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Elections prud’homales de 2008 : un marqueur du syndicalisme de connivence ?

Par      • 13 Jan, 2009 • Catégorie(s): Institutions  Institutions    

Le vainqueur des élections prud’homales de décembre 2008 est sans conteste l’abstentionniste. L’une des grandes constantes de cette élection est d’avoir vu sur la longue période passer la participation à ce scrutin de 63% en 1979 à 25,5% en 2008 au niveau du cortège des salariés.

La gestion paritaire, les relations de connivence – pour ne pas dire plus – révélées par le scandale de l’UIMM, les comportements « clientélistes » de certains comités d’entreprise ne sont pas de nature en rendre la confiance dans une institution qui ne représente plus qu’elle-même ou presque. Autrement dit, comment les salariés pourraient avoir confiance en des représentants qui ne les représentent plus ? La signature par la Cfdt et son premier représentant, François Chérèque, de l’accord proposé par le patronat sur l’UNEDIC s’inscrit dans cette logique.

Les élections prud'homales de 1979 à 2008

Les élections prud'homales de 1979 à 2008

Crédit photo : la ville de Paris

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7 Réponses »

  1. Rien à redire sur les chiffres qui ne font que refléter la triste réalité du paysage syndical français. Pus que sur l’abstention aux élections prud’homales, il faut à mon avis s’interroger sur le nombre de salariés syndiqués. On peut très bien prolonger la question au domaine des partis politiques: la désaffection n’est -elle pas, là-aussi, évidente toutes tendances confondues?
    Quant aux raisons de l’abstention enregistrée lors de ces élections, il me semble que l’analyse présentée ici manque de pertinence.
    – Il n’y a pas aujourd’hui de « gestion paritaire » des entreprises. Elle existe plus ou moins dans la Fonction Publique à travers les organismes paritaires. En revanche, une cogestion réelle s’est instaurée de très longue date entre les agriculteurs de la FDSEA et le Gouvernement.
    – Mais,cette gestion paritaire est institutionnalisée dans certains domaines entre les partenaires sociaux (syndicats-patronat) et cela depuis la Libération. Tel est le cas, par exemple, de l ‘assurance-chômage.
    – De nombreux accords ont été conclus dans ce cadre-là, et il faut s’en féliciter car ce fût pour le plus grand bien des travailleurs.
    – La pratique du paritarisme est un instrument de progrès. La réduire à une compromission relève de la caricature. Elle est dans son aboutissement le résultat d’un compromis, ce qui n’est évidemment pas la même chose.
    – Concernant la « caisse noire  » de l’UNIMM, essayons de garder la tête froide. On sait bien que de toute éternité l’argent corrompt, mais ce que l’on ne sait pas encore dans cette affaire c’est l’étendue de la corruption réelle ou supposée.

    Ainsi, les salariés n’auraient plus confiance dans » des représentants qui ne les représent plus ». Ce jugement ne repose sur aucune analyse quelque peu documentée et certainement pas sur une connaissance fine de la réalité
    syndicale. Les Conseillers prud’homaux défendent – oh combien! – les salariés
    quand ceux-ci n’ont plus d’autre recours. Mais c’est comme l’assurance, cette dernière n’apparaît souvent nécessaire qu’après le désastre. On finira sans doute par redécouvrir les vertus l’action collective d’ici peu. Je l’espère en tout cas…

    Et puisque viennent faire dans ces considérations quelque peu fourre-tout -pardon
    de le dire- François CHEREQUE et  » l’accord proposé par le patronat sur l’UNEDIC »?

    1°) L’accord en question n’est pas « proposé » par l’une ou l’autre des parties, il est tout simplement le fruit d’une négociation menée dans un cadre paritaire (cf: supra). Le projet de convention sur l’assurance chômage est donc sur la table ,à
    charge pour les uns et les autres de l’approuver ou de le rejeter.

    2°) Ce n’est pas F. Chérèque qui a pris la décision de signer mais le Bureau National (A noter que le S.G. n’était pas le principal négociateur dans cette affaire).

    3°) A tout ceux qui n’auraient qu’une vision superficielle du sujet dont on va pas tarder à mesurer l’importance et l’impact, je les renvoient à une lecture plus attentive dudit projet de convention ( http://www.cfdt.fr ).

    4°) De ce qui précède, les observateurs attentifs remarquerons que la C.G.T. s’est soigneusement abstenue de signer un quelconque accord sur l’assurance
    chômage depuis…1958. Cela ne l’empêche pas  » d’exiger  » la réouverture de négociations.

    5°) Résultats des élections professionnelles chez Michelin Clermont-Ferrand en
    novembre 2008: n° 1 CFDT avec 33,65%!

    A suivre , sans doute…

    ,

    ne les représenteraient plus(sic).

  2. J’ai bien parlé de la signature de la Cfdt.

    Ce qui ressort aussi, c’est que l’effondrement de la participation des salariés a pour corollaire celui des votes CGT.

    Je n’attaquais pas spécialement la Cfdt. D’ailleurs, il y aurait beaucoup à dire de cette signature qui n’en est pas une tout en étant une. L’amitié politique de son leader pour le Béarnais lui a fait découvert la gigue. §Y a de quoi donner le mal de mer. Mais, puisque tu m’en donnes l’occasion, je voudrais expliquer où se trouvent aujourd’hui ces anciens « dignitaires » :

    . Edmond Maire, président des VVF
    . Nicole Notat, présidente de Vigeo

    Quand je disais qu’ils ne représentaient qu’eux-mêmes, on pourrait très largement se poser la question de savoir quels ont été les intérêts qu’ils défendaient même s’ils ont droit à une retraite heureuse. Je distinguerais tout de même le cas d’Edmond Maire de celui de Nicole Notat. Je n’irais pas comme d’autres crier aux sociaux-traîtres. Mais, tout de même, je trouve que les faits sont têtus.

