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Les trois temps des partis politiques

Par      • 26 Jan, 2010 • Catégorie(s): Institutions  Institutions    

Pour l’essentiel, un parti politique s’organise en trois temps.

Les idées

Le premier temps, c’est la production d’idées. Du fait de l’atomisation réelle ou artificielle de la société, les adhérents des partis peinent de plus en plus à penser le global. Le monde serait à l’image de ce que nous vivrions. Les idées produites ne sont alors que l’expression de la bouillie des expériences. Nous ne souffrons pas de déficit d’expression. Bien au contraire. Nous souffrons d’un trop plein d’une parole compulsive et existentielle que nous cherchons à montrer bien plus qu’à penser. La deuxième remarque est que la pensée a de plus en plus de mal à s’exprimer de manière autonome vis à vis de la pensée dominante. Souvenons-nous de la campagne présidentielle de 2007 et de l’emploi mimétique, dans les rangs des partis de gauche, du mot « assistanat » !

Le projet

Le deuxième temps d’un parti ou d’un groupement politique, c’est le projet. Au travers de nos différentes expériences, dans le meilleur des cas, les idées produites sont « filtrées » en déconnexion de tout processus démocratique. Chaque courant, chaque clan, chaque personnalité influente ou charismatique tient à l’emploi de certains mots qui relèvent davantage de l’expression symbolique et de la défense de « territoires » présumés culturels ou historiques.  Au pire, les partis en viennent à sous-traiter à des experts  le soin d’évaluer de leur pertinence. Il y aurait beaucoup à dire sur la qualité de l’expertise concentrée dans les mains de quelques uns élevés au biberon des maîtres des grandes écoles de la République !

Les élections

Pour qui roule DSK ?

Pour qui roule DSK ?

Le troisième temps d’un parti, c’est de présenter des candidats au suffrage des citoyens en vue de l’application du projet présenté. Validé ou non par le vote des adhérents, le choix des candidats se fait par cooptation. Loin d’une légitimité assise sur le charisme et la compétence, les critères qui prévalent au choix d’un candidat sont sa proximité avec des personnalités « influentes », son appartenance à un réseau, sa capacité à exercer sa domination. La politique tend à devenir un espace de faire valoir pour des classes moyennes en panne d’ascenseur social ou pour des grands bourgeois en mal de reconnaissance. La nature des motivations du personnel politique explique la panne de la représentation qui amène les couches populaires à s’abstenir massivement et les militants à fuir les enceintes de partis. Nous sommes représentés par des gens qui ne nous représentent plus. A la panne de la représentation, s’ajoute le non respect des engagements. Les objectifs très personnels et carriéristes des candidats les amènent à devenir des professionnels de la politique. Ils les éloignent, dans leur praxis, du projet qu’ils étaient censés mettre en œuvre !

Crédit photos : Institut géopolymère, 37 days

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Une Réponse »

  1. Tout à fait… j’ai hâte de lire la suite !