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Eric Woerth, incarnation de la république bananière !

Par      • 20 Juin, 2010 • Catégorie(s): Institutions  Institutions    

Mardi après-midi, a lieu, à l’Assemblée Nationale, un séminaire d’organisations membres du réseau citoyen ETAL (pour l’Encadrement et la Transparence des Activités de lobbying). Dans un article récent publié sur Voie Militante, je m’interrogeais sur la nature de la frontière qui séparait lobbying et corruption.

Eric Woerth, le sapeur camembert de lévasion fiscale ?

L’actualité vient de nous fournir une illustration supplémentaire de l’état de  pourrissement de nos institutions. Dans des conversations privées enregistrées à son insu, Patrick de Maistre explique à Liliane Bettencourt qu’il a dû embaucher la femme d’Eric Woerth sur demande expresse du ministre. Florence Woerth, salariée au sein de la holding chargée de gérer les intérêts de la milliardaire, était dirigée par un ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Ouart. Or, au travers des éléments révélés par les 21 heures d’enregistrements retranscrits dans Médiapart, cette holding serait à l’origine de l’organisation d’une évasion fiscale massive visant à favoriser les intérêts de Liliane Bettencourt.

La Sarkozie – je n’oserais même plus parler de la France tellement ces gens sont la honte de notre pays – sent le poisson pourri ! Jean-François Kahn et Edwy Plenel ont totalement raison quand ils réclament la démission d’Eric Woerth.

Autres regards

Crédit photos : les élucubrations d’un vieux rouge, Spread Shirt, Paperblog

Voie Militante Voie Militante

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6 Réponses »

  1. Résumons la situation :
    Il y a surement fraude fiscale d’une structure.
    Cette structure est (officiellement) gérée par une femme.
    Cette femme est l’épouse d’un ministre.
    Ce ministre n’est pas ministre de la culture ou du sport.

    Dans n’importe quel pays démocratique, la démission du ministre serait une évidence…

    Nous français qui sommes de grands donneurs de leçon, il serait de bon ton que ce ministre démissionne de ses fonctions gouvernementales.

    Un peu de décence !!!!!

  2. Aux dernières nouvelles, notre président a toute confiance en son ministre. Pour revenir sur un sujet d’actualité, quand un entraineur (de foot) a tout la confiance de son président et que celui-ci le dit haut et fort, c’est qu’il va bientôt le virer manu militari…
    Ce n’est qu’une question de temps.

    Eric Woerth n’est que le reflet de notre societé gouvernante actuelle et n’est surement pas le pire des personnages…
    D’un autre côté on a souvent les gouvernements que l’on mérite

  3. Là, ma brave dame (et m’sieur), ca commence à faire beaucoup pour un même homme…
    Les gardes à vue se multiplient. On sent bien que l’histoire n’est pas très saine. A moins que M. et Mme Woerth ne se parlent plus depuis 10 ans, je ne vois pas comment il n’y aurait pas conflit d’influence et autre chose plus ou moins morales.

    Pour beaucoup, beaucoup moins, on a connu des ministres qui ont démissionné.

    On devait vivre une nouvelle ère, une nouvelle façon de gouverner…
    Même M. Pasqua passerait pour un enfant de cœur avec les pratiques actuelles.

  4. @ AZERTY
    J’ai trouvé ça,pour les videos jointes désolé je sais pas comment faire

    Depuis vingt ans, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot s’intéressent aux classes dominantes et aux fortunes de France. Alors que l’affaire Woerth-Bettencourt met en lumière les collusions entre oligarchie et classe politique, Rue89 a rencontré le couple de sociologues bourdieusiens pour un passage en revue des codes, des lieux et des techniques de transmission des élites. Décryptage à deux mois de la sortie du « Président des riches », leur prochain ouvrage à paraître le 9 septembre aux éditions La découverte.

