La voix militante de citoyens d'ici et d'ailleurs

L’Économie Sociale et Solidaire doit faire entendre sa différence

Par      • 14 Mai, 2011 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social    

Les propositions pratiques de Hugues Sibille, vice président du Crédit Coopératif, pour une affirmation de l’ESS, « vraie puissance économique mais nain politique ! »

Hughes SibilleDans une récente intervention devant la CRESS (Chambre Régionale de l’Économie Sociale et Solidaire) d’Ile de France (mars 2011), l’actuel vice-président du Crédit Coopératif, longtemps Président de la Société des lecteur et administrateur de la scop Alternatives Économiques sur le site de laquelle il tient un blog, Hugues Sibille, fin connaisseur de la vie associative et particulièrement de l’ESS, en fait là son bilan. Il explique pourquoi, selon lui, « L’Économie Solidaire, (est un formidable ndr) laboratoire d’innovations sociales », mais constate aussi sa très grande « difficulté à avoir des résultats de masse ».

Il pointe alors du stylo (du clavier ?) les pistes d’un possible et nécessaire renouveau de l’ESS permettant :

  • d’intégrer l’entrepreneuriat social dans l’Économie Sociale et Solidaire y compris dans le secteur associatif ,
  • de construire ou reconstruire la maison commune de l’Économie Sociale et Solidaire,
  • et, à partir du noyau dur de l’Économie Sociale et Solidaire, d’élargir la stratégie à la démocratisation de l’économie.

Il formule une série de propositions concrètes comme notamment :

  • Redynamiser la démocratie interne dans l’Économie Sociale et Solidaire en retravaillant nos gouvernances (en particulier composition et fonctionnement des Conseils d’administration), en ayant une meilleure représentation des parties prenantes, en suivant de près l’émergence d’un activisme sociétarial.
  • La création d’entreprises nouvelles à finalité sociale.
  • (Face à un) monde associatif soumis à une très forte mutation avec diminutions des subventions publiques et nouvelles attentes des usagers : