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Marins-pêcheurs : la solution est ailleurs !

Par      • 6 Nov, 2007 • Catégorie(s): Agriculture  Agriculture   Environnement  Environnement    

Je veux croire au Père NoëlAh, Nicolas Sarkozy a des solutions à tout. Pour le déficit de la sécurité sociale qu’il contribue à creuser un peu plus tous les jours et aujourd’hui encore, il impose les franchises. Les marins-pêcheurs peuvent certes être contents avec l’exonération renouvelable tous les 6 mois des cotisations sociales patronales et salariales. Leur victoire est avant tout une victoire à la Pyrrhus.

L’épuisement de ressources halieutiques les amène à aller toujours plus loin et à pêcher toujours plus profond. Leur consommation en gasoil ne peut qu’augmenter dans le temps. Le prix du gasoil sera toujours plus cher. A moins de leur donner le pétrole, le poisson sera de plus en plus cher.

La solution ne passait-elle pas par l’allocation d’un revenu d’activité afin que ces marins-pêcheurs participent, pour une part d’entre-eux, à un programme de repeuplement des plateaux continentaux ? Les fonds publics ne peuvent-ils pas être alloués à un vaste plan de développement d’une aquaculture respectueuse de l’environnement marin ? Ces dispositifs auraient l’avantage de minimiser la consommation de carburants en limitant les distances aux lieux de pêche et l’énergie du fait d’une pêche moins « profonde ».

Les solutions proposées manquent singulièrement d’imagination. Elles s’inscrivent dans le court-terme et ne répondent en rien aux problèmes structurels posés. Sarkozy risque de faire des émules : agriculteurs, transporteurs, taxis. Côté pouvoir d’achat, ce sont toujours les mêmes – c’est-à-dire vous et moi – qui devront se serrer la ceinture !

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8 Réponses »

  1. Apparemment, l’aquaculture ne pourrait être en l’état actuel une solution de rechange pérenne.
    On estime (à vérifier) que la production d’une unité consommable de poisson d’élevage nécessite 5 à 7 fois sa masse en nourriture « sauvage » qu’il faut de toute façon aller chercher.
    Sauf que : le revenu d’activité au moins partiel aurait le quadruple avantage de ne pas dénaturer le métier, d’alimenter une aquaculture « raisonnée » en ne rejetant pas systématiquement à la mer la plus grosse partie des captures (non nobles), de diminuer drastiquement la pression sur les espèces les plus menacées, et en fonction de l’évolution de la reconstitution des stocks naturels, d’ajuster finement et en continu le ratio pêche/élevage, en d’autres termes de se doter d’un outil de gestion de la ressource.
    Dernier avantage, peut-être pas le moindre: enfoncer un coin dans la logique qui veut laisser le marché décider de tout.

  2. Effectivement, les masses d’aliment pour l’aquaculture sont importantes dans une vision productiviste. Ne négligeons pas la conchyliculture. Nous sommes d’ailleurs l’un des pays leaders en Europe.

  3. Le mauvais exemple
    Le président de la République vient de donner le mauvais exemple ; l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Les marins-pêcheurs ont besoin certainement d’être aidés, mais pas de cette façon d’amateurisme. Les difficultés qui se posent aujourd’hui aux marins pêcheurs, demandent plus de discussions et plus de sérieux. Le secteur de la pêche est en grande difficulté, ce n’est pas lié uniquement à la hausse du pétrole et de la France. La majorité des pays européens ont su s’adapter aux nouvelles règles qui régissent la pêche. Nous avons laissé faire, et laisser penser à nos marins pêcheurs qu’ils avaient encore le temps de continuer comme au bon vieux temps en fermant les yeux sur les problèmes qui inévitablement se présenteraient à eux. Ces erreurs nous les payons aujourd’hui. La modernisation de notre secteur halieutique, il fallait y penser par un investissement plus conséquent qui n’a pas été fait. Oui, il fallait mener une véritable politique de la pêche sur le long terme avec les acteurs concernés ; et qui nous aurait évité aujourd’hui les galéjades du président de la République. La hausse du pétrole, elle fait mal à tout le monde. Aux transporteurs routiers, aux taxis, aux marins pêcheurs, aux retraités qui se chauffent au fioul, etc. Il faut une politique cohérente et équitable de l’énergie qui ne pénalise pas les plus vulnérables !

  4. @ gwadaboul:

    Pourriez-vous expliquer en quelques mots comment vous verriez les choses, svp ?

    Merci…

  5. @eguor,
    il aurait été préférable d’aider financièrement les marins pêcheurs à se restructurer dans le contexte économique.

  6. +1

  7. gwadaboul a raison c’est comme ça qu’il faut voir les choses.

  8. ne pourrait-on pas affecter la production de biocarbuarnts aux marins pêcheurs et aux agriculteurs, de cette manière ils ne seraient plus affectés par les fluctuations du cours du baril ?