    Une vidéo ponctue cet entretien : il s’agit d’extraits du documentaire passionnant que Jean-Christophe Rosé a consacré aux Pinçon-Charlot en 2008. Alors qu’ils poursuivent leur enquête au cœur de la grande bourgeoisie, le réalisateur les filme et, avec eux, leurs interlocuteurs, pour des images inédites.

    Rue89 : Les écoutes qui sont venues nourrir l’affaire Woerth-Bettencourt montrent que beaucoup de points ont été négociés par téléphone. Toutefois, depuis quinze ans, vous écrivez que cette société-là ne cesse de se croiser…

    Monique Pinçon-Charlot : C’est un peu une représentation de dominés de croire que ces gens-là se disent : « Tiens, je vais aller à une partie de chasse pour rencontrer untel ou untel » alors que c’est tellement naturel. On se voit tout le temps et ça commence dès le petit déjeuner : « Tiens, je vais me faire une petite piscine » et là en nageant… voilà. Ensuite, on prend le café. Et puis les réceptions, les dîners, le golf, le polo… Ils se croisent en permanence.

    Michel Pinçon : Il est intéressant de voir que ce n’est pas don contre don. Ce n’est pas A qui rend un service à B et B qui lui en rend un autre en échange. Mais c’est A qui rend un service à B, qui rend un service à C, et C à D, D à E… et E à A. Tout le monde se rend service mais sans attendre la contrepartie de celui qu’on a aidé. C’est un échange permanent qui intègre tout le milieu.

    La nouveauté, c’est que la classe politique appartient à ce milieu-là aujourd’hui ?

    Monique Pinçon-Charlot : Non parce que la classe politique a toujours appartenu à la bourgeoisie mais, aujourd’hui, la classe politique est complètement coupée des masses populaires et modestes : aux dernières élections régionales, 69% des ouvriers n’ont pas voté.

    Poser les choses comme « Je vais à la chasse pour que untel me rende service », c’est projeter quelque chose qui a à voir avec l’individualisme de la classe moyenne et intellectuelle alors que la classe au pouvoir est la seule classe qui fonctionne véritablement de manière collective et solidaire. Ça se passe naturellement parce que la classe est mobilisée ainsi : pour elle-même et contre les autres.

    La chasse fait toujours partie des codes de ce milieu-là ?

    Michel Pinçon : La chasse reste un marqueur social important. Il y a la chasse à tir et aussi la chasse à courre, la vénerie, qui est très vivante. Que ce soit en Sologne ou à d’autres endroits, ce sont des chasses de rites sociaux entre des personnes qui appartiennent aux élites politiques, économiques, voire médiatiques. C’est un des lieux, comme les cercles ou le golf, qui sont assez fermés : il n’y a pas n’importe qui, mais des grands patrons, des hommes politiques.

    Monique Pinçon-Charlot : Les hommes politiques qui chassent sont des hommes politiques nés dans des milieux de chasseurs, que ce soit des milieux populaires -mais c’est très rare : il y a 0% d’ouvriers à l’Assemblée nationale et 1% d’employés- ou dans la haute société. La chasse reste une activité mondaine.

    L’affaire Bettencourt n’a dès lors rien de surprenant, mais comment la décryptez-vous ?

    Michel Pinçon : Ce qui se passe ici, c’est qu’ils sont pris au piège de l’impunité ressentie, c’est-à-dire que depuis vingt à trente ans, la pensée unique, la concurrence, le marché, le capital financier se sont établis. Ils se sentent à l’abri des mouvement sociaux qui emporteraient, disons, leurs intérêts.

    Je pense qu’il y a eu un sentiment de sécurité qui disparaît de temps à autres, par exemple pendant les grèves de 1995 : là, ils étaient sur le qui-vive. On l’a bien senti dans notre travail, dans nos rapports avec eux.

    Mais, depuis 1995, ça va. Ils sont donc moins prudents dans leurs activités et le franchissement de la ligne.

    Ça s’est accentué ou accéléré depuis une vingtaine d’années ?

