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Parfums de crise économique majeure

Par      • 18 Mai, 2008 • Catégorie(s): Agriculture  Agriculture   Environnement  Environnement    

La crise des subprimes aux Etats-Unis n’est hélas, une fois de plus, que l’illustration de la complication à anticiper les points de renversement de la conjoncture. Ces moments de l’histoire sont singuliers. A certains, ils permettent de s’enrichir. A d’autres de s’appauvrir.

Le renchérissement du coût du carburant à des hauteurs que nous n’avons pas su anticiper est en train de provoquer une secousse systémique dont nous ne savons pas aujourd’hui ce qu’elle entraînera. La répercussion de la hausse des carburants sur les tarifs des compagnies aériennes nous donne un parfum de la crise qui s’annonce dans l’aéronautique. Le transport routier résiste. Pour combien de temps ?

La flambée des denrées de base dans l’agriculture est principalement liée au fait que la mécanisation et le productivisme dans ce secteur font du pétrole l’un des premiers intrants en matière de production agricole. La rhétorique fumeuse autour des agro-carburants ne relève que de l’argutie pure et simple. La seule concurrence alimentaire à celle de l’homme reste les cheptels que nous nourrissons.

Que dire des marins-pêcheurs ? Pour eux, la messe est dite. Incapables d’anticiper, les pouvoirs publics n’auront pas grand chose d’autre à leur proposer que des aides pour les accompagner dans leur grande solitude. La solution est ailleurs.

Plus près de nous, dans le canton de Brionne, sous la conjonction de la hausse du coût du crédit (remboursement mensuel de plus de 1000 euros), de la hausse du carburant et de l’énergie, les jeunes couples qui ont fait le choix de vivre à la campagne – ce doux rêve identitaire français – commencent à vendre les maisons qu’ils ont faites construire récemment. Les petits salaires et les deux voitures à entretenir ne permettent pas d’envisager l’avenir très sereinement à la campagne. Une crise majeure se profile dans l’immobilier des campagnes. Les villes sauront en profiter.

Le monde et la France s’enfoncent dans une crise majeure. Il faut mettre en place, de toute urgence, des dispositifs compensatoires qui nous permettront temporairement d’absorber le choc. Pou rappel, le gaz a augmenté de 4% au 1er janvier et de 5.5% au 1er avril. Il était question de procéder à une hausse de 1.5% au 1er juillet. Le litre de gasoil a atteint 1.40 euro. Jusqu’où les Français pourront-ils l’accepter ?

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Une Réponse »

  1. Dans le domaine de la production céréalière française, pour la part qui concerne l’exportation (récolte 2008, donc à venir), il faut savoir qu’en moyenne, les courtiers qui opérent sur les marchés internationaux sur toute la chaîne commerciale ont déjà acheté et revendu ces stocks virtuels plus de vingt fois.

    Il y a une dizaine d’années, le nombre d’opérations était de trois à cinq.

    Ces gens semblent optimistes sur l’évolution des cours.
    Ils n’ont sans doute pas tort…