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S’enrichir en dormant : les faits, rien que les faits !

Par      • 29 Déc, 2007 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social   Social  Social    

S’enrichir en dormant : le sommeil nuit grave à la répartition !Dans les pays du G7, la part des salaires dans le PIB a glissé de 5.8 entre 1983 et 2006. Pour la France, c’est 9.3% selon l’INSEE.

Evidemment, cela ne vous dit strictement rien ! En chiffre, alors que le PIB est de 1800 milliards d’euros, cela représente entre 120 et 170 milliards selon l’IRES. Cela ne vous dit toujours rien ? Eh bien, sachez que cela représente une dizaine de fois le déficit de la sécu (12 milliards) et 20 fois le déficit du régime retraite (5 milliards). Un petit rappel des faits à tous ceux qui stigmatisent l’assistanat, les régimes spéciaux et autres avantages catégoriels ! Aujourd’hui, le régime dérogatoire, c’est la rente !

Depuis 10 ans, les salaires n’ont augmenté que de 16% alors que le CAC 40 progressait de 470 %.

Depuis 1980, la précarité du travail est passé de 23% à 51%. Elle est donc devenue la forme naturelle du contrat de travail : sous-emploi, cdd, intérim.

Le discours dominant, à droite et aussi chez quelques écervelés aculturés de gauche, qui consiste à stigmatiser une croissance molle oublie de nous rappeler que sur la longue période, la croissance de l’économie est de 2%. Au vu de tous ces chiffres, elle n’est pas molle pour tout le monde. Travailler plus, pour faire gagner plus !

La rhétorique sur les prélèvements excessifs alors que d’autres pays prélèvent bien plus que nous masque le vrai problème : l’élargissement de l’assiette des cotisations. En dehors de la CSG et de l’impôt, les rentiers et autres bénéficiaires de stock-options ne paient aucune charge sociale. Tous les prélèvements sont concentrés sur les revenus du travail. L’élargissement provoquerait mécaniquement la hausse du pouvoir d’achat des Français.

Le Parti Socialiste avait proposé la mise en place de la cotisation sur la valeur ajoutée qui se substituerait aux charges salariales et patronales. Il s’agit en fait de l’extension de la CSG à tout l’ensemble du financement de la protection sociale. C’est la seule mesure qui, aujourd’hui, est en capacité de ramener de l’équité et du pouvoir d’achat. Le buzz du pouvoir actuel autour de la TVA sociale qui n’a de social que le nom a eu pour effet de mettre cette question à la trappe !

François Mitterrand dont vous aurez compris qu’il est, pour tant de gens de gauche, loin d’être une référence avait stigmatisé ceux qui s’enrichissaient en dormant. Cette phrase n’a jamais été autant d’actualité.

Source : Le Monde Diplomatique de janvier 2008

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