La voix militante de citoyens d'ici et d'ailleurs

Régimes spéciaux : l’étrange silence de la direction du Parti Socialiste

Par      • 22 Sep, 2007 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social    

Le monde du silenceRamener la durée de la retraite à 40 ans pour tout le monde semblerait être sculpté au sceau du bon sens, de l’équité et du principe d’égalité. Et les Français, un peu schizophrènes, y sont favorables pour près des 2/3 d’entre eux. La question aussi simple soit-elle cache une forêt qui ramène la question à la simple partie émergée de l’iceberg.

Sur la forme tout d’abord, l’Etat peut-il appliquer le principe de rétroactivité aux contrats des agents qu’il a embauchés, leur appliquant des conditions de départ dont les agents n’avaient pas connaissance au moment de leur entrée dans le sérail de la « plus grande entreprise française » ? Deuxième remarque : la fonction publique paie moins en contrepartie d’une « embauche à vie » et d’un départ en retraite réalisé au bout de 37.5 ans de carrière. Les primes, de plus en plus nombreuses, sont exonérés du calcul du montant de la retraite. Pour l’embauche à vie, c’est de plus en plus inexact du fait aujourd’hui de l’extension de contrats de mission à un ensemble balayant les entreprises publiques et les collectivités territoriales et locales. Le gouvernement cherche à mettre en œuvre un contrat de droit privé appliqué à la fonction publique. Là-encore, le fonctionnaire risque de s’éloigner de sa mission originelle : celle de servir en toute impartialité les Français en faveur de ceux qui l’embauchent ! Quant aux salaires, n’y-a-t-il pas une injustice cruelle à voir une société croire que la valeur se constitue en vendant des machines à laver la vaisselle plutôt qu’à former ou éduquer les générations futures ? Si l’objectif est de dissuader les jeunes d’entrer dans l’une des fonctions publiques reconnues comme l’une des toutes meilleures au monde, on n’y prendrait pas autrement !!! Tout cela est d’une bêtise inouïe.

Interrompue de façon unilatérale par le Medef, la discussion autour des questions de la pénibilité entre les partenaires sociaux a pu reprendre voilà 2.5 ans. L’intensité du traail que nous constatons dans nos vies professionnelles pose la question du rythme du travail dès lors que l’on aborde les 50 ans. Les entreprises, au passage, ont trouvé la réponse : le taux d’employabilité des plus de 50 ans est, en France, le plus faible d’Europe. Pour la France, se priver de l’expérience de personnes qui ont 25 à 30 ans de carrière est la pire des gabegies qui puissent nous arriver sur le plan du savoir-faire collectif. J’ose espérer que la commission Attali saura mettre en évidence cette question avec la panne de l’offre de l’appareil productif français.

Pour ma part, je suis de ceux qui sont favorables à ce que les Français puissent travailleur jusqu’à l’âge où ils voudront s’arrêter. Mais je suis de ceux qui demandent à ce que ceux qui le veulent puissent partir au bout de 40 ans de cotisations en leur proposant un système de rachat de leurs points ou un ajustement de leur pension s’ils veulent partir plutôt. Le principe de liberté doit pouvoir fonctionner indifféremment. La droite si prompte à nous agiter le chiffon du principe d’égalité républicaine en oublie vite les autres devises de notre République : liberté et fraternité. Au nom du principe d’égilité, il faut permettre à ceux dont le travail est « pénible » qu’ils puissent partir avant les autres en ayant une retraite à taux plein.

Ce qu’oublie aussi de nous dire le patron des patrons français, Président de notre République à ses heures perdues, c’est que, dans le privé la retraite est calculée sur les 25 dernières meilleures années alors que la pension de la fonction publique sur les 6 derniers mois de carrière. Face à l’effondrement des pensions, il convient de corriger cette inégalité criante. En la matière, il ne s’agit pas d’aligner tout le monde sur le niveau le plus défavorable. La baisse du pouvoir d’achat pour les seniors contribue aujourd’hui aussi à l’appauvrissement des plus jeunes. Le maintien d’un haut niveau de pension est difficilement compatible avec l’allongement de la durée de la vie et la diminution des recettes liée aux régimes dérogatoires et aux exonérations de tout poil.

A force d’exonérations de cotisations sur l’embauche des jeunes et des seniors, d’exonérations des bas salaires, la droite française a mis en faillite les caisses de la protection sociale que la gauche avait redressé en 2002. Je le rappelais dans un billet précédent : les stocks-options sont totalement exonérés de cotisations sociales, en dehors de la CSG, au même titre que les revenus des actions, des obligations et les loyers. Au nom du principe d’égalité, j’attends de ce gouvernement de faillite morale qu’il applique le régime général à l’ensemble des Français.

Alors, oui, je suis pour la suppression des régimes spéciaux. Oui, je suis pour que tout le monde cotise 40 ans. Vous l’aurez compris… Ca ne veut strictement rien dire. La réalité est beaucoup plus complexe. Si complexe que notre Parti se contente pour l’heure de ne rien dire sur cette question encombrante ! A la fois, quand on a rien à dire… Vous connaissez la suite.

Autres éclairages

Voie Militante Voie Militante

Les Commentaires sont clos.