La voix militante de citoyens d'ici et d'ailleurs

A quoi vont servir les conseillers municipaux ?

Par      • 25 Mar, 2010 • Catégorie(s): Institutions  Institutions    

Après la loi Chevènement de 1999 qui a institué les communautés de communes et d’agglos, la réforme des collectivités territoriales va continuer de vider les communes de toutes leurs compétences ou presque.

L’aménagement du territoire et le développement économique sont aujourd’hui les compétences obligatoires des regroupements communaux. Dans la plupart des communautés, s’y ajoutent l’action sociale au travers du CIAS, l’enfance jeunesse et le périscolaire, la voirie, l’eau, l’assainissement, les ordures ménagères et parfois les écoles ! Que nous reste-t-il ?

Il nous reste à ce jour l’urbanisme, même si leso SCOT (émanation de la région) est aujourd’hui opposable aux documents d’urbanisme tels que les cartes communales et le PLU. Il nous reste l’état-civil qui pourrait être très largement automatisé. Enfin, nous restent, sur les bras, nos églises, nos cimetières, nos bâtiments communaux et l’entretien des espaces verts.

Complexifier, désorganiser, alourdir

Complexifier, désorganiser, alourdir

Avec la réforme des collectivités territoriales, l’urbanisme devrait disparaître du champ des compétences des communes. Mais, dans le même temps, les taux de la part communale des impôts locaux continuent d’augmenter et le personnel n’a toujours pas été transféré aux communautés d’agglos et de communes. Du coup, les regroupements continuent d’embaucher et procèdent de leur côté à l’augmentation des taux. J’espère que vous suivez toujours… double peine pour tout le monde !

Dans le nouveau projet de réforme du gouvernement Sarkozy, pour les communes de moins de 500 habitants, le seul représentant du conseil présent dans les organes délibérants des regroupements communaux sera le Maire. La réalité institutionnelle est qu’aujourd’hui déjà, l’ensemble des pouvoirs est concentré dans les mains du Maire et que conseillers municipaux et adjoints n’ont strictement aucune réalité institutionnelle ! A quoi vont-ils servir au juste ? Pourquoi continuer de disposer d’adjoints auxquels sont versées des indemnités ? Un seul adjoint peut suffire très largement.

Petit à petit, nous détruisons tous les territoires existentiels qui se sont constitués durant plusieurs siècles. Nous détruisons toute l’intermédiation qui pouvait exister dans notre société laissant le citoyen face aux fonctionnaires. En l’absence d’associations et de collectifs, le seul territoire qui reste est celui de la cellule familiale. Mais avec des enfants sevrés de télévision, de jeux vidéos, en l’absence de grands parents, avec des parents peu disponibles, peut-on encore parler de cellule familiale ? Comment dans ces conditions peut se construire la subjectivité de nos enfants ?

Le Front National a de « grands » jours devant lui !

Crédit photos : MSN Actualités, Averia, Préfecture de l’Aude

Voie Militante Voie Militante

Tags : ,

10 Réponses »

  1. @Denis
    je suis pour le changement et il se trouve que la France possède trop de communes mais hélas nos élus
    freinent des 4 fers pour leur petits pouvoirs et leur indemnités et cette lenteur entraine cette double peine.
    la France rurale se sent dépecée mais elle doit s’investir dans les communautés de communes et je sais
    que tu le feras en temps qu’élu;à toi Denis de l’expliquer autour de toi.
    max
    ps:réponse à ta question à rien(c’était souvent le cas déjà)

  2. @Max

    Un Président d’association ou un collectif auront bien plus de poids, dans les années qui viennent, que le Maire d’une commune ! Je ne juge pas. C’est cet axe-là qu’il faut privilégier pour reconstruire les territoires. Je voulais simplement donner des éléments d’une réalité que les habitants de nos communes rurales font mine de ne pas voir, embrouillés qu’ils sont par les « petits maires ».

    La destruction des corps intermédiaires ne peut pas nous laisser indifférent.

  3. Un conseiller municipal tient sa légitimité d’une élection au suffrage direct et sur la base d’un projet normalement politique, un conseiller d’agglo de compromis entre élu de droite et de gauche et sur aucun projet communautaire et politique. Et si le mode d’élection changeaient pour ces élus qui finalement deviennent des cumulards malgré eux, peut être que notre regard sur les com com ou agglo changeraient, qui sait?
    sur le fait de vouloir revenir en arrière en axant les politiques autour des villes plus que des agglos, je trouve ça ringard, dépassé et peut être un peu réact. en tout cas c’est avoir un regard bien triste sur l’avenir.

  4. @Jean-Yves
    tu sais pertinemment que nous sommes au milieu du gué et tu le soulignes d’ailleurs en pointant le
    mode de scrutin ;à terme l’élection doit être le mode de désignation pour les com com et autres et les mairies
    se dissoudre.
    enfin beaucoup de conseillers municipaux sont noyés dans une liste et tirés par la locomotive tète de liste et
    voila les limites et la légitimité de la démocratie représentative et je conseille la lecture de l’ouvrage suivant
    la haine de la démocratie de jacques Rancière à tous les visiteurs de Voie Militante
    max de beuzeville

  5. Je trouve ces échanges très intéressants, la concentration des pouvoirs n’est, me semble t-il, pas lié au périmètre des territoires, qu’ils soient communaux ou intercommunaux, mais plus à l’organisation de l’institution et donc au mode de gouvernance.
    Donc je persiste, le débat ne doit pas être autour de la bonne taille territoire mais sur quelle gouvernance?
    la taille du territoire ne devenant alors qu’une contribution au débat

  6. Si tu fais référence à la CREA qui est un outil Fabusien, je comprends le sens de tes propos, mais on ne peut pas réduire une pensée politique à un exemple, sinon on risque de se rapprocher dangereusement des méthodes déployées par le Sarkosisme, le Royalisme et le Fabusisme…