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Ruissellement et eaux pluviales : la socialisation des pertes

Par      • 12 Juil, 2008 • Catégorie(s): Agriculture  Agriculture   Economie et social  Economie et social   Environnement  Environnement    

A la lecture de la section 2008 du budget de la communauté des communes rurales du canton de Brionne, je me suis arrêté sur le montant de l’investissement consacré aux eaux pluviales et au ruissellement. 38% du total de l’investissement, soit 735950 euros ! De quoi s’agit-il ?

Nous continuions à payer la conjonction de la pression rurbaine, de l’augmentation de la surface consacrée à la voirie (autoroute A28, élargissements, ronds points), du remembrement lié au productivisme agricole. On peut y ajouter la mise aux normes des installations laitières qui a amené certains agriculteurs à transformer leurs prairies en champ de culture, arrachant au passage les haies ancestrales qui les entouraient. Je ne leur jette pas la pierre. Ont-ils le choix pour survivre ? Résultat : plus de haies, plus de fossés pour arrêter l’eau. Les mares se remplissent de boue et ce seront les collectivités qui auront encore à payer leur curage.

Comme il n’y a plus rien pour arrêter l’eau, alors nous construisons d’affreuses mares artificielles appelées bassins de rétention qui, auparavant, pour la plupart étaient du ressort de l’initiative privée. D’ici que nous ayons à financer la replantation de haies alors que nous avons financé et subventionné leur arrachage. Nous marchons sur la tête. Pendant ce temps, le prix des denrées agricoles s’envole et nous sommes heureux de voir que ceux-là même qui bénéficient de tous ces travaux s’enrichissent plus vite que ceux qui les paient. A défaut d’y voir de la justice, j’y vois hélas beaucoup de logique.

Ce sont souvent ceux qui dénoncent avec véhémence l’assistanat (quel affreux mot) et sa cohorte de dépenses sociales corollaires qui savent en bénéficier le plus (1).

(1) Dans un tout autre domaine, je pense tout particulièrement à la famille De Wendel et à l’un de ses dignes représentants en la personne d’Ernest-Antoine Sellière de Laborde qui aura très largement bénéficié des fonds européens et nationaux.

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2 Réponses »

  1. « Comme il n’y a plus rien pour arrêter l’eau, alors nous construisons d’affreuses mares artificielles appelées bassins de rétention qui, auparavant, pour la plupart étaient du ressort de l’initiative privée. »

    Et qui ne servent à rien, j’ai lors de mes études (agricoles) travaillé sur des projets de bassins de rétention dans le pays de caux, et autant te dire que cela ne sert à rien, c’est comme planter une haies dans le désert.

    « D’ici que nous ayons à financer la replantation de haies alors que nous avons financé et subventionné leur arrachage »

    Mais c’est déjà le cas Denis, je n’ai pas chiffre exact en tête, mais je peux t’affirmer que la plantation de haies est subventionné.
    Malheureusement les subventions, aides directes, allocation, etc… inutiles ne s’arrête pas là (tu vois de quoi je parle :-) )

  2. Un exemple parmi tant d’autre :
    http://www.thierache-aumale.fr/ccta/spip.php?article7