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Chantal Sébire : l’indéscence médiatique !

Par      • 21 Mar, 2008 • Catégorie(s): Médias  Médias   Santé  Santé    

De milliers de familles en France sont confrontées au quotidien à la souffrance de proches en fin de vie ! Les médias nous sortent de leur chapeau un cas parmi d’autres. En quoi est-il différent des autres ? Il est différent parce qu’on en parle, parce qu’il est « spectaculaire ». Qu’y aurait-il de spectaculaire à voir la souffrance physique et morale d’une personne âgée, alitée, atteinte de fractures multiples liées à un myélome ?

Au lieu de provoquer de la raison, le cas médiatisé de Chantal Sébire engendre un affectif de mauvais aloi dont l’objet est de nous submerger d’émotion. Il empêche l’opinion de réfléchir là où nos représentants ont déjà posé un cadre adapté qui devra certes être évalué et évolué. Le silence de la classe politique sur cette affaire est rassurant. Dans ce concert de silence, le coup de klaxon de Nadine Morano sur cette question, nouvellement nommé secrétaire d’état à la famille, est purement et simplement révoltant, démagogue et indigne. En un mot… puant.

La loi sur l’euthanasie telle qu’elle a été votée dans d’autres pays – je pense à la Hollande – amènent des mélancoliques à donner fin à leur vie par simple confort. Je sais qu’il est toujours difficile d’évaluer les souffrances des autres. Pour ma part, je suis farouchement opposé à ce que la loi accepte de telles dérives, dérives qui permettraient aussi à certaines familles de résoudre leurs dettes en euthanasiant leurs propres parents. Et puis, que dire des cas de rémission ? Je pense à ma propre grand-mère qui était donnée morte il y a deux ans.

Aussi grande soit-elle, la technicité de la médecine, la médicalisation de la fin de vie ne peuvent pas tout résoudre et notamment prendre en charge la solitude morale d’un malade. Ce dont ont besoin les malades, c’est avant tout de la présence des autres, de leur famille (enfants et petits enfants) et de leurs amis ! Le paradoxe est que nous vivons jusqu’à la mort !

NB Alain-Gérard Slama, chroniqueur du Figaro Magazine, a abordé cette question de belle façon dans « L’angélisme exterminateur« .

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3 Réponses »

  1. Tes mots sont très justes et je partage totalement ton point de vue.

    Morano est à l’image de Naboléon, elle aime jouer sur l’affectif à outrance. C’est vrai que c’est indécent.

    Les dérives liées à une loi légalisant l’euthanasie sont bien telles que tu les mentionnes, l’exemple des pays l’ayant autorisée le démontre bien.

    Il n’y a pas de solution idéale, il n’y a que des cas particuliers. Ce qui semblerait le mieux adapté serait sans doute une dépénalisation au cas pas cas.

    Mais il faut arrêter avec le sentimentalisme dégoulinant et oser en parler franchement, en 2008, en France, « débrancher » un malade et le laisser mourir de faim et de soif ça n’est pas acceptable !

  2. La loi Léonetti autorise les médecins à utiliser sédatifs et antalgiques afin d’accompagner activement les malades vers leur fin de vie.

  3. le sujet est très sensible, je ne suis pas determinée, mais effectivement il y a de l’indécence, surtout a montrer cette femme dans sa defiguration ainsi, comme elephantman…et en faire un objet mediatique de plus
    Quant à madame Moreno, que dire, en plus d’être battue sur son terrain et cependant invitée au gouvernement, voici un bel exemple de son tact ….(vulgaire??)
    http://www.dailymotion.com/video/x4r3i7_secrets-de-reussite-de-lump-par-nad_politics