Mamère. J’ai le plus grand respect pour l’Assemblée Nationale qui pour moi doit à tout prix être respectée dans son intégrité physique, y compris en ces temps où elle est majoritairement habitée par des godillots qui ont obéi jusqu’ici au doigt et à l’œil à Nicolas Sarkozy, ce que je déplore au plus haut point. Jamais je ne pourrai être vraiment « tranquille » en étant dans la même organisation politique que quelqu’un qui se réjouit de l’invasion de ce bâtiment par une ONG, même si le combat de celle-ci est éminemment juste. Dans ma tête, je fais immédiatement le parallèle avec l’invasion de l’assemblée Espagnole par les militaires putschistes en 1981 et c’est insupportable. Ceci n’est qu’une illustration du fossé politique qui peut me séparer de certains Verts.

    Dernier point: si, par heureux hasard, Europe Ecologie réussissait à devenir un grand parti central, elle devrait répondre à la question qui fuse dès qu’une telle hypothèse se profile: comment ne pas reproduire la situation de la IVème République, qui sert d’épouvantail dans les mémoires des anciens et des historiens ? Depuis 2007, l’expérience du MoDem n’a pas vraiment aidé à surmonter cette peur, notamment à cause de la confusion qui a régné lors des élections municipales. Peut-être que Cameron et Clegg nous apporteront un exemple à suivre en Grande Bretagne mais nous ne pouvons attendre les 5 ans qui permettront de voir si leur alliance tient dans le temps ou, si au contraire, les forces du centre oscillent entre les deux côtés et finissent par déstabiliser l’ensemble du pays.

    Bref, plusieurs difficultés de taille sur le chemin. Nous verrons quelle est la volonté à les surmonter ou, ce que je crois plus probable, quelle est la volonté à les occulter.

  8. @Jean-Philippe Vidal

    Je crois qu’il n’y a aucune volonté d’aller « ailleurs » de la part de Mammère, Lipietz, Voynet et d’autres. Ils sont là et ils savent qu’ils pèsent par ce simple fait. L’oligarchie qui conduit aux destinées d’Europe Ecologie n’est pas prête, je crois, à se remettre en cause dans la perspective de 2012, face à un Ps qui est prêt à concéder 30 à 40 places aux législatives. C’est hélas la triste réalité d’un mouvement dont l’axe principal est d’être au « pouvoir » quelles qu’en soient les conditions. Être vu pour exister et pour être « légitime » ! Et puis, parler, toujours parler… très souvent pour ne rien dire et ne rien faire.

  9. Qui a connu et lu René Dumont sait que ouevre considérable ne peut être résumée à la formule vous lui prêtez pour les besoins de votre cause (« l’écologie n’est ni de droite ni de gauche »).
    Citons seulement deux ouvrages : « Seule une écologie socialiste » ed R.Laffont 1976 et « un monde intolérable, le libéralisme en question » au Seuil en 88 et 91 .
    Ces livres avec tous ceux concernant l’Afrique, ont inspiré des générations entières de militants écologistes sans laisser le moindre doute sur la compatibilité de ces diagnostics et de ces combats avec la droite !

  10. @Nico

    Je n’ai aucune cause à défendre ! Ni la mienne, ni encore moins la vôtre. Et cette phrase a bien été prononcée par René Dumont.

    Si notre imaginaire est encore emprunt de celui de la gauche du XIXe et XXe (comment René Dumont, Gorz et les autres pouvaient échapper à cette empreinte), je crois que l’écologie politique est un projet « autonome » et que la pensée de René Dumont était atypique et singulière. Alors, si vous voulez être de gauche ou socialiste avant d’être écolo, cher Nico, alors il y a fort à parier que, comme je l’ai écrit, le score EE du 7 juin ne soit qu’une simple verrue électorale !!!

    Je peux me tromper. J’espère me tromper !

    NB Je n’ai jamais entendu parler de cet ouvrage que je découvre. Vous l’avez lu ?

  11. @Jean-Philippe : les questions que tu soulèves sont réelles et difficiles. Pour ma part, je ne pense pas qu’un grand mouvement d’écologie politique en France puisse aller jusqu’à inclure largement des sensibilités de centre-droit. Un tel mouvement peut inclure des environnementalistes « non alignés », des militants se revendiquant de l’autonomie de l’écologie politique (comme se positionne Denis par exemple), des entrepreneurs exigeants, des démocrates … mais pas le « centre-droit » en tant que tel. Tout simplement de par la polarisation du jeu politique français autour de la présidentielle, qui conduit à un découpage binaire très puissant.

    Serait-on dans un système politique différent, à l’allemande ou à la belge (fédéral, proportionnel, avec une pratique de « grandes coalitions ») les choses seraient différentes. Mais c’est dans ce système qu’on fait de la politique.

    (Et ca fait un complément aux remarques de Denis. Le débat « Autonomie de l’écologie politique » vs « Alliances à gauche » est quand même le débat le plus récurrent que je connaisse depuis que j’ai ma carte chez les Verts)

  12. @Julien

    Je ne suis pas en désaccord avec ce que tu dis et je le redis : la Ve est la malédiction de l’écologie politique qui mérite mieux que cette prison institutionnelle. Tant qu’on raisonnera centre droit et extrême-gauche, nous ne serons toujours pas parvenus (je m’y inclus forcément) à balayer les scories qui embrument nos imaginaires. Nous restons dans l’incapacité d’auto-instituer la société.