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UIMM : à quoi ont servi les 20 millions d’euros ?

Par      • 22 Mar, 2008 • Catégorie(s): Institutions  Institutions    

Depuis que cette affaire a éclaté au grand jour, nous n’en avons toujours pas plus d’information sur l’utilisation qui a pu être faite des 20 millions d’euros en espèce retirés par Denis Gautier-Sauvagnac.

L’omerta patronale est si forte que la presse n’a toujours pas pu nous révéler avec certitude l’emploi qui a été fait des fonds. Financement syndical, briseur de grèves, financement des campagnes électorales ? Le silence de la presse est de mon point de vue le signe le plus inquiétant de l’affaire !!! Selon certaines hypothèses, les fonds auraient pu également servir à fluidifier les relations avec la presse.

Malgré une réaction de façade, je suis étonné de l’absence du Parti Socialiste sur cette question. Est-ce la peur de gêner des amis quelque peu embarrassés ?

Libération avait ouvert la boîte de Pandorre au travers de ce syndicaliste CFTC. Et puis plus rien! Dans son propos, Jean-Claude Duret évoquait son étrange discussion avec un des représentants de l’UIMM qui semblait monnayer son silence. Entre le syndicaliste et DGS, le plus petit des deux n’est sans doute pas celui n’aura pas su « profiter » du système.

L’Humanité va beaucoup plus loin en évoquant un graissage de sénateurs et de députés sans préciser quels seraient les groupes politiques concernés. On croise les doigts ! Le journal du PCF évoque un financement occulte de l’UNI, le syndicat étudiant de droite.

Selon Marianne, le directeur adjoint de la cellule Tracfin , cellule anti-blanchiment du ministère des finances, aurait été averti par BNP Paribas en juin 2004. Dans la foulée, Ce dernier en aurait averti Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’économie et des finances.

Rue89 semble donner une explication plus que crédible à la fronde de Dame Parisot vis à vis de l’UIMM. Révoltée par les indemnités perçues par DGS, elle semble être au cœur d’un règlement de compte dont l’Elysée est loin d’être absent. Dans une finesse et une élégance si particulière qui le caractérise, voici ce qu’a pu dire récemment le chef de L’Etat, accessoirement Président de la République française : « Pas cette conne! Elle n’a même pas été capable de rassembler les patrons pour moi ! »

DGS semble avoir trouvé la parade pour faire taire la dame « patronnesse » en monnayant son silence à la hauteur d’émoluments significatifs évalués à 1.5 millions d’euros auquel s’ajoutent 50000 euros annuels liés à un fonds « spécial » d’abondemment des retraites . Dame patronnesse s’est quelque peu assouplie sentant souffler le vent du boulet élyséen. C’est d’ailleurs, dans ce contexte si singulier, qu’elle a, sur les ondes de France-Inter, justifié les salaires de misère des caissières de Carrefour. Chassez le naturel… Il revient au galop !

Rue89 – toujours eux – établit un brillant récapitulatif sur le rôle qu’a été celui de l’UIMM au cours du siècle. Edifiant ! Et dire que certains dénoncent le lobbying des entreprises auprès des technocrates de Bruxelles ! De bien petits joueurs à côté de la pratique du patronat français !

N’oublions pas que nous vivons dans le pays où Jean Tibéri, Serge Dassault, les époux Balkany ont été réélus avec brio. Ne confondons pas morale et politique ! Les Français s’en moquent comme de la guigne. Les patrons de l’UIMM peuvent dormir tranquilles d’autant que la réforme Dati et les velléités présidentielles de dépénaliser l’abus de bien social concourent efficacement à ôter tous les moyens à la justice de notre pays.

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