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Présidentielle 2012… l’important n’est pas le candidat !

Par      • 14 Fév, 2011 • Catégorie(s): Institutions  Institutions    

Article parfumé de jasmin…

L’important c’est la victoire et la détermination populaire pour la mise en œuvre rapide de changements profonds et irréversibles de pratiques politiques d’un autre âge.

Strauss-Kahn ou Aubry, Mélenchon ou Besancenot, Joly ou Hulot, … le piège de la personnalisation est en route, la machine à perdre aussi.

La présidentielle n’est pas une question de personne !

Plus nous nous rapprochons de la date de l’élection présidentielle, plus l’essentiel des débats se résume à la personnalité des aspirants à la candidature. Cette focalisation est bien celle recherchée par le système de gouvernance constitutionnalisé sous le nom de 5ème République. Le Président est au sommet d’un système politique pyramidal dont Nicolas Sarkozy a porté le fonctionnement centralisé (autour de son ego) à la triste caricature.

Mitterrand et le coup d'Etat permanent !François Mitterrand analysera très bien la mise sous tutelle de la population que représente ce « Coup d’Etat Permanent » (Plon Editeur mai 1964). Ce sera pourtant lui qui va légitimer le système dont il s’empare grâce l’élection de 1981. Il transforme la victoire de la gauche en un acquis personnel bien gardé jusqu’à son départ.

Parce que tel est bien la perfidie du système politique démocratique français ainsi créé : réunir l’avenir du pays dans les mains d’un seule personne qui décidera pour de longues années du quotidien des habitants au gré de décisions qui, au final, lui appartiennent en propre.

Cette instrumentalisation de la vie politique au service d’une seule ambition a organisé depuis l’ensemble de la vie politique française. Après les forces de droite régulièrement réunies autour de leur leader, la gauche qui se voulait différente mais n’a pas su/voulu profiter de son arrivée au pouvoir pour changer la règle. Au contraire elle s’en est accommodée pour s’arroger progressivement les mêmes prérogatives et jouer de subtilité pour maintenir sa présence aux commandes du pouvoir.

Quelques soient les raisons »objectives » (crise de l’énergie, confrontation avec la realpolitik…) qui pourraient servir d’explication à cette dérive idéologique, de fait, la vie politique s’est (dés)organisée en profondeur autour de l’axe présidentiel. Les parties ne sont plus le creuset de réflexions permettant d établir des programmes et des propositions. Ce sont les paddocks (déf. : enceinte réservée où les cavaliers détendent et échauffent leurs chevaux avant d’effectuer leur épreuve) où se préparent les poulains d’une course fratricide (pré-primaires et primaires) dont le plus aguerri et/ou le plus roué sortira vainqueur. Tous les coups (même les plus vils) sont permis. Un seule but: arriver le premier !

Sur ces bases guerrières, ou la bagarre est permanente, sont pro-créés (par cooptation) puis élevés (comme assistants, comme collaborateurs, comme suppléants…) les futurs poulains qui entreront demain en compétition. Il est vain dans ces conditions d’aller chercher le profil d’un agneau dans une meute de loups. Le choix du candidat – ou de la candidate – ne relève pas d’une question de personne. Ils sont tous sur le fond formés à la même école, dans le même moule, avec les mêmes défauts qui, aujourd’hui, nous insupportent.

Et, pour le personnel politique qui n’a pas passé par le stade des deux grandes couveuses professionnelles de droite (UMP) ou de gauche (PS ) ? Force est de constater qu’il en est de même. La toute jeune Europe Écologie Les Verts, à peine portée sur les fonds baptismaux, voit déjà la candidate de la pratique professionnelle et politique vertueuse, Eva Joly, bousculée par les appétits d’un Nicolas Hulot furieusement attiré par les sunlights. Les sondages disent qu’il ferait beaucoup plus de voix qu’elle.  Alors !

Si la politique est un rapport de force, le rapport de force entre l’électeur et l’élu se construit lui aussi. Tous les candidat(e)s actuels ne sont que la résultante d’une approche de la politique qui a fait faillite en thème de programme réalisé où à proposer. Ce sont les produits marketing de pratiques politiques d’un autre âge. Personne n’a vu venir la révolte du jasmin ou celle de la place Tahrir. Si elles ont éclaté, c’est pourtant que les données étaient rassemblées. Les données pour changer la politique dans le monde nouveau de ce début du XXIème siècle sont déjà là . La population le sait qui se détourne massivement des urnes. Mais l’attente demeure et la population peut agir et se reprendre son avenir en main.

Le problème aujourd’hui n’est pas de savoir si tel ou telle a le profil pour devenir président. La question est d’exprimer collectivement et clairement des principales attentes des français sur les principaux points qui leur posent problème: l’accès au travail pour tous, le partage des richesses produites et le niveau de revenu nécessaire pour vivre aujourd’hui, le maintien d’un système de protection sociale et de santé équilibrée et juste, la réflexion sur la croissance qui ne pourra plus continuer dans le cadre de l’explosion démographique mondial et assurer un avenir durable pour tous, le dérèglement climatique et comment y faire face…

Qu’importe le candidat, s’il est poussé par un élan populaire qui pourra lui faire passer le barrage de l’élection ! Nous devrons tous veiller dès le 1er jour à ce que les aspirations dont il sera le porteur soient réellement mises en œuvre. Et ce ne pourra être l’objectif avoué d’aucun des candidats pouvant gagner, même le plus sincère qui du seul fait de sa sincérité hypothéquerait alors son élection.

Comme en Tunisie ou en Égypte c’est la détermination têtue des électeurs et des électrices à affirmer que l’élection ne se termine pas au soir du second tour mais bien dans une mobilisation de tous les jours, jusqu’à que soient engagées les réformes de fond qui feront vaciller les bases d’un système né et maintenu pour étouffer l’ouverture de la démocratie au plus grand nombre.

A l’heure d’internet, de la téléphonie mobile, d’internet, de la mondialisation arrive le temps et les moyens d’une démocratie neuronale dont nous devons savoir adapter et maîtriser les possibilités nouvelles. L’enjeu est de taille et c’est celui d’aujourd’hui.

Crédit photos :  Decitre, Jasmin tunisien,

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Une Réponse »

  1. Le coup d’Etat permanent, livre hélas épuisé, qu’on ne trouve plus qu’au hasard d’une foire aux livres…

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