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L’explosion de la dette publique française est imputable à la droite !

Par      • 24 Août, 2011 • Catégorie(s): Finances  Finances    

Dette publique de la FranceDe 1981 à 2010, la dette de l’Etat français est passée de 13.4% à 64.4% du PIB. Aujourd’hui, face au risque de renchérissement du coût du crédit lié à la perspective de la perte de notre AAA, Nicolas Sarkozy et ses sbires de l’UMP cherchent à imposer par tous les moyens une règle d’or budgétaire au pays qu’ils n’ont jamais été foutus de s’appliquer à eux-mêmes. Le déficit de la France est autant dû à la hausse des dépenses qu’à la baisse des recettes fiscales, savamment organisée par les gouvernements de droite qui se sont succédés. Le clientélisme et l’incompétence auront coûté cher à la France.

A la lecture des chiffres de l’INSEE, le bilan de la gestion de la France par la droite est tout simplement accablant. Si la gauche est responsable de 14.8% de la dette du haut de ses 15 années de gouvernement, la droite française, quant à elle, peut être fière d’en revendiquer, sur la même durée, 36.2% ! Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, en 5 ans, la dette de l’Etat français aura progressé de 14.6%, soit autant que tous les gouvernements de gauche qui ont dirigé la France durant 15 ans.

Source : INSEE

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5 Réponses »

  1. Gouvernements de droite ou socio-démocrates, comme les gouvernements portugais, espagnol et grec, ont vu les dettes publiques s’envoler. Oui, la crise de 2008 nous a coûté très cher. Plus : elle est aussi un prétexte pour revenir sur les acquis sociaux si gênants pour un rendement maximal. Et pour certains, l’occasion d’enrichissement.
    Il y a un an et demi, j’avais publié un billet sur le dette grecque que l’on semblait découvrir, effarés.
    http://www.saintpierre-express.fr/une-europe-detricotee-leuro-attaque-le-service-public-menace/
    François Fillon avait annoncé en 2007, quand le déficit public se situait encore sous la barre des 3%, le déjà 1er Ministre avouait devant les journalistes être à la tête d’un Etat en situation de faillite sur le plan financier.
    Fallait-il profiter de cette ruine annoncée pour défiscaliser largement les entreprises les plus riches, ainsi que les ménages les plus riches, quittes à assortir la faillite de l’Etat d’un détournement des recettes fiscales vers le privé ? Les français avaient tranché : c’était oui à 53% !
    Les plus riches que soi ne paient jamais assez d’impôts, alors que son quant à soi est une situation plus compliquée que les plus pauvres doivent comprendre : on a juste assez, et juste ce que l’on mérite. Au dessus, on peut prendre. Mais seulement au dessus.
    La droite a fait, idéologiquement, exploser les déficits, en coupant les recettes.
    Et pourtant, les gouvernement socialistes européens n’ont pas fait mieux.
    En France, rappelons les privatisations engagées par la gauche, qui ose ce que n’osent pas les gouvernements de droite : En 1991, les PTT disparaissent : France Télécom et Le groupe La Poste deviennent des entreprises publiques (exploitants autonomes de droit public). Le gouvernement Rocard l’affirme : « la privatisation n’est pas à l’ordre du jour» .
    En 1997, Jospin réalise la privatisation partielle du groupe France Telecom, et en octobre il « ouvre le capital ». La valeur initiale, sous-cotée, sera multipliée par 8 deux ans plus tard.
    Ce sont aussi le Crédit Lyonnais, la CNP, et le GAN qui sont privatisés sous Lionel Jospin, alors que Air France et Autoroutes du Sud ne seront « que » ouverts au capital. J’en passe. Et là encore, on note que l’orthodoxie économique des socialistes s’inscrit dans un temps plus long, en cohérence avec les politiques menées par Chirac, Balladur et Juppé. Et les défiscalisations ne sont pas l’apanage de la droite.
    C’est en 1999 que le Glass-Steagall act, interdisant et annulant rétroactivement tout renflouement, par l’argent public et des salaires, des activités spéculatives (la séparation entre banques d’affaires et banques de dépôts) vole en éclats. Aux USA, en Europe, dans le monde, et évidemment en France, pour ne pas être en reste.
    Notre dette est creusée aujourd’hui, et il ne s’agit plus seulement de trouver de façon dichotomique LE coupable. Il faut en sortir. Pour en sortir, il faut trouver les recettes et les coupes budgétaires. Qui doit payer ?
    Les créanciers, les entreprises, les contribuables et les salariés sont dans la même galère. Les chômeurs, les plus pauvres essaient de suivre à la nage. Beaucoup se noient. Mais aux premiers, on ne demande rien, orthodoxie oblige.
    Les créanciers son-ils responsables de cette dette ? Même s’ils se trouvent, au moins en partie, spéculateurs ? Pourquoi ne participent-ils pas à la gestion de la crise de la dette, en prenant leur part, au même titre que des salariés dont beaucoup se sont comportés pourtant en bons gestionnaires, en bons pères et mères de famille ? Pourquoi prendre aux plus pauvres ce qui retourne immédiatement à la consommation ? Pourquoi privilégier les grosses entreprise aux PME, bien moins délocalisables ?
    Si l’on se refuse à trouver des solutions équilibrées et réalistes, il ne nous restera plus qu’à vendre musées, tour Eiffel, police, écoles et littoral à vil prix pour rembourser une partie de la dette. Les autoroutes, Villepin s’en est chargé, les prisons, c’est fait, l’énergie, le gouvernement actuel s’en est chargé… De façon symptomatique, le secteur du luxe reste un des secteurs les plus prospères.
    Quand les banques se ramasseront, on demandera à la population de se cotiser. Pour sauver la croissance. Négative.
    Ou bien ?

