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Jusqu’à quand ?

Par      • 11 Fév, 2009 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social   Environnement  Environnement    
Les amis dAnticor 44

La société de marché serait-elle en train de détruire l'humanité ?

Depuis le début de l’année, le contexte dans lequel se déroule l’activité professionnelle dans ma région tend à se teinter d’un alarmisme que je n’avais jusqu’alors jamais éprouvé.

Dans le tissu des PME locales, se produit une radicalisation sans précédent des rapports sociaux allant de la charrette d’intérimaires due au « pétage de plombs » d’un DRH à la destruction de matériel dans une entreprise dont la délocalisation est planifiée pour le mois prochain en passant par la rupture de contrat par voie de fait.

Je pense avoir remarqué que cette dégradation est moins due à la relative baisse prévisionnelle du niveau d’activité qu’au sentiment diffus que désormais l’existence même de ces entreprises est entièrement soumise au bon vouloir de leurs créanciers. Les diverses interventions de l’état et des institutions en général concernant la situation sont perçues comme des solutions de la dernière chance.

Dans les faits, les critères déterminant l’autorisation d’une simple ligne de découvert aux besoins d’investissement les plus importants semblent s’être considérablement durcis. Au-delà du discours du gouvernement promettant de récupérer 6 ou 8 % sur le « prêt » aux banques, il est remarquable qu’on leur laisse toute latitude pour générer ce volume d’intérêts. Un des effets pervers de ce laisser-faire inconditionnel est d’accentuer la tendance naturelle des financiers à minimiser les risques ou à les faire supporter aux autres.

Alors qu’aux États-Unis l’injection d’argent public atteint la somme colossale de 2000 milliards de dollars dont un quart pour le rachat de créances pourries, on peut raisonnablement penser qu’en Europe, nous n’en sommes qu’au début du renflouement du système. Il est vrai qu’au sens strict, cet argent n’existe pas, ce n’est qu’une dette, un engagement sur l’avenir appuyé sur des actifs dont la valeur risque de fondre comme neige au soleil.

Cette illustration de la criante carence politique à encadrer un système financier qui a réussi à imposer ses modèles de rentabilité dans tous les aspects de l’activité humaine est pour moi celle de la démission et de la liquidation totale d’un système de valeurs qui jusqu’ici fondait la cohésion de nos sociétés.

Presque trois décennies de croyance crasse en la capacité du marché à s’autoréguler au profit de l’immense majorité sont-elles derrière nous ?
On pare au plus pressé, on s’agite, on proclame… Mais n’est-ce pas pour permettre à un système basé sur la spoliation de continuer à perdurer jusqu’à l’extrême limite ?

Cet instinct de survie est un instinct de mort…

Jusqu’à quand va-t-on tolérer cela ?

Pour ma part, j’ai décidé de changer de banque pour une autre supposée plus « solidaire ». J’ai bien conscience de l’aspect dérisoire de la démarche, mais je n’ai rien trouvé de plus intelligent à faire…

Crédit photo : www.wineed.fr, les amis d’anticor 44

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3 Réponses »

  1. C’est déjà ça, chacun fait selon ses moyens et à sa mesure !

  2. Je reste un fervent partisan de la création d’un pôle bancaire publique. La création de monnaie (de crédits) est une affaire bien trop sérieuse pour être confiée au marché.

    Il y a eu un croisement entre nos 2 billets : le tien sur les banques et le mien sur Carlos Ghosn… pour parler de la même chose dans des mots différents.

  3. A ce sujet, une page très claire sur Attac France :

    http://www.france.attac.org/spip.php?article9183

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