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Actualités du nucléaire

Par      • 26 Mar, 2011 • Catégorie(s): Energie  Energie    

Oui, dans le nucléaire, les cons volent en escadrille !Il peut arriver que nous ayons raison contre le monde entier. Après les catastrophes de Three Mile Island, de Tchernobyl et de Fukushima, seules l’Inde, la Chine et l’Europe de l’ouest  ont été fort heureusement épargnées. Pour combien de temps ? Quand les cygnes noirs volent en escadrille, l’imprévisible devient hélas totalement prévisible ! Une version plus moderne de ce que Michel Audiard avait su si bien nous dire : « Quand les cons voleront, tu seras chef d’escadrille. »

Fermetures et moratoires partout dans le monde ?

Canada. Le président d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, n’exclut pas la fermeture de la centrale nucléaire de Gentilly-2. Pour rassurer le petit peuple, l’industrie nucléaire canadienne et la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) se répandent dans les médias et Internet pour réaffirmer toute leur foi dans la fiabilité du  réacteur CANDU. Amen. Dans le même temps, 73 000 litres d’eau déminéralisée faiblement radioactive se sont déversés lundi dans le lac Ontario suite à un incident survenu dans une centrale nucléaire canadienne. Rassurant. Pas suffisant, en tout cas, pour faire taire les écologistes québécois qui crient au charron dans la perspective de la construction de deux réacteurs nucléaires à la centrale ontarienne de Darlington, à l’est de Toronto !

Etats-Unis. Les vents chargés de particules radioactives issues de la centrale nucléaire Fukushima-Daiichi semblent charrier, en plus de l’iode 131 et le césium 137,  un revirement de l’opinion américaine sur la question du nucléaire civil. 52% des américains se déclarent hostiles à l’essor du nucléaire dans leur pays.

Europe. L’Union Européenne, par la voix de Günther Oettinger, commissaire européen à l’Energie, serait amenée d’ici la fin de l’année à tester la sûreté des centrales nucléaires des pays de l’Union. Dont la France. De son côté, sans attendre, Angela Merkel a annoncé la fermeture de 7 centrales nucléaires allemandes construites avant 1980. La France poursuit, quant à elle, leur exploitation. Pour la chancelière allemande, « Plus tôt l’Allemagne sortira du nucléaire, mieux ce sera« . Les Allemands approuvent  à 80% la sortie de leur pays du nucléaire. En Italie, le gouvernement de Berlusconi vient de prononcer un moratoire d’un an concernant la reprise du nucléaire.

Chine. Même pas peur : les Chinois continuent le programme de construction de nouveaux réacteurs. Actuellement, les 13 réacteurs chinois sont tous en front de mer, à la merci d’un tsunami.

Turquie. Malgré les risques sismiques, la Turquie continue son programme nucléaire. Ankara et Moscou ont conclu un accord en 2010 pour construire un réacteur à Akkuyu, dans la province de Mersin, au sud de la Turquie. Le gouvernement turc est en pourparlers avec le japonais Sinpo pour la construction d’un 2e réacteur dans le nord de la Turquie. Oui, les cons volent en escadrille !

Nucléaire et démocratie

France. Michèle Rivasi, députée européenne EELV, nous rappelle très justement que « dans les pays où il y a eu un vrai débat démocratique, le nucléaire a reculé« . L’UMP et le PS ne semblent pas spécialement disposés à débattre sur cette question.Ayant sans doute une occasion de se taire, Bernard Kouchner a jugé ridicule de sortir du nucléaire demain. Les Allemands seraient-ils plus ridicules que l’ancien ministre des affaires étrangères de Nicolas Sarkozy et ancien expert en distribution de sacs de riz devant des caméras ?  Un ancine de tout. Un ancien de rien surtout. Tout ce qui touche le nucléaire est, dans notre pays, marqué du sceau « Secret défense« . Difficile, dans ces conditions, en effet d’organiser un véritable débat démocratique ! RAP en appelle à un peu plus de décence de la part d’Edf qui profite de la crise pour nous rappeler toutes les vertus de la production électrique d’origine électro-nucléaire. Henri Proglio, qui cumule les présidences de Véolia et d’Edf, s’est même fendu d’une lettre aux salariés d’EDF pour leur rappeler que la période était délicate pour l’industrie nucléaire. Du coup, le conseiller scientifique de Nicolas Hulot, Jean-Marc Jancovici, monte au front pour défendre le nucléaire qui, selon ses dires, ferait partie de la solution. Oui, mais laquelle ? Celle d’Henri Proglio et d’Anne Lauvergeon ou celle de Nicolas Hulot, dont la fondation est sponsorisée par EDF ?

Italie. Wikileaks nous apprend que le choix de l’électro-nucléaire se serait fait, en Italie, à renfort de pots de vin.

Centrales françaises

FessenheimLes riverains de la centrale n’ont même pas peur. Les  pharmacies de Fessenheim et du village voisin, chargées de renouveler le stock de pastilles d’iode, ne semblent pas connaître la crise. Une situation enviable par les temps qui courent ! Les représentants allemands de la Commission locale d’information et de surveillance (CLIS) ont présenté une demande de moratoire. Pour rappel, Ségolène Royal avait réclamé la fermeture de Fessenheim dès 2007.

Flamanville. Dans les mêmes conditions, la centrale nucléaire française de Flamanville aurait connu les mêmes avaries que celle de Fukushima. Certains en viennent à douter même de l’infaillibilité supposée de nos centrales. Et, pourtant, nos brillants ingénieurs nous l’ont rappelé : le risque zéro n’existe pas. Avouons que, dans le cas du nucléaire, il n’est pas tout à fait du même ordre.

Fukushima

Japon. L’origine des fumées noires au dessus du réacteur n°3 serait liée à l’endommagement de la cuve du réacteur qui déverserait le corium en fusion (à près de 2500°) sur le fond en béton du réacteur. Depuis 1972, les experts avaient pourtant fait remarqué que  le caisson de confinement Mark 1 des réacteurs de Fukhisma-Daiichi était inadapté. L’AIEA avait averti les autorités japonaises qu’un séisme pouvait exposer les centrales japonaises à des problèmes sérieux. C’est très sérieusement que le 1er ministre japonais a conseillé aux Japonais de se prémunir des pluies « radioactives » avec un parapluie. Arriveront-ils, avec leurs parapluies, à se protéger du MOX fourni par Areva et renfermant 6 à 7% de plutonium ? Voilà ce qu’en disait Greenpeace dès 2001 :

La sécurité des réacteurs nucléaires alimentés par le MOX est sérieusement compromise par deux éléments importants : les problèmes liés à sa conception et le contrôle qualité des pastilles de MOX, ainsi que les différences de comportement entre le plutonium et l’uranium au sein du réacteur.

Conseils de lectures

Sans oublier François Morel

Crédit photos : Web3u2free, L’an vert, Mais qui est arbon

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