  2. @nono

    Texte et commentaire intéressants que je vais potasser ce soir avant de m’endormir !

  3. @nono

    Il semble que nous soyons dans un cul de sac :
    – une politique de rigueur à l’échelle du continent c’est la récession voir plus probablement la dépression assurée donc l’impossibilité de rembourser les dettes et je ne parle pas de la déstabilisation des sociétés qui risquerait d’en résulter. Les grecs en font la cruelle expérience ou la ration PNB/dette s’aggrave.
    – une politique de relance ferait augmenter la dette ce qui n’est plus jouable.

    Le système ira très probablement au bout de sa logique avec hélas beaucoup de casse: renflouements, monétisations de dettes…il faut que la bulle financière crève il n’y a plus d’alternatives.

    Un excellent article de Lordon très lucide paru il y a peu: « Le commencement de la fin »
    http://blog.mondediplo.net/2011-08-11-Le-commencement-de-la-fin

  4. @nono

    J’ai lu ton article et ton commentaire avec attention. Et j’y trouve une erreur. Tu considères que la crise de 2008 serait à l’origine du dérapage du déficit : 10.6% de PIB. Il reste 40.4% de PIB depuis 1981. La crise a le dos large. Le rachat de 110 milliards d’euros d’obligations par la BCE nous rappelle toute l’artificialité des déficits. Le seul souci à mon sens, c’est que la BCE vient d’injecter 110 milliards d’euros. Qu’en feront, au juste, les agents économiques qui se trouvent au bout de la chaîne ? De nouvelles bulles ?

    Tant qu’aucune mesure n’est prise pour orienter ces monticules de dollars et d’euros vers les infrastructures, l’accès aux biens communs, la transition énergétique sous la double contrainte de sortie du pétrole et du nucléaire, les transports, l’éducation, la formation, la santé et la culture, je crois que nous serons en crise et pour longtemps ! Et pour ça, il faut commencer, en effet, par confisquer toutes ces liquidités avec l’impôt.

  5. @Denis
    Je ne considère pas que la crise de 2008 constitue en soi le dérapage du déficit. Depuis les 30 glorieuses, les dettes des Etats s’accumulent, et leur progression s’affole.
    F. Fillon avait constaté la ruine de son pays en prenant ses fonctions, et cela n’a pas empêché son gouvernement de défiscaliser largement les plus riches au travers de niches fiscales, d’aider les entreprises du CAC 40 – qui, malgré un impôt plus léger que les autres entreprises, avec 8% contre 33%, arrivent en situation bénéficiaire à ne pas payer d’impôt du tout -, d’imposer un bouclier fiscal, de défiscaliser le charges liées à l’emploi, les heures sup’, plus récemment d’alléger l’ISF, bref, de supprimer des recettes fiscales qui apparaissent aujourd’hui comme une solution pour tirer le pays de l’ornière.
    Le pack Fillon revient sur toutes ces mesures dites « phares », avec plus de difficulté qu’il n’en avait eu à saccager le Grenelle de l’environnement.
    Et nous avons tous en tête Christine Lagarde qui semblait nous chanter « tout va très bien, madame la marquise… » lorsque les budgets et défiscalisations étaient votés.
    Rendons à César ce qui est à César, l’actuel gouvernement coupé les recettes fiscales, creusant le déficit avec les dents.
    Mais si la crise de 2008 ne constitue pas en soi l’augmentation du déficit, elle en représente 38%, ce qui n’est pas rien. Et outre ce qu’elle a représenté en terme de part du déficit, il faut aussi compter ces montagnes d’argent dont tu parles qui se sont détournés des marchés privés pour aller chasser sur les marchés publics. Après la crise, nous avions tous compris : finies les ventes à découvert, finis les CDS, on imposerait des comportements vertueux, on allait taxer les transactions. On allait, on allait… et rien de concret n’en est sorti. Même les gouvernances des banques renflouées ou assurées n’ont pas changé d’un iota, et en 2009 les boni des traders on crevé les plafonds, déjà célestes.
    La crise financière n’a pas seulement coûté, elle est aussi une occasion manquée.
    Et nous constatons que les dettes des pays riches ont toutes connu la même envolée. A la différence que la dette des ménages aux USA est catastrophique, tandis que les ménages européens restent attachés à l’épargne. Mais aller taper dans les bas de laine ne représente pas un argument électoral massue. Gare à qui s’y attaque.
    Pour orienter les investissements privés vers l’infrastructure, il faudra que le capital n’ait pas d’autres choix que de se placer vers des investissements à long terme et de peu de rendement. Et qu’il n’ait plus la possibilité de se placer sur des jeux à court terme, avec d’énormes rendements, ou d’énormes quantités de micro-échanges à très court terme et de rendements plus matgre, mais dont la quantité fait l’intérêt.
    Il est à considérer que le Glass-Steagall Act instauré en 1933, amendé dans les années 80 et aboli en 1999, ne tenait qu’en une seule page. Et que cet loi a tenu des décennies.
    Obama a tenté de rétablir un nouveau « banking act » sur le modèle de celui qui avait été défendu par le procureur Pecora en 1933. Mais en plus de 300 pages, il est constitué essentiellement d’exceptions.
    En attendant des mesures permettant de structurer les investissements, l’argent des ménages, même non rémunéré, sert à jouer au casino mondial, sans garanties pour les populations.

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