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Travailler plus : le contre-sens historique

Par      • 31 Jan, 2008 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social    

L’histoire de ces 150 dernières années nous a montré que le moteur principal de la croissance reste la productivité. La productivité se concrétise par une production supplémentaire sur la base d’une nombre d’heures travaillées toujours moins grande.

Cette productivité est obtenue par l’expérience et la formation des hommes, l’innovation technique produite par le facteur humain (les machines ne sont pas encore capables de penser d’autres machines). Elle est obtenue par l’intelligence dans la mise en oeuvre des process. La diminution réglementaire de la durée du travail exige de compenser la perte d’heures travaillées par d’autres mécanismes. La stagnation de l’innovation et de la recherche stérilise la productivité. Il est d’ailleurs singulier de voir des chefs d’entreprise mélanger productivité et baisse des coûts. La productivité du travail est souvent forte là où le coût du travail est élevé. Dans les années 50 à 70, les barrières douanières ont lissé le différentiel entre pays pauvres et pays riches. La fiscalité a permis de financer notre système social, éducatif. Il faut dire qu’elle a, en grande partie, été possible du fait de politiques de domination exercées sur les pays pauvres organisant le pillage des ressources humaines en soudoyant les « élites » corrompues.

La rhétorique du travailler plus pour gagner plus est un contre-sens historique. Par la fiscalisation de la baisse du coût du travail, il s’agit avant tout d’un transfert de revenus. Le rendement économique de la mesure est loin d’être certain.

Les Français se sont exprimés sur cette question dans un récent sondage : 58% d’entre eux n’entendent pas renoncer à leurs RTT. A y regarder de plus près, c’est un encouragement à la recherche d’une plus grande productivité dont la limite reste toutefois l’intensité du travail.

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