    Monique Pinçon-Charlot : Oui, ça a beaucoup changé par le système économique lui-même a changé. On est passé d’un système du libéralisme, dans lequel l’Etat a une relative autonomie par rapport au monde des affaires et de l’économie, au néolibéralisme.

    Avec l’arrivée du néolibéralisme, symbolisée par l’arrivée à l’Elysée de Nicolas Sarkozy, l’Etat perd beaucoup de son autonomie au bénéfice des affaires qui rentrent au cœur de l’Etat. Au point qu’on peut dire que Nicolas Sarkozy est véritablement le porte-parole, au sommet de l’Etat, d’une oligarchie financière.

    Michel Pinçon : Quand on regarde le conseil d’administration des grandes sociétés, on se rend compte que beaucoup sont de hauts fonctionnaires, qui ont fait l’ENA, qui pantouflent et se retrouvent dans les conseils d’administration.

    Mais aujourd’hui, il y a de plus en plus de porosité entre les affaires et le politique : ces gens-là se retrouvent ensuite très bien au cœur même de l’appareil d’Etat, dans les cabinets ministériels, voire ministres.

    Cette évolution viendrait donc du pantouflage et pas du ratio d’avocats au sein du gouvernement ?

    Michel Pinçon : C’est un des facteurs. Mais il y a en effet les avocats d’affaire dont Nicolas Sarkozy est un bel exemple. Ils sont bien entendu très présents. Les avocats ont toujours été très présents dans le monde politique, mais ce n’étaient pas des avocats d’affaires, c’est ce qui a changé.

    Le casting de cette oligarchie a-t-il évolué depuis « Grandes fortunes, dynasties familiales et formes de richesse en France », que vous aviez publié en 1996 ?

    Monique Pinçon-Charlot : Pour se reproduire, la classe dominante a besoin de se renouveler. Et c’est vrai que les médias, ou les amis de Nicolas Sarkozy, appartiennent plutôt à des dynasties nouvelles.

    Quand on regarde la soirée du Fouquet’s [le soir du deuxième tour de l’élection présidentielle, le 6 mai 2007, ndlr], il n’y avait pas de représentants des famille Rothschild ou Wendel : les vieilles familles étaient absentes. Mais ça ne veut pas dire qu’elles ne soutiennent pas la politique de Nicolas Sarkozy qui a été élu à Neuilly à 87% et 85% dans le XVIe… un score de république bananière !

    La classe dominante doit donc s’ouvrir, s’aérer, faire de nouvelles entrées, mais ces nouvelles entrées obéissent toujours à la même règle : ceux qui vont intégrer le gotha sont ceux qui ont su intégrer leur richesse dans la promesse d’une dynastie familiale.

    Prenez le mariage de Delphine Arnault : c’était au fond l’anoblissement de la famille. C’est pareil pour les Dassault, Pinault, Lagardère et autres Decaux. La dynastie est importante parce que ce qui importe c’est que les privilèges restent dans la classe. Il faut donc réussir la transmission.

    Les grandes familles, en France du moins, sont arrivées à imposer comme seul critère de l’excellence sociale le temps long. Après la Révolution, la bourgeoisie a finalement reproduit ce que faisait la noblesse. Le principe de reproduction de la classe dominante n’a pas beaucoup changé. (Voir l’extrait du documentaire de Jean-Christophe Rosé dans lequel Olivier de Rohan-Chabot explique qu’il se sent « propriétaire de la France », vers la cinquième minute)

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  5. Merci Arnault.
    Pour ce sujet, ca me parait assez simple.

    La société Clymène est sensée avoir (seulement) 5 salariés…

    Soit madame était salariée de cette petite structure qui gérait la fortune de LB et auquel cas elle a participé à une fraude fiscale (parfois appelé optimisation fiscale…) et M. le ministre ne pouvait pas ne pas le savoir…
    Soit Madame était salariée mais ne savait rien de ce qui se passait et alors c’est un emploi fictif…

    dans les 2 cas, c’est réprehensible…

  6. @ AZERTY

    C’EST CLAIR….

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