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Qui est l’agriculteur français ?

Par      • 20 Sep, 2007 • Catégorie(s): Agriculture  Agriculture   Economie et social  Economie et social   Environnement  Environnement    

Les pesticides ne tuent pas que les mauvaises herbesJ’avoue être de plus en plus perplexe sur l’évolution de notre agriculture.

La semaine dernière, j’apprenais qu’en réalité, les agriculteurs en dehors des cultures du blé et du colza (et encore) ne s’occupent même plus de semer et de récolter leurs cultures. C’est en grande partie le cas du lin, de la betterave et de la pomme de terre. Ils se contentent de labourer et surtout de traiter massivement. Pour la moisson du blé, ce sont des sociétés qui organisent la récolte en faisant remonter leurs moissonneuses du sud vers le nord de la France. Rares sont les agriculteurs qui possèdent aujourd’hui leur propre matériel !

C’est ainsi que j’ai appris que la culture de la pomme de terre s’effectuait par contrat avec des sociétés privées – en réalité de grands groupes – chargées de « semer » les plants et de les récolter avec des machines spéciales. L’arracheuse de pommes de terre coûte 120 000 euros et exige l’utilisation d’un tracteur dont la puissance l’amène à consommer 100 litres de gasoil la journée.

L’augmentation du prix des terres, la pression qu’exerce l’urbanisation croissante des zones rurales amènent les agriculteurs à pousser les rendements. Par crainte des maladies et du mildiou pour les pommes de terre, les traitements effectués se font à des doses exceptionnellement élevées faisant craindre une catastrophe sanitaire de grande ampleur à l’image de ce que connaît la Martinique.

J’aimerais savoir si les agriculteurs mangent les pommes de terre qu’ils cultivent.

Au risque de me répéter, compte tenu de l’état du marché, il serait temps et grand temps de se poser les bonnes questions.

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5 Réponses »

  1. Ce n’est pas tout à fait exact Denis. La majorité des céréaliers de notre département sèment et récoltent leurs céréales. Il est vrai que des « entrepreneurs » agricoles, possédant de grosses machines, viennent en soutien des céréaliers, notamment si la météo n’est pas de la partie. Il y a une certaine notion de course contre la montre dans la récolte des céréales estivales. Ils moissonnent également pour les petits paysans (- de 100 ha sur notre secteur) qui là effectivement ne possèdent pas tous le matériel ncessaire. Même chose pour les betteraves sucrières.
    Sinon, tu as raison pour la culture culture du lin. Concernant la culture de la pomme de terre, de gros tracteurs ne sont pas utiles, et une consommation journalière de 100l de gasoil me parait faible.
    No comment sur les engrais et produits phyto-sanitaires… les agriculteurs sont les premiers touchés par certains cancers et problèmes d’infertilité masculine.

  2. Il s’agit d’une société des Ardennes (?) qui contractualisent avec les agriculteurs du coin.

    L’exemple concerne des exploitants dont la surface dépasse les 100 ha. Ils sosnt de plus en plus nombreux compte tenu de la baisse de la démographie agricole annuelle.

    Dans l’en-tête du billet, j’excluais les céréales comme tu as pu le constater. ;+) Peut-être ai-je manqué de précisions !

  3. Un autre phénomène vient encore accentuer la baisse de la démographie et la concentration des exploitations.
    Jusqu’en 2004 prévalaient les aides directes proportionnées à la surface et liées au type de production.
    A partir de cette date, se sont mis en place progressivement les DPU (Droits à Paiement Uniques), tout au moins la déclinaison française de cette directive européenne.
    Là ou auparavant les cessions d’exploitation se faisaient sur une base uniquement liée au foncier (ce qui n’excluait pas manoeuvres et dessous de table), l’instauration des DPU a complétement déconnecté le foncier et l’attribution des aides.
    C’est à dire qu’un agriculteur qui part en retraite peut très bien louer ou vendre ses terres à son successeur et utiliser ses DPU comme un levier sur le coût de la cession, voire carrément les négocier auprés d’un autre…
    La marchandisation du droit à exister, en quelque sorte…

  4. c’est pas nouveau ça ! « dans le temps » la moisson était l’affaire d’un village entier et la moiss’bat’ tournait en collectif. Avec l’arrivée des machines ça s’est poursuivit, vu le prix des machines :) ça permetteait d’ailleurs à certains agriculteurs d’arrondir les fins de mois, car ils se « louaient » à des propriétaires de machines, sur quelques semaines, tournant sur un ou 2 departements, bossant presque 24/24 h .

  5. euh,

    Issue d’un bts ACSE (gestion entreprise agricole), issue de parent éleveur, de grand parent viticulteur et ayant réalisé un bac et un bep agricole je connais bien le monde agricole. Actuellement je prépare un master de commerce, et oui je me recycle pour un métier ou on peut être payer et ou tous n’est pas cristallisé.

    Le problème n’est pas la sous traitance des terres ni même les grosses sociétés, elles sont la comme nous pour vivre. Le problème et plutôt a qui appartiennent ces sociétés ou sont leurs capitaux, afin de préserver notre autonomie alimentaire. Cette pratique est logique est devrait être encouragé afin de réaliser des économie d’échelles et éviter les gaspillages présent dans un agriculture vivrière.

    Le problème majeur de ces pratiques et l’appauvrissement de l’écosystème, avec la généralisation et la pérennisation de la monoculture et la destruction de tous les insectes. Elle n’est pas irrémédiable, seulement plus long que notre existence.