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Ségolène Royal fustige les licenciements boursiers

Par      • 26 Déc, 2006 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social    

Interdire les licenciements boursiers !Réunis autour du thème de l’emploi durable, les participants du premier débat participatif à Strasbourg ont pu entendre une Ségolène Royal très déterminée. Sur le thème de la place de l’Etat, elle a tenu à rappeler tout le rôle qui est le sien : « L’Etat peut non seulement servir à quelque chose mais doit servir à quelque chose. Et la puissance publique doit assumer ses responsabilités. Il n’y a pas de fatalité. » Elle a fustigé les licenciements boursiers de Suchard : 123 salariés sur la paille. Elle a également dénoncé le chantage à la précarité exercé par Alsthom.

Sur le rôle du gouvernement dans le champ social et économique, elle a enfoncé le clou : « Et je veux en finir avec un gouvernement tatillon et rafistoleur, un gouvernement pompier qui souvent arrive trop tard. »

Sur la question du renforcement du tarif extérieur, elle a pris l’exemple du marché obtenu par Bombardier contre Alsthom : « je souhaite que l’Europe ne soit pas ouverte à tous les vents du libéralisme destructeur et que nous sachions en effet mettre en place des mécanismes acceptables qui protègent notre industrie.  »

Elle a rappelé ses engagements autour de la formation initiale et continue, de l’université, de l’orientation et de la recherche.

Sur la question de la nécessaire modernisation sociale, elle a rappelé les efforts des centrales syndicales, de la politique de la main tendue qui a été refusée par les organisations patronales au premier rang desquelles se trouvent le Medef et Laurence Parisot.

Concernant le monde de l’entreprise, elle a évoqué la complication, pour les PME, à passer à l’international. Elle a parlé des rigidités administratives et bancaires qui bloquent le développement des entreprises.

Elle a fustigé les inégalités dont sont victimes les jeunes, les femmes et l’émergence d’une population salariée de travailleurs pauvres. Sans règles, sans sécurité, sans protection, sans droit du travail, il n’y a pas d’efficacité économique.

Elle a terminé son discours sur ses valeurs « girondines », sur sa foi dans la négociation, le contrat, la décentralisation, les Régions plus à même de répondre aux enjeux de demain. En somme, un Etat qui joue pleinement son rôle de catalyseur de solutions !

Crédit photos : Paperblog, Horizons

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6 Réponses »

  1. Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir leur dire ?

    Quelle surprise à la lecture de l’Eure Infos de cette semaine où on apprend que J.L. Destans accorde un financement à un collège privé de Pont-Audemer. En fait, nous n’avons pas fini avec nos vieux démons : chasser à droite. Nous restons dans la lignée de Lionel Jospin qui, à lui seul, a privatisé plus que les gouvernements de Balladur et Juppé réunis. Il faut dire que la gauche, à chaque qu’elle a été au pouvoir, n’a jamais rien fait pour abolir la loi Debré de 1959, alors je ne vois pas je pourrais m’offusquer d’une telle dépense des deniers publics.
    C’est catastrophique pour l’école public, tout le monde s’accorde à dire que l’éducation nationale manque de moyens et nous, à gauche, nous avons un président de région qui fait l’inverse d’une politique de gauche en matière d’éducation. Je dis, nous à gauche, car je suis militant socialiste mais encore pour combien de temps. Car qu’est-ce que je vais pouvoir dire aux personnes qui me diront de nouveau : c’est bien tous les mêmes, à gauche comme à droite, ils sont pareils, on ne voit pas la différence.
    Depuis des années déjà, la gauche mène une politique de droite et la droite essaie de faire du social, alors peut-être faudra-t-il se méfier des centristes, car c’est leur politique qui est menée depuis 1958.
    A quand une vraie politique de gauche, avec Mme Royale et ses camps militaires ……..
    Benoît David.

  2. J’espère, comme toi, que la gauche fera réellement une politique de gauche. Ayant rencontré brièvement Ségolène Royal lors d’une réunion Désirs d’avenir à Paris, il m’a semblé que c’est une femme déterminée et qui sort des schémas classiques. Elle n’est pas comme les autres. Je crois qu’elle est consciente de l’attente du peuple de gauche. Cela ne veut pas dire qu’il faille bercer dans la ségolâtrie. Pour l’heure, elle est notre candidate et nous avons de sérieuses raisons de croire qu’elle peut l’emporter. Maintenant, gagner pour quoi faire ? Nous avons notre projet, trop timoré à mon goût. La discussion interne n’a pas été au niveau que j’en attendais, verrouillée par l’appareil. Ségolène Royal lance les débats participatifs : une deuxième chance de « passer » nos idées de gauche !

    Je partage avec toi cette vision du discours de Jospin et de la molletisation d’une frange du Parti socialiste : à gauche toute dans les meetings et à droite toute une fois installé dans les lambris dorés du pouvoir. Au réalisme, je préfère le pragmatisme… celui de Blum en 1936 et en 1937 quand il a proposé la nationalisation de la Banque de France rejetée par ses amis radicaux de l’époque.

