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Rencontre professionnelle du 3ième type

Par      • 23 Mai, 2008 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social   Social  Social    

Un homme de la modernité qui s\'ignore !La modernité, cette nouvelle forme de l’intelligence humaine, est un puits sans fin creusé dans l’espoir d’y trouver enfin du pétrole. Hier, j’ai fait une rencontre professionnelle du 3ième type. Celle qu’on oublie jamais dans une vie. Aux limites de l’atemporalité.

La mode dans le monde heureux des gentils petits informaticiens serait de ne plus faire d’informatique. Et le pire est qu’on vous explique que c’est le sens de l’histoire. Hegel a le dos large. ;+) Un peu comme si un boulanger ne fabriquait plus son pain. Et les gens qui vous l’expliquent sont des informaticiens fatigués de la technique à la limite de faire des crêpes en Bretagne dans les Fest Noz. Mieux : les organismes de formation, ces nouveaux apôtres commerciaux du story telling, n’en finissent pas, dans l’incompétence la plus totale, de leur raconter de belles histoires. Le pire est que les entreprises et leurs salariés finissent par les croire à coup de diplômes achetés et délivrés dans des pochettes surprises.

L’image véhiculée au travers de cette vision (Clarence, le lion loucheur dans Daktari, y voyait bien plus clair) est celle d’une société du management, de la gestion de projets dans laquelle on passe son temps à conduire des hommes qu’ils n’ont pas – des boulangers qui n’en sont plus – à leur faire comprendre que leur intérêt est d’arrêter la fabrication – de leurs pains. Mais, oui… Mais c’est bien sûr ! On forme les techniciens à être chefs sans personnel à gérer puisque tout doit être sous-traité.

De l’autre côté, les sous-traitants, parfois des grosses entreprises pleines de chefs, font appel à des sous-traitants, des petites entreprises qui se plaignent de ne plus trouver de techniciens. Vous suivez toujours ? Car les techniciens veulent être… chefs. On multiplie les intermédiaires inutilement et du coup on diminue les salaires des techniciens qui comprennent que l’avenir est dans la pâte à crêpes en Bretagne ou à être chef… d’eux-mêmes. En mettant le pression sur les sous-traitants, certains chefs s’en sortent bien… sur le dos des autres. Ils portent le message de la réussite symbolique : « un jour, vous aurez tout d’un grand !« . La faiblesse des salaires cache mal la réussite insolente de personnages aux compétences très incertaines qui décident d’envoyer leurs entreprises dans le mur à la vitesse de leurs grosses voitures et de la hausse du carburant à la pompe.

Lorsqu’ils sont au manette, ces nouveaux chefs cherchent à se réassurer et s’entourent de consultants et de fournisseurs qui, en toute connaissance de cause, comprennent vite qu’ils peuvent leur raconter n’importe quoi. La production de valeur (Production-Consommation Intermédiaire=Valeur ajoutée) – business is business – s’efface devant des méta-objectifs d’une insignifiance aux frontières du réel : comment réussir à bien sa mission… sans faire de vagues, comment gravir les marches de l’échelle des salaires quitte à écraser les autres, comment avoir une belle maison et un gros 4×4. Autrement dit, la modernité sera reptilienne ou ne sera pas. L’homme sait s’adapter à toutes les circonstances. Même aux pires !

Crédit photo : album photo de voyage

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