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G8 : pour Michel Serres, la vérité est ailleurs !

Par      • 28 Mai, 2011 • Catégorie(s): Institutions  Institutions    

Michel Serres était l’invité de l’émission de Frédéric Taddeï consacré au G8. Comme à son habitude, il fut tout juste brillant ! Après nous avoir rappelé les bouleversements anthropologiques auxquels avait été confrontée une humanité en accélération, il relativisa l’impact de l’économie sur la longue durée. L’économie n’est tout juste qu’un mauvais moment de l’histoire à passer.

Pour le philosophe, le G8, à défaut d’avoir de nouvelles idées pour un nouveau monde, s’est avant tout consacré à nous parler de l’ancien. Son impression est que les politiques vivent dans un monde qui n’est plus le nôtre. Nous sommes en face d’une nouvelle humanité, où la mobilité a fait disparaître nos paroisses.

Sa conviction est qu’on trouve toujours ce qu’on ne cherche pas. Des printemps arabes et européens naîtront, sans doute, des solutions imprévisibles et nouvelles. Il nous prédit l’effondrement des institutions actuelles, totalement inadaptées au nouveau monde.

Michel Serres

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2 Réponses »

  1. Comme tous ceux dont le métier est le monde de la pensée, j’ai une profonde admiration pour Michel Serres, mais je ne peux comprendre cette formule : « l’économie n’est qu’un mauvais moment »…L’économie est notre vie « matérielle », notre vie de tous les jours, elle n’est pas un « moment » mais notre éternité tant que nous serons condamnés à vivre sur terre. Alors, comme Pythagore, Aristote, Socrate and co, le penseur (on trouverait aujourd’hui un peu ridicule le terme philosphe, quoique l’économie fut un des thèmes de la philosophie au même titre que le politique) ne peu faire l’économie de réfléchir à l’économie. Ce qui est certain, c’est que tout système porte en lui les germes de sa destruction (pas très nouveau), mais que plus un système favorise la faiblesse des hommes, plus il favorise leur folie, plus il dégrade les conditions de vie de ceux qui ont encore une autre conception de la vie en communauté. Ce qui est un « sale moment » à passer, c’est de vivre dans un système économique qui a promu au premier rang l’argent, car là où l’argent est roi, la corruption est reine. .. Notre système à base de G8, G20 (on pense à vain !) ne propose plus qu’une solution à la Soylent Green. La consommation de masse n’a plus lieu d’être, donc le chômage et la précarité ont tout leur sens dans une telle vision. C’est ce système qui doit être un mauvais moment à passer…comme certains qui en furent les « leaders » devront être un mauvais souvenir de l’Histoire ( à coté des Néron, Gualigula ou autres dictateurs).

  2. @behar

    Il faut relire Serge Latouche. Oui, l’économie n’est qu’un moment de l’histoire.

    L’économie est par essence l’aboutissement du mythe prométhéen : altius, citius, fortius. Elle a industrialisé la guerre. Elle a inventé le nucléaire civil et militaire. C’est en cela, notamment, que je parlais de « mauvais » moment à passer, même si nous ne pouvons pas taire les indéniables progrès accomplis dans le secteur de la santé, du logement et de l’agriculture. Je reste plus perplexe sur la consommation – ou plutôt la gabegie – énergétique.

    L’économie est devenue ce qu’elle a toujours été.