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Les socialistes et le SMA service minimum d’accueil

Par      • 15 Mai, 2008 • Catégorie(s): Finances  Finances   Formation  Formation   Soutien  Soutien    

Le coucou est dans le nid... Je répèteJ’avoue ma profonde aversion pour Xavier Darcos. Ses positions de droite extrême, sa suffisance, le dédain et le mépris exprimés publiquement sur les jeunes de banlieue dans son blog me révulsent profondément. Hier, il pérorait encore à l’assemblée nationale sur la question du SMA (Service Minimum d’Accueil).

Fier de sa trouvaille, il peut manifestement compter sur le soutien de la population qui est exaspérée des grèves à répétition (?). Rien d’anormal. Ce serait une erreur d’ignorer cette situation « politique ». C’est d’ailleurs le choix des maires de 2870 communes sur les 22500 qui disposent d’écoles communales. Ils n’étaient que 2000 lors de la grève précédente. Et, parmi ces maires, il y a des socialistes !

Alors, oui, on peut les comprendre nos amis… soucieux, avant tout, de se faire réélire dans 6 ans à la tête de leurs communes ou de leurs communautés d’agglo et de communes. Une fois la mesure entrée dans les moeurs, elle fera partie du paysage et nos électeurs exigeants et nos partenaires de la gauche de la gauche oublieront ! Le pari politique est sans risque, souvent à leur image.

Pour autant, le choix de proposer le SMA aux familles se heurte à très lourdes interrogations. Le ministre de l’éducation a proposé de financer la mesure sur la base des heures de grève non payées. Si les 22500 communes faisaient le choix du SMA, on ne voit pas bien comment l’Etat pourrait financer. L’Etat aurait, une fois de plus, réussi son tour de passe-passe favori en transférant la charge de la dépense sur les collectivités locales et territoriales.

Certains Maires ont mis en avant les risques juridiques supplémentaires que cette mesure leur fait porter. Risque juridique renforcé de mon point de vue par le fait de faire appel à des personnels de bonne composition – sans aucun doute – et dépourvus de la moindre qualification professionnelle sur ce type d’encadrement. Remarquez : un bac à sable, une cour d’école, un préau, une télé, des crayons, et des feuilles de papier, quelques lits sauront occuper la journée de nos enfants. tout a déjà été financé par les collectivités locales. Si j’étais en charge d’un exécutif local, j’inclurais quelques menus frais d’équipement à la note à régler. l’État joue au coucou. C’est de saison.

Pour revenir à nos amis socialistes, maires et présidents d’agglo ou de ComCom, que risquent-ils sur le plan politique ? Eh bien, je les rassure : rien ! L’article 13.1 de nos statuts nous oblige à respecter les décisions du congrès, de nos conventions ou encore du Conseil National. Rassurez-vous. Sur cette question, comme sur d’autres, rien n’a été tranché dans un sens ou dans l’autre d’ailleurs. Tout juste, disposons-nous de quelques communiqués lénifiants du bureau national qui a dû peser chacun de ses mots pour ne pas fâcher. La belle affaire !

Pour ma part, si je ne suis pas forcément opposé à l’idée d’un service minimum au niveau des services publics, je suis farouchement opposé à la manière dont ce gouvernement le met en place.

Crédit photo : ASPO/Birdlife Suisse

Autres éclairages

Les communiqués du Bureau National

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Une Réponse »

  1. Bonjour Denis,

    Ton article sur le sma a ,tu t’en doutes attiré toute mon attention.
    Socialiste comme toi,élu,comme toi,nous sommes confrontés à une initiative politique de droite sans précédent qui consiste à culpabiliser au maximum ceux qui seraient tentés de faire grève.Initiative
    qui consiste également à rendre tout gréviste impopulaire dès lors qu’il a l’outrecuidance d’oser utiliser ce droit conquis de haute lutte par nos ainés.
    Au risque de faire dans des lieux communs,je pense qu’il n’est jamais inutile de rappeler certains principes de base à un certain type d’hommes politiques dont la spécialité est de couper les cheveux en quatre,laisser suffisamment de flou dans leur prise de position
    pour pouvoir adapter le discours en toutes circonstance,se donner presque l’air intelligent…Quelles sont,en l’occurrence,ces principes de base? 1/ La grève est un droit reconnu.2/La grève par définition génère des genes,ce sont justement ces genes qui constituent l’atout des grevistes.
    Dès lors,vouloir oter l’inconvénient majeur de la greve,c’est-à-dire les genes occasionnées revient mécaniquement à s’en prendre au droit de grève.La grève,faut-il
    le rappeler,c’est aussi,au delà des seules revendications catégorielles,un acte de LIBERTE CITOYENNE.La grève,disait Alain, »c’est prendre le parti de forcer ».Forcer un destin qui s’acharne à sécréter de l’injustice et pérenniser la domination des puissants.La cohérence c’est de ne pas atermoyer sur le droit qu’on les
    grévistes à utiliser les moyens de pression qui sont leurs armes
    face à ceux qui les dominent et qui finalement refusent le dialogue si celui-ci n’équivaut pas à une sujétion.Ce refus de dialogue se caractérise notamment par de multiples passages en force à l’Assemblée. L’idée du Service minimum est née de l’échec du dialogue.Puisqu’on ne peut les convaincre,nous allons les contraindre en leur otant leurs armes,c’est à dire les genes occasionnées.
    Comme le disait Julien Dray ce soir sur Antenne 2, »les grévistes
    ne font pas la grève pour le plaisir ».Nul gréviste d’ailleurs
    ne fait la grève pour le plaisir car elle est le dernier recours,la pression pour défendre ses intérets.Le meme Dray,lui meme enseignant faisait remarquer que beaucoup d’enseignants mettaient souvent en place des mesures compensatrices pour organiser des rattrapages et souvent sur leur temps personnel…Pour conclure,je serais tenté de
    mettre en garde ceux qui dans notre parti sont tentés à des degrés divers de souscrire aux recettes libérales:l’échec du dialogue est la conséquence du recul du syndicalisme.Les atteintes au droit de grève (larvées ou pas)sont le paroxisme des atteintes contre le syndicalisme.
    La ringardise n’est pas la caractéristique de ceux qui défendent ces principes élémentaires mais plutot celle de ces pseudo-modernes qui brocardent allègrement le combat authentique de ceux qui ont lutté pour le droit de grève

    Bien à toi Jean Paul