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Karachigate : la pourriture installée au coeur de la République !

Par      • 24 Sep, 2011 • Catégorie(s): Justice  Justice    

Pour ceux qui en douteraient encore, la pourriture s’est installée au cœur et à la tête de la République française. Malgré la relaxe demandée par le parquet dans l’affaire des emplois fictifs impliquant Jacques Chirac, rappelons à ceux qui l’auraient oublié que l’ancien Président de la République et l’UMP ont versé respectivement 500 000 et 1.7 millions d’euros à la Mairie de Paris.

Le 19 janvier 2010, la police luxembourgeoise publiait un rapport mettant en cause directement Nicolas Sarkozy, directeur de campagne d’Edouard Balladur en 1995, ministre du budget et porte-parole du gouvernement. C’est lui qui avait directement supervisé la constitution de la société offshore Heine, basée au Luxembourg et par laquelle transitaient les commissions, légales jusqu’en 2000, sur des contrats d’armement, notamment de la DCN. La décision de verser des commissions relevait, à l’époque, directement de l’autorité du ministre du budget.

L’étau se resserre autour de Nicolas Sarkozy !

Cet été, Mediapart a livré toute une série de documents montrant les liens étroits entretenus entre le 1er cercle du clan Sarkozy et le marchand d’armes franco-libanais, Ziad Takieddine. L’homme d’affaires est au cœur aujourd’hui de la mise en place d’un système de rétro-commissions qui ont valu le décès de 11 de nos compatriotes au Pakistan. En 2003, Ziad Takieddine a perçu 350 millions de commissions occultes dans le cadre d’un marché d’armement avec l’Arabie Saoudite. En 2007, l’intermédiaire franco-libyen a bénéficié de la caution de Nicolas Sarkozy et de Claude Guéant dans le cadre de contrats d’armements avec le colonel Kadhafi. Cela donne un éclairage très particulier au choix de la France d’intervenir en Libye pour en finir avec le régime de Tripoli.

Jean-François Copé, Brice Hortefeux, Pierre Charon, Thierry Gaubert, Etienne Mougeotte, Charles Villeneuve, Thierry Dassault ont pu bénéficier de toute l’hospitalité et, pour certains manifestement, des grandes largesses de Ziad Takieddine. La générosité du marchand d’armes franco-libanais tient, en grande partie, au fait qu’il ne paie pas d’impôts depuis 2002, alors que sa fortune personnelle est estimée à 97.2 millions d’euros. Une bizarrerie que les ministres du budget successifs auront peut-être un jour à nous expliquer ?

L’arroseur arrosé ?

Par représailles, le clan Sarkozy s’est cru inspiré à lancer récemment un contre-feu par l’intermédiaire de Robert Bourgi. L’avocat, qui fut décoré de la légion d’honneur par Nicolas Sarkozy en 2007, accuse Jacques Chirac et Dominique de Villepin d’avoir reçu, par son intermédiaire, des valises de billets des chefs d’Etat des pays africains de 1995 à 2005 ! Dans son dernier ouvrage « La République des mallettes« , Pierre Péan confirme  les propos de Robert Bourgi. En décembre 1997, Denis Sassou Nguesso, qui vient de ravir le pouvoir à Pascal Lissouba au Congo, lui aurait montré un cahier sur lequel étaient inscrites des sommes d’argent versées à Dominique de Villepin. Très curieusement, tout se serait arrêté avec l’accession de Nicolas Sarkozy à la magistrature suprême, alors qu’il était entouré pourtant des mêmes hommes.

Mises en examen de Ziad Takieddine, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire

Hélène de Yougoslavie, accessoirement épouse de Thierry Gaubert, a été entendue, cette semaine, face au juge Van Ruymbeke. Elle a confirmé que son époux, accompagné de Ziad Takieddine, s’était bien rendu en Suisse pour y rapporter des valises de billets entre 1994 et 1995. Après Ziad Takieddine , Thierry Gaubert, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, vient d’être, à son tour, mis en examen. Jeudi, Nicolas Bazire, un proche de Nicolas Sarkozy qui fut témoin à son mariage avec Carla Bruni, vient, lui aussi, d’être mis en examen !

Violation du secret de l’instruction

Mis sur écoute, Thierry Gaubert aurait été averti, avant son audition, par Brice Hortefeux, actuel conseiller de Nicolas Sarkozy. Il lui aurait transmis de nombreuses informations sur l’enquête en cours et notamment sur le fait que son épouse aurait été entendue par le juge Van Ruymbeke le 14 septembre. Or, personne ne savait que l’épouse de Thierry Gaubert allait être entendue, ce jour -là, dans le cadre de l’affaire des rétro-commissions liées à l’attentat de Karachi. Le 22 septembre, l’Élysée se fendait d’un communiqué indiquant qu’il avait eu accès aux pièces du dossier, en violation manifeste du secret de l’instruction : « Le nom du chef de l’État n’apparaît dans aucun des éléments du dossier. »

Compléments d’informations

 

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Une Réponse »

  1. Et la c’est indéniable, nous n’avons pas affaire à de la pourriture noble …..

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