  3. Désolé, mais ce nouveau commentaire ne m’apparaît pas plus éclairant sur le fond. Je le trouve désinvolte s’agissant de militants authentiques qui ont « beaucoup donné » et contribué à faire bouger les lignes. Ce n’est pas forcément apprécié par tous mais enfin ce n’est pas une raison pour les traiter de la sorte.
    Et si les faits sont têtus, il convient de les vérifier avant toute chose.
    – Edmond MAIRE n’est plus président de VVF depuis longtemps; il préside depuis une dizaine d’années FRANCE ACTIVE qui est une association d’insertion et d’aide à la création d’entreprises.
    – Nicole NOTAT est effectivement dirigeante de VIGEO qui est une agence de notation sociale et environnementale qu’elle a créée en 2002.

    Alors?

    Alors, où sont les sociaux-traitres? De quelles prébendes peuvent-ils bien bénéficier? Y a-t-il rémunération occulte? Privilèges? Dividendes?Parachutes dorés? Etc.

    Tout cela c’est de la foutaise. La réalité c’est que les salariés ont été pris en tenaille entre le discours dominant de l’individualisme et celui d’un syndicalisme purement protestataire incapable, donc, de proposer des alternatives et encore moins d’enregistrer des résultats tangibles.

    C’est à l’honneur des responsables cités auxquels j’ajoute F. CHEREQUE que d’avoir au moins essayé de faire comprendre cela.

    Quant à la gigue béarnaise, il faudra que l’on m’explique…

  4. @Denis
    je m’aperçois qu’il existe des histoires de famille (sic) et les repas peuvent être animés mais je partage
    ton analyse sur le paysage syndical français.
    j’ai fréquenté la CGT il y a une vingtaine d’année et aujourd’hui je suis à SUD.la société dans son ensemble a beaucoup changé et le monde du travail s’est individualisé à l’excès d’ou un recul très net
    du nombre d’adhérents qui n’ a jamais été élevé en France.
    je précise que la CFDT d’Emond Maire n’a plus rien à voir avec celle d’aujourd’hui qui ne fait qu’accompagner toutes les réformes.Le paritarisme français a lui aussi ses limites et à mes yeux la
    démocratie n’est pas réelle même si il y a quelques petites avancés.
    aujourd’hui, la SNCF a perdu son procès contre la CGT du côté de Nice et G. Pepy réengage des négociations au bout de 2 mois.triste pour les voyageurs et triste pour les travailleurs.
    max de beuzeville
    PS: je conseille de nouveau pour André  » le talon de fer » de jack London chez 10/18

  5. @Max, excellent choix de lecture. En fait, tout le monde devrait avoir lu cet ouvrage remarquable…

  6. @André

    Dont acte pour Edmond Maire. J’avais d’ailleurs corrigé en indiquant « ancien président des VVF ». Je ne sais pas pourquoi le commentaire est passé sous son ancienne forme. Je n’ai pas relu.

    Dans mon billet, je n’attaquais pas les militants de la Cfdt. Je parlais de leurs représentants nationaux. Je ne suis pas en désaccord fondamental sur les prisons que constituent individualisme d’un côté et syndicat de protestation de l’autre.

    Mais revenons à l’essentiel. Est-ce que François Chérèque et Nicole Notat représentent bien les intérêts des gens qu’ils défendent avant de défendre les leurs ? Pour Nicole Notat, je n’ai pas beaucoup de doutes. Je t’enjoins à lire les quelques références suivantes :

    -> http://www.etika.lu/spip.php?article127
    -> http://www.vigeo.com/csr-rating-agency/fr/qui-sommes-nous/equipes/actionnariat.html
    -> http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=55786
    -> http://blog.plafonddeverre.fr/post/2009/01/23/Nouveau-monde-nouveau-capitalisme-ca-reste-une-affaire-d-hommes

    Pour Chérèque, on verra. Mais tout de même, ça ressemble à quoi cette signature qui n’en est pas une et qui en est une par rapport à la nouvelle convention de l’assurance-chômage ? Et sur le fonds, ça veut dire quoi de signer un accord qui contribue à ce que les indemnités chômage continuent de baisser au moment où les chômeurs qui sont des consommateurs comme les autres ont besoin de pouvoir d’achat ! Au nom du réformisme, on ne peut pas tout accepter. La signature de la Cfdt cautionne, de fait, une vision qui veut transférer la charge de l’indemnisation du chômage sur la solidarité nationale : RMI, RSA, … Ce sera quoi ensuite ? La destruction du modèle paritaire ?

    NB Pour la gigue, c’était en rapport avec la ligne de François Bayrou.

  7. @ dans la famille Szalkowki je demande André

    Syndiqué depuis 30 ans à la CFDT (si,si et ça nous rajeunit pas !) , je dois dire que depuis quelques années (depuis Notat pour tout dire) , je m’interroge . La direction prise par ce syndicat me décontenance , alors que le discours de Bernard Thibault , débarrassé des quelques oripeaux communistes qui en faisaient quand même un syndicat un tantinet sectaire , me semble plus doux à mes oreilles que le crissement de la plume de François Chérèque qui signe tout ce qu’on lui propose ( réforme des retraites en 2003, assurance chomage en 2008 et j’ai peur que le Medef en ai d’autres à lui proposer ) . Le réformisme et le recentrage ont leurs limites .Et croit bien que cette révision me déchire quand même…
    Mais je m’éloigne,..doucement….au fil des signatures.