La voix militante de citoyens d'ici et d'ailleurs

Libéralisation de l’énergie : horreur politique et économique

Par      • 30 Juin, 2007 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social    

Pylônes Moyenne TensionLe moins que l’on puisse dire est que la libéralisation voulue par Bruxelles (c’est-à-dire nos gouvernants) est au secteur de l’énergie ce que le roi Ubu est à la littérature !

Le 1er juillet, les particuliers vont pouvoir « bénéficier » de l’ouverture à la concurrence. Entamée depuis 2001 au secteur des entreprises, les tarifs de l’électricité se sont envolés en France de plus de 76% entre 2001 et 2006 ! Les tarifs réglementés sont supérieurs de 60% à ceux d’Edf. Les professionnels qui avaient choisi des fournisseurs privés ont dû déchanté lorsqu’ils se sont rendus compte qu’il ne pouvait plus revenir au secteur réglementé, c’est-à-dire à la fourniture de courant par les opérateurs historiques Edf-Gdf payé beaucoup moins cher. Les 30 euros le Le Mgwh payé30 euros en 2004 a atteint en 2006 les 70 euros. Même le Medef s’est quelque peu ému de la situation : « l’ouverture actuelle du marché européen de l’électricité conduit tout le monde dans le mur, car elle est basée sur du court terme et une absence de coordination au niveau européen ». Sous la colère de leurs mentors, les députés de l’UMP ont dû faire quelque peu machine arrière en adoptant un tarif de retour pour les entreprises pénalisées le 7 décembre 2006.

Pour les particuliers, la situation s’avère bien pire. En cas de contrat souscrit au secteur « dérégulé » par l’ancien locataire ou l’ancien propriétaire, les nouveaux habitants ne pourront pas revenir en arrière. C’est du grand n’importe quoi. Les particuliers ne pourront même pas bénéficier du tarif de retour que le législateur a mis en place pour les professionnels.

Les prix de l’électricité ont augmenté de 70% depuis 2004. Edf a réalisée un résultat net de 3.2 milliards en 2005.

Ces dispositions répondent à une vision purement idéologique découplée des problématiques liées à la recherche de l’intérêt général et à une absence totale de pragmatisme. Les libéraux d’aujourd’hui ne ressemblent aux libéraux d’hier. Je pense à Maurice Allais. C’est lui qui a justifié la présence d’un secteur économique national et public… par le calcul économique. Maurice Allais a voté NON au projet de TCE. La privatisation d’Edf et de Gdf, le projet de fusion Suez-Gdf ne répondent à aucune logique liée à L’intérêt général. Ce ne sont que des mesures dogmatiques. Le droit à disposer d’une énergie propre et pas chère doit être inscrit dans la constitution. Ce doit être un droit imprescriptible. L’énergie n’appartient pas aux marchands. L’objectif du marché est de produire plus pour vendre plus. Cet objectif est incompatible avec celui de la sobriété énergétique de la société de l’après-pétrole. Nous devons réaffirmer notre souci à maintenir un secteur public fort dans les télécommunications, dans les transports et dans les secteurs de l’eau et de l’énergie. La mise en réseau de la France ne peut pas être organisée par le marché. Elle doit répondre à des logiques de politique sociale, écologique, économique et d’aménagement du territoire. La vision de l’Europe par nos gouvernants successifs, y compris au sein du Parti Socialiste, s’éloigne de plus en plus de l’idée que nous pourrions en avoir.

Le plus urgent est de ne rien faire ! Ne souscrivez à aucune offre du secteur « dérégulé » !

Source : Que Choisir, SarkoFrance, Attac, Le Monde

Voie Militante Voie Militante

Une Réponse »

  1. Trop tard. C’est déjà fait, mais je ne regrette pas. Depuis le mois de janvier, pour mon activité, j’ai choisi ENERCOOP comme fournisseur d’électricité. Le fonctionnement est coopératif, il n’y a qu’une seule offre, qu’un seul tarif et même pas d’heures creuses qui furent inventées, souvenons-nous, pour palier à l’impossibilité de moduler la puissance des réacteurs nucléaires. Enfin, l’offre d’ENERCOOP est garantie d’origine 100 pour 100 renouvelable.
    L’affiliation à ENERCOOP suppose cependant d’accepter de payer un poil plus cher. Il n’y aura qu’à moins consommer.