La voix militante de citoyens d'ici et d'ailleurs

La crise financière est là !

Par      • 13 Août, 2007 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social    

PschittAprès que tour à tour les banques centrales des Etats-Unis, de l’Europe et du Japon aient injectées plus de 300 milliards d’euros de liquidités dans le circuit monétaire en 1 semaine, les marchés financiers se sont apaisés et sont repartis à la hausse. Oyez, oyez braves gens… dormez en paix !
La phrase de mon ancien professeur, Paul-Jacques Lehman, selon laquelle les crédits font la monnaie, s’est vérifiée encore une fois de plus dans des conditions qui, toutefois, méritent l’attention. La crise financière a été enclenchée par l’insolvabilité des ménages américains sur fond d’endettement immobilier et de baisse des prix qui ont contrarié le mécanisme des anticipations irrationnelles. En effet, après plusieurs années haussières, le marché s’est brutalement retourné.

L’imagination – ou la bêtise – des financiers américains est sans précédent. Ils ont créé des organismes de prêt à risque sur lesquels ils ont adossé des titres achetés par tous les Zinzins du monde pour pouvoir financer les achats immobiliers des ménages américains. Autrement dit, ces fonds à risque ont réussi le tour de passe passe de créer de la monnaie en obligeant les banques à déverser des monceaux de liquidités à des niveaux rarement égalés. La création de monnaie n’est plus sous contrôle des états depuis de nombreuses années. Cette triste affaire est là pour nous le rappeler. Aujourd’hui, c’est l’économie qui fait la monnaie. La perfusion massive auquel se livrent les banquiers du monde ne produit aucune richesse. Elle ne fait qu’entretenir une bulle spéculative qui ne fait que gonfler davantage pour finir par exploser à force d’être contenue.

La Fed américaine est intervenue à hauteur de 10% du total des liquidités injectées. A force de produire de la monnaie de singe, par l’émission de bons du Trésor pour financer le déficit budgétaire abyssal, le dollar ne vaut plus rien. Autrement dit, l’Europe et l’Asie, une fois de plus, sont contraints à cracher au bassinet pour alimenter le plus grand pôle de consommation du monde qui tire à lui seul toute la croissance mondiale. Cela relève du château de cartes.

Du point de vue de la politique, nous devons en tirer des enseignements sur le taux d’ouverture de nos économies qu’il soit direct ou indirect au travers de nos partenaires européens. Je ne suis pas sûr que la recherche d’un taux d’ouverture le plus élevé possible, à l’image de l’économie allemande, dans ce jeu de dominos international soit la voie royale pour assurer une croissance « fiable ». Les échanges entre pays européens représentent 80% des échanges des pays européens. L’Europe nous protège encore… A moins que ce ne soit là que cautère sur jambe de bois ?

Autres éclairages : l’heure de vérité selon le Diplo, pas de panique par Rue89, Septembre noir de Jacques Attali, le Figaro, la mécanique du crédit crunch sur BetaPolitique, les LBO, menace de retournement immobilier en Europe, la bulle fait pschittt sur Libé, Le Monde, Carnets de nuit, Epidémies de saisie à Washington sur Libé

Voie Militante Voie Militante

Les Commentaires sont clos.