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Quand la CITES ne fait pas le poids face à l’argent roi.

Par      • 11 Avr, 2010 • Catégorie(s): Environnement  Environnement    

Quand j’ai commencé ma première thèse de doctorat en droit, elle portait sur l’administration des douanes, protectrice de l’environnement. A l’université elle n’intéressait… personne, mais elle intéressait les gens qui se demandaient ce que je faisais encore à mon âge à la fac et elle réjouissait les douaniers qui en avaient marre de voir sous-évaluée l’ampleur de leurs missions. En effet, ce sont eux qui veillent à l’application de la CITES.

La CITES ? C’est quoi ça ?

Il s’agit de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, connue également sous le nom de Convention de Washington. C’est un accord international entre États, qui a pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie de leurs espèces.

Elle confère une protection – à des degrés différents – à plus de 30.000 espèces sauvages, qu’elles apparaissent dans le commerce sous forme de plantes ou d’animaux vivants, ou encore de leurs dérivés.

La structure de la CITES.

La structure de la CITES.

Comment ça fonctionne ?

La CITES comporte 3 annexes, selon le degré de protection dont les espèces ont besoin. Elle contrôle et réglemente le commerce international des spécimens des espèces inscrites à ces annexes. Toute importation, exportation, réexportation ou introduction de spécimens des espèces ainsi couvertes par la Convention doit être autorisée dans le cadre d’un système de permis. Chaque partie à la Convention – il y a 175 États signataires – doit désigner au moins un organe de gestion chargé d’administrer ce système de permis et au moins une autorité scientifique donnant son avis sur les effets du commerce sur lesdites espèces.

L’annexe I comprend toutes les espèces menacées d’extinction : le commerce de leurs spécimens n’est autorisé que dans des conditions exceptionnelles.

L’annexe II comprend toutes les espèces qui ne sont pas nécessairement menacées d’extinction, mais dont le commerce des spécimens doit être réglementé pour éviter une exploitation incompatible avec leur survie.

L’annexe III comprend toutes les espèces protégées dans un pays qui a demandé aux autres parties à la CITES leur assistance pour en contrôler le commerce.

La procédure à suivre pour procéder à des changements dans l’annexe III est distincte de celle pour les Annexes I et II car chaque Partie est habilitée à y apporter unilatéralement des amendements.

Et face à l’argent ?

La conférence de la CITES s’est réunie pour la quinzième fois fin mars, pour deux semaines, à Doha. Certains succès ont eu lieu, comme la protection des rhinocéros au Kenya et le maintien des restrictions sur le commerce de l’ivoire des éléphants en Zambie et en Tanzanie. Mais quid de l’ours polaire, du thon rouge, des coraux et des différents types de requins ?

S’agissant justement des requins, les votes étaient pourtant majoritairement favorables à des propositions visant à les protéger, mais ces propositions ont été rejetées de peu, car le Japon – soutenu par la Chine et ses homologues asiatiques – a été à l’origine d’une campagne afin de constituer une minorité de blocage ! Il a entamé cette campagne bien avant la conférence et l’a menée au sein des plus hautes sphères grâce au ministère de la Pêche, en incitant fortement les pays en développement auxquels il apporte son aide à suivre ses consignes de vote… En fait, le marché des ailerons de requin est si « juteux » que même certains trafiquants de drogue diversifient leurs activités en entrant dans le cercle !

Quel avenir ?

Selon Susan Lieberman, directrice adjointe du Pew Environment Group et représentante de la délégation du Pew à la CITES, « Les gens aiment à croire que les gouvernements prennent des décisions sur la base de données scientifiques, mais cette conférence de la CITES a montré que ce n’est pas le cas. Les intérêts économiques à court terme l’ont emporté sur les intérêts économiques à plus long terme. Il faut désormais changer de stratégie et travailler directement avec les différents gouvernements. Les pays de l’UE, certains pays sensibles à la protection de l’environnement, ainsi que de nombreux pays en développement sont aujourd’hui conscients que les pratiques de pêche doivent être durables et c’est là-dessus que nous devons nous appuyer. » elle semble pleine d’espoir… moi beaucoup moins… même si je suis positive, je suis aussi réaliste et je me souviens des dires d’un douanier qui sillonnait la planète pour veiller au respect de la CITES et qui a failli à de nombreuses reprises se faire tuer !

L’argent ne peut pas tout acheter. Lorsque notre planète mourra, il ne pourra pas en acheter une autre ! Réveillons nous et faisons pression sur nos gouvernements ! C’est notre avenir, à tous !!!

Crédit photos : la CITES ; Simontagna

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3 Réponses »

  1. Le jour où nous comprendrons que le destin de l’homme est lié au(x) monde(s) minéral, végétal et animal, alors il sera trop tard !

  2. pour l’espèce la plus importante chez nous est menacée : apis melifica

    fr.wikipedia.org/wiki/Apis_mellifera

  3. Viginie,
    Le CITES est important à condition qu’il n’entrave pas les lois fondamentales de la Nature. Mais les cites ne sont pas toujours à jours ni surtout respecté par les contrevenants en tout genre. Les maniaques de la collection d’insectes morts se moque des lois. On ne dit pas de noms mais ils grouillent comme des asticots sur un cadavre. On n’aurait pas dû en arriver là. Je suis entomologiste depuis 20 ans + 10 comme professionnel et je n’ai toujours pas compris ce qu’essaye de faire l’homme. Je préfère les insectes, ils sont moins compliqué !

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