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Marine Le Pen et la droitisation de la société française

Par      • 15 Jan, 2011 • Catégorie(s): Elections  Elections    

A 82 ans, le chef historique du Front National sera parvenu à faire que l’extrême-droite française s’institutionnalise. Lucide, François Mitterrand savait que ce mélange politique empreint de conservation, de populisme et hélas de xénophobie faisait partie de la France et qu’il devait disposer d’une représentation au cœur même de la démocratie française. Le pari est toujours risqué d’accepter le loup dans la bergerie. Jean-Luc Mélenchon, en apôtre mitterrandien qu’il est toujours resté,  n’a d’ailleurs pas dit autre chose : «Madame Le Pen, après son père, est le diable utile du système» Il a totalement raison.

Au nom du père… la fille !

A Tours, c’est finalement la benjamine de la famille Le Pen qui l’aura très largement emporté par 2/3 des 25000 militants face à Bruno Gollnish . Malgré toute l’hostilité de la presse d’extrême-droite, elle aura pu compter sur le soutien inconditionnel de son père. Dans un sondage récent dont nous nous sommes fait ici l’écho, 43% des sympathisants de l’UMP se disent favorables à des accords avec le Front National. Ils n’étaient que 23% des sympathisants du RPR en 2002 à souhaiter de tels accords.

Là où Jean-Marie Le Pen ne sera jamais parvenu à se débarrasser de son histoire personnelle l’amenant souvent à déraper, sa fille, Marine, est en train d’accélérer la recomposition des droites. L’UMP devait être une machine à tuer le centre. Le Front National, tirant toute la société sur sa droite, continue d’enkyster la gauche dans la minorité.

Toute l’admiration de Jean-Luc Mélenchon ?

Impuissant et « admiratif » face aux lascars du Front National, Jean-Luc Mélenchon en fait étonnement  son nouveau modèle politique : «reconnaissons à cette famille le talent d’être en train de réussir ce que peut-être nous, nous ne réussirons pas du premier coup […] Ils sont en train de disputer l’hégémonie idéologique à l’UMP sur leur camp à droite». Là où le député européen commet une erreur, c’est que le Front National est en passe d’être hégémonique dans l’ensemble de la société française. Le mal est aujourd’hui beaucoup plus profond qu’il ne le pense.

Crédit photos : France24, le Québecois libre

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10 Réponses »

  1. Actuellement , j’essaie de proposer une réflexion, sur les raisons du taux d’abstention et du vote important des employés et ouvriers pour l’extreme droite. Premier constat, la gauche institutionnelle ignore cette catégorie socio-professionnelle, résultat son projet ignore une partie du salariat qui réprésente près de 50% de celui-ci.

    La lecture attentive du document Egalité Réelle est révélateur de ce constat, rien sur le temps de travail, rien pour l’amélioration du pouvoir d’achat des salaires.

    Prés de 5 millions de demandeurs d’emploi, dont prés d’un quart a moins de 25 ans, 50% des salariés ont un salaire inférieur à 1580€, le Smic depuis 5 ans est bloqué à un niveau très bas, 90% des salaires mimimum des conventions collectives sont inférieurs au Smic, les conditions de travail qui se dégradent, voir les suicides chez Renault, France Télécom, la Poste etc etc……

    La gauche institutionelle zappe, sur ces questions voir accompagne la stratégie ultra libérale, elle zappe parce que la sociologie de son appareil dirigeant est très perméable aux choix de l’oligarchie financière, ils sortent des memes écoles, ils fréquentent les memes endroits, ils sont interchangeables.

    Résultat, c’est la gauche institutionnelle qui dès 1983 a permis, aux profits d’accroitre leur part dans le PIB au détriment des salaires, cest elle qui après avoir nationaliser, a permis la bourgeoisie française de rentrer dans le cercle de la finance mondialisée, grace aux compensations financières obtenues. le pire s’est qu’après les nationalisations c’est la gauche qui a démentelé l’appareil productif national.

    Bref, la gauche institutionnelle, a rompu ses liens avec le salariat employés, ouvriers plus grave encore elle a pensé qu’il n’existait plus.

    Dans meme temps apparaissait la question des banlieues et des quartiers difficiles, on en fait la cause du malaise social, alors qu’elle en était la conséquence. Pain béni, pour le Medef, la question sociale n’était plus au coeur de l’entreprise. L’ensemble des sphéres dirigeantes y trouvaient leur compte, les médias faisaient de l’audience et passaient en boucle les voitures qui brulent, plus facile que de présenter une usine occupée, pour des renvendications salariales ou autres. Coup double cela permettait de restreindre l’action et de déstabiliser les organisations syndicales.

    Les politiques de la ville ont-elles malgré les moyens important déployés transformé les conditions de vie des habitants des villes et des banlieues concernées. Nous pouvons répondre non sans risque d’etre démenti.

    Les électeurs du FN sont ceux qui ont été abandonnés, par la gauche institutionnelle, et qui vivent douloureusement les conséquences de la rupture du contrat social républicain. Ils vivent le décalage entre les discours et leur realité journalière. Les médias, le discours stigmatissant du FN qui n’est plus combattu dans les entreprises par des syndicats affaiblis, conduit à une droitisation de la sociète, pour le plus grand bénéfice du Medef et des fianciers mondialisés.

    En clair, la solution elle se trouve au coeur de l’entreprise, pour imposer un nouveau partage de la valeur ajoutée, les choix de supprimer l’échelle mobile des salaires en 1983, fait que les salaires sont inférieurs de 40% de ce qu’ils devraient etre. Il n’est plus tolérable d’avoir des augmentations annuelles des dividendes de 15%, face à une augmentation du SMIC de 1,6%.

    Il n’y aura pas de véritable politique sociale, sans un mouvement social capable de l’imposer. La lutte des classes, ce n’est pas un concept, c’est la réalité. Il y a 75 ans c’est le mouvement social puissant qui a permis au Front Populaire, de mettre en oeuvre les 40 heures, les congés payés, les conventions collectives, les délégués du personnel.

  2. Comment oser vous affirmer que Mélenchon » « admire » Le Pen, avec tous les ignobles sous-entendus que ça crée ? C’est une insulte à tous les sympathisants du Parti de Gauche, et tous les intellectuels et chercheurs qui se battent pour trouver des solutions concrètes pour gouverner face aux banques et organiser la transition vers le post-productivisme, au nom de l’intérêt général – ÉCOLOGIE RÉPUBLIQUE SOCIALISME.
    http://programme.lepartidegauche.fr/index.php?option=com_content&view=section&id=1&Itemid=13

  3. @Sophie

    Relisez le texte et l’interview. Mélenchon n’arrive à éteindre sa soif de parler dans les médias. A force, il se prend les pieds dans le tapis.

  4. C’est vrai que la droitisation de la société via les politques de rigueur ( qui prouvent le nihilisme de nos dirigeants et du pouvoir de la finance), la casse des services publiques ( via l’europe, et je précise bien que je suis pas nationaliste mais souverain) , la promotion de la sous-culture ( trés répandue dans les banlieues défavorisées), de l’individualisme, de la promotion du « travailler plus pour gagner plus » ( qui pousse à la consommation et à la mort de l’esprit critique), du progrés technologique ( ou du consommer pour pouvoir faire vivre), des signes apparents de richesse, de la désignation d’un ennemi ou d’un adversaire qui engraine les gens dans l’urgence, les hommes et les femmes, pions et pionnes de nos sociétés, a fait beaucoup de mal à tous les concitoyens et à toutes les citoyennes de ce monde dans lequel on vit…

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