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C’est la crise finale !

Par      • 28 Sep, 2008 • Catégorie(s): Finances  Finances    

L’apport théorique de John Maynard Keynes avait rejeté le spectre de la crise systémique du capitalisme aux oubliettes de l’histoire. La crise financière que le monde connaît redonne-t-elle du sens à la théorie marxiste de l’accumulation, de la suproduction, de la baisse du taux de profit et de la révolution salvatrice ?

Les crédits font la monnaie !

Ce sont les crédits qui font la monnaie. Autrement dit, comme le système bancaire mondial est presque complètement privatisé, ce sont les banques qui font la monnaie sans aucun contrôle. Avant que notre système bancaire ne connaisse la dérégulation, le crédit était strictement encadré : les banques de dépôts françaises devaient respecter des critères stricts entre le montant de leurs encours et leurs fonds propres. Cette règle, même si la Banque de France veille encore à son application, est aujourd’hui détournée par les banques françaises. Par la création de nombreuses filiales, elles ont diversifié leurs activités mélangeant produits d’assurance et d’épargne et activités de banques d’affaires.

L’invraisemblable est arrivé !

La crise actuelle vient du fait que les banques de dépôts ont « titritisé » leurs crédits en actions. De plus, pour vendre leurs actions, elles ont accordé des crédits à leurs acheteurs. Mon professeur de finances, il y a 22 ans, alors que je frottais mes jeans troués sur les bancs de la faculté de Sciences Eco de Rouen, nous avait expliqué l’invraisemblance de ce scénario, c’est-à-dire, la transformation de la masse monétaire M2 en actions. L’invraisemblable, à l’heure où Wall Street invente un nouveau produit financier tous les 24 heures, vient de se produire. 2 millions d’Américains se trouvent aujourd’hui sans logement.

Que faire ?

Si nous voulons d’urgence colmater la brêche, le législateur doit prendre des mesures drastiques visant à la séparation de l’ensemble de ces activités. Les assureurs doivent s’occuper de l’assurance ; les banques de dépôts doivent se limiter aux crédits et aux dépôts de leurs clients ; les banques d’affaires aux actions et au risque. L’émergence de fonds souverains publics dans le secteur traditionnellement dévolu aux banques d’affaires permettrait à la fois de développer les TPE et les PME, notamment sur les marchés à l’exportation. Ces fonds, par des exigences moindres en terme de rendement financier, favoriseraient par conséquent les investissements productifs et l’économie réelle. Seules 2% des transactions bancaires concernent l’économie réelle. A quand la mise en place de la taxe Tobin ?

A qui la faute ?

L’idée phare des conservateurs est de croire à la spontanéité de l’équilibre. C’est la raison pour laquelle ces idéologues qui en sont toujours restés au XIXième siècle n’ont même pas pris la peine de se nourrir des enseignements de l’analyse systémique. Ils aiment les idées simples. Ils aiment aussi les faire partager au bon peuple en s’appuyant sur leurs amis qui contrôlent les médias. Or que nous dit l’analyse systémique ? Que l’équilibre naît de l’interaction des systèmes et de l’existence de systèmes de pilotage au sein de chacun de ces systèmes. Or la finance mondiale, complètement déconnectée de l’économie réelle, a aujourd’hui l’allure d’un canard sans tête. Tous les ingrédients sont donc rassemblés pour que le monde connaisse une crise systémique de grande ampleur. On ne peut réinventer l’Etat en quelques années alors que nous l’avons tué durant près de 30 ans. Si nous revenons au pouvoir, nous serions bien inspirés de réarmer l’Etat en lui donnant les outils pour affronter la chienlit financière. Les socialistes français ne pourront toutefois rien faire s’ils sont seuls.