    J’ai choisi d’adhérer au Ps en 2005. Si nous sommes au pouvoir en 2007, j’attends qu’il conduise une véritable politique de gauche. Je jugerai sur pied l’action politique d’un éventuel gouvernement et d’une assemblée nationale de gauche. Il sera toujours temps, au bout des 100 jours qui permettent de prendre la couleur d’un gouvernement, de prendre les décisions qui s’imposeront alors.

    Dernier point : sur les camps militaires, je crois que tu caricatures quelque peu. Dans les CEF, nous avons de sérieux problèmes de recrutement et de formation. Je pense que l’idée initiale de Ségolène Royal n’était pas très éloignée de la mise en oeuvre des camps 2ième chance d’Alliot-Marie. Les statistiques montreraient que l’expérience n’est pas aussi négative ! Pour moi, il faut tout faire pour éviter la prison. Ancien objecteur de conscience, je ne vois pas de problème majeur à ce que les militaires interviennent dans le « domaine civil ».

  3. En fait, sur les camps militaires, c’était plus de l’ironie que de l’exagération parce que les camps militaires (et ce sont bien les mots qu’a employé notre candidate), si ça ce n’est pas une idée de droite, voire d’extrème droite, moi je suis le pape!!! Mais, peut-être Mme Royale, en 2007 nous emmenera chatouiller la gauche, qui sait ? Mais, que penses-tu de cette info, peut-on être encore crédible quand on se dit de gauche et qu’en fait, on finance un établissement privé. Je ne veux que nos impôts partent dans des établissements scolaires où seuls les enfants les plus aisés pourront bien apprendre, bien manger et être bien suivis aprés les cours… Quand le president du Conseil Général fait cela, il doit sûrement penser à l’avenir de ses petits enfants, vu qu’il est de cette région. Mais sûrement, cela doit être une utopie de penser que la gauche doit rester de gauche, qui plus est laïque et républicaine.
    Alors que dois-je dire à ceux qui vont me dire : ouais, t’as vu, la gauche, elle finance des établissements privés alors que nos gamins manquent de pions dans le secteur public ? Et aprés, ça je vais leur dire d’aller voter à gauche ? Peut-être le ferront-t-ils pour les présidentielles mais il reste les législatives et ça, ce n’est pas gagné …..
    Benoît.

  4. A la deuxième lecture de ton commentaire, je me suis aperçu que tu disais une chose primordiale pour me conforter dans l’idée que Mme Royale n’y changera rien : « …Ségolène Royal n’était pas très éloignée de la mise en oeuvre des camps 2ième chance d’Alliot-Marie. ». Le voilà le coeur du problème, c’est que nous allons faire les mêmes erreurs. Ce qu’il faudrait plutôt, ce sont des travailleurs sociaux, des éducateurs formés à tous types de délinquance, une éducation nationale qui retrouve sa mission de sociabilisation … Serait-il utopiste de croire que l’on pourrait financer cela en taxant toutes les transactions boursières. Ne serait-ce pas une mesure de gauche ça ? J’ose croire que ce sera possible. Le droit de vote des femmes était une utopie aussi donc il y a de l’espoir.
    Je veux y croire mais je suis lassé de ces compromis dans lesquels la gauche s’est fourvoyée depuis trop longtemps.

  5. Elle a parlé précisément des camps à vocation d’encadrement militaire. Aujoud’hui, on ne trouve pas d’éducateurs sociaux pour encadrer ces jeunes dans les CEF. Face à ce problème de court terme, on fait quoi des gamins ? En prison ? Comme toi, j’ai été extrêmement surpris de cette proposition. Je n’y vois aucune connotation idéologique. Je vois, pour ma part, une mesure technique à caractère temporaire. On a déjà eu Bourdieu exhumé. On en va pas encore lui repprocher d’être sociologiquement de droite. Elle est socialiste. Point.

    Sur l’enseignement privé, le gouvernement vient de faire voter une loi obligeant les communes à payer une contribution pour les enfants scolarisés dans le privé hors de leur commune. Tous les élus socialistes, y compris Jean-Louis Destans ont désapprouvé ce texte.

    Dans le projet socialiste, il y a la proposition de la mise en oeuvre de la taxe Tobbin au niveau européen… c’est à dire quand les poules auront des dents en somme. J’ai proposé un amendement visant à mettre en oeuvre cette mesure de manière unilatérale. Plouf. Je suis d’accord avec la surtaxation des profits non réinvestis. C’est aussi dans le projet. Le projet du Pcf ne dit pas beaucoup mieux. Nous avons une fenêtre de 30 jours pour débattre sur les thèmes participatifs proposées par Ségolène Royal. Il faut profiter de cette espace de discussion pour ancrer à gauche nos propositions.