La voix militante de citoyens d'ici et d'ailleurs

Nucléaire : le testament de Georges Charpak

Par      • 1 Oct, 2010 • Catégorie(s): Energie  Energie    

Georges Charpak était un homme de raison bien avant d’être un homme de sciences. Pour lui, l’élévation de l’homme passait, avant tout, par l’éducation et son dernier combat fut, au travers de son projet « La main à la pâte » initié en 1995, de contribuer à la lutte contre l’échec scolaire en donnant le goût des sciences par l’alphabétisation scientifique. Dans une émission de télévision, il nous rappelait que nous devions très largement l’accroissement de notre espérance de vie au progrès scientifique.

Spécialiste en physique nucléaire, l’ancien prix Nobel de physique avait publié le 10 août 2010  une tribune dans les colonnes de Libération aux côtés de Jacques Treiner, professeur émérite à l’université Pierre-et-Marie-Curie, et de Sébastien Balibar, directeur de recherche au CNRS et à l’école normale supérieure. Georges Charpak y demandait l’arrêt du projet de fusion nucléaire autour de la production du réacteur ITER pour plusieurs raisons.

La première est qu’en mobilisant les crédits sur ce projet, la recherche française se privait de moyens de recherche plus importants en matière d’avenir énergétique. La deuxième est liée à la forte irradiation que provoquerait la fusion et notre incapacité technique à trouver des matériaux qui résisteraient à l’irradiation sur le plan mécanique.

Le scientifique s’exprimait dans les colonnes de Libération en ces termes :  « c’est immédiatement qu’il faut économiser l’énergie, et remplacer les combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon), responsables du réchauffement climatique, par de l’énergie propre. » Convaincu que le nucléaire était une grande part de la solution, il regrettait la décision « politique » de Lionel Jospin d’arrêter Superphénix, un prototype de centrale nucléaire de 4e génération qui aurait permis, selon les mots de Georges Charpak, de transformer « les déchets actuels en combustible » et de fournir « de l’énergie propre pour au moins cinq mille ans« . Il est étonnant de voir que l’ancienne ministre de l’environnement, Dominique Voynet,  avait soutenu ITER contre Superphénix, fermé en 1998. « On pointe trop souvent le nucléaire du doigt pour des raisons politiques, en jouant sur la peur des gens. »

A l’heure où la France fait le choix très solitaire et très dangereux de l’EPR, faut-il que nous reprenions Superphénix ?

Références

Crédit photos : Lycée professionnel Déodat de Toulouse, Fnac

Voie Militante Voie Militante

Tags : , , , ,

4 Réponses »

  1. Il n’avait que 86 ans…
    On lui doit notamment le fait de se prendre 100 fois moins de radiation quand on a besoin de passer une radiographie !
    C’était un grand esprit.

  2. @Virginie

    Je ne savais pas.

    J’aurais tant aimé qu’il s’exprimât sur l’EPR !

  3. Je te croyais 100% anti-nucléaire ?

    Parce que la surgénération avec Phoenix c’est bien, mais utiliser le sodium pour le refroidissement est très dangereux, car au moindre contact avec l’eau … boom !
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Surg%C3%A9n%C3%A9ration

  4. Ai-je écrit que je partageais l’avis de Georges Charpak ?

Laisser une Réponse

*