A chaque fois que l’État se désengage, dans les transports, dans l’énergie, dans les communications, dans la santé, dans l’éducation, dans la culture, c’est au mieux une baisse de la qualité des services rendus assortie d’une augmentation des prix pour les consommateurs. Il suffit de se souvenir de l’exemple britannique dans les transports ferroviaires et de la gestion de l’électricité en Californie où les entreprises privées ont sciemment organisé la pénurie. Dans certains secteurs, la concurrence n’a de sens que si l’État y reste présent. L’exigence d’actionnaires de plus en plus gourmands est difficilement conciliable avec une baisse « spontanée » des prix pour les consommateurs. Après tout, nous pouvons aussi croire au Père Noël.

Nous pourrissons de l’absence de compétences réelles d’un monde politique devenu la marionnette servile d’acteurs économiques dont le seul moteur est devenu l’argent. Avec 700 milliards de dollars, le plan Bush-Paulson n’est qu’un cautère sur une jambe de bois. N’avait-on rien de mieux à faire de cet argent ?

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10 Réponses »

  1. La politique de sarkozy ne fait que nous amener toujours plus vers ce sytème. Il voit aujourd’hui de l’utilité dans l’intervention de l’Etat dans l’economie, seulement quand l’Etat intervient pour rembourser une dette privée . C’est un peu gros, on spécule, donne des crédits sur des crédits sur des crédit avec l’epargne de ceux qui ont indviduellement le moins d’argent, on perd cet argent et rembourse le trou de nouveau avec l’argent des mêmes… d’ailleurs vu au zapping de canal+ laurence ferrari qui dit aux téléspectateurs accros du 20h de surtout bien laisser leur épargne à la banque ! foulage de jeule

    ayez confiance …

  2. Le comble du culot :

    « Crise: l’UMP lance ses ateliers de la « refondation du capitalisme »

    L’UMP lance, à partir du 15 octobre, un cycle d’ateliers sur la « refondation du capitalisme » pour apporter « sa réponse à la crise » financière internationale, a annoncé lundi son secrétaire général Patrick Devedjian, lors du point de presse hebdomadaire. »

    AFP

    Après le discours de Toulon et à ce rythme là , le camarade Sarkosy présentera ses vœux , le 1er janvier sur « TF Pravda » , en col Mao et au son de l’Internationale en compagnie du 1er ministre , O . Besancenot
    ( Fillon étant en camp de rééducation en Corrèze,à Bity,avec Chirac ) . En ces périodes de crise est-il encore bon d’avoir des guignols… ???

  3. Allons, allons, tout ça est parfaitement cohérent; la crise financière a eu l’outrecuidance de ne pas demander leur avis ni à l’UMP ni à Devedjian.
    Si je me réfère aux discours de députés umpistes entendus « accidentellement » à l’occasion d’inauguration de chrysanthèmes et à leur conception de l’économie de marché, où le souffle vulgaristeur le disputait à la grandiloquence, ça nous promet un joli monument de langue de bois, celui avec lequel on fait les gros sabots…

  4. L’UMP vient de légaliser la vente de marijuana !! si..si…lisez cette nouvelle de l’AFP et vous allez comprendre:

    « Crise: haro de l’UMP sur les paradis fiscaux et le secret bancaire

    L’une des porte-parole de UMP, Chantal Brunel, dénonce mardi « l’hérésie fiscale » que sont, selon elle, les paradis fiscaux et demande que l’on « s’attaque » au secret bancaire pratiqué dans certains pays de l’Union européenne. »

    AFP

    Alors que les premiers procès pour les fraudeurs allemands des comptes au Liechtenstein ont débuté (Un accusé, coupable d’avoir dissimulé 11 millions d’euros au Liechtenstein, a écopé de deux ans de prison avec sursis et d’une amende équivalente à ses arriérés d’impôts ), que la justice belge a ouvert une enquète , nos faudeurs français ,eux,dorment sur leurs deux oreilles .
    Et tenez vous bien l’UMP découvre les paradis fiscaux . Demain , je parie que Frédéric LEFEBVRE ( vous savez l’exapérant et souvent désespérant porte-parole du partie d’extrème gauche : l’UMP ) , va découvrir le scandale des éxilés fiscaux , et clouer au pilori les Johnny Halliday , Henri Leconte et consorts ( Tiens , des supporters de Sarko , le monde est petit… !!)

    A suivre….. , nous vivons décidement un monde étonnant !! ( A quand Lagarde en « passonaria » des masses prolétariennes de Neully, plus rien ne peut me surprendre .)

  5. Rectif : “passonaria” peut être “pasonaria” . Es mejor no? si? qué se le va a hacer .

  6. Et en plus il met un « e » à parti .
    Peut-être , mais L’UMP se serait-il pas un parti de « neuneu » . Alors pardonné ? .

  7. Non , car il faut un « s » à « neuneu » , en effet à l’UMP ils sont plusieurs ( et souvent même de trop ) .

    PS : neuneu adjectif et nom
    pluriel neuneus
    Fam. Niais, sot, bêtifiant. Une émission neuneu.

    Le Petit Larousse illustré 1999. © Larousse, 1998.

  8. > La crise actuelle vient du fait que les banques de dépôts ont “titritisé” leurs crédits en actions. De plus, pour vendre leurs actions, elles ont accordé des crédits à leurs acheteurs.

    Et dire que certains économistes appelaient cela une innovation il y a encore quelques semaines…

    Un documentaire de 52 minutes sur notre système monétaire. C’est aussi un moyen-métrage d’animation. Son titre: L’argent-dette:
    http://vimeo.com/1711304?pg=embed&sec=1711304
    Je ne peux que vous le recommander fortement.

  9. C’est d’autant plus hilarant que je suis tombé sur cette curieuse information sur le site de 20 minutes : http://www.u-m-p.org/propositions/index.php?id=credit_hypothecaire
    http://www.20minutes.fr/article/258862/Economie-En-2007-Nicolas-Sarkozy-promettait-de-lancer-des-subprimes-a-la-francaise.php

    Il s’agit d’une proposition électorale de l’UMP qui propose ni plus ni moins de déréguler le crédit d’accession à la propriété… Oups… ils ont eu chaud, ce n’est pas encore passé… Mais ça risque de revenir un peu plus tard quand les esprits (esprit = médias) se seront calmés !

  10. Mais oui ! mais oui ! à la suite du discours de SARKO à Toulon , on peut mesurer l’hypocrisie du personnage aux vues ( à la lecture plutôt) de ses déclaration :
    « Je veux développer le crédit hypothécaire en France. C’est ce qui a permis de soutenir la croissance économique aux Etats-Unis »
    Nicolas Sarkozy, les Echos, 9 Novembre 2006
    (On en voit les conséquences aujourd’hui !! )
    Et cette nouvelle, pas mauvaise non plus :

    Les syndicats de magistrats se sont vivement émus des propos de Nicolas Sarkozy devant le Medef jeudi 30 août 2007, le président affirmant vouloir « mettre un terme » à la pénalisation du droit des affaires.
    « La pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur, je veux y mettre un terme », a déclaré le chef de l’Etat, lors de l’université d’été du mouvement patronal à Jouy-en-Josas (Yvelines).
    Nicolas Sarkozy a dit vouloir « rendre aux Français le goût du risque » et « le goût d’entreprendre » mais « comment y parvenir si au risque financier s’ajoute systématiquement le risque pénal? Si la moindre erreur de gestion peut vous conduire en prison? »
    Déplorant que « tant et tant de contentieux qui pourraient être réglés au civil (…) viennent embarrasser nos juridictions correctionnelles et notre droit pénal », le président a annoncé que la ministre de la Justice Rachida Dati ferait « très rapidement des propositions ».

    NOUVEL OBS

    Et le Môssieur veut moraliser le capitalisme mondial ! . Etonnant non ? Décidemment nos médias ont la mémoire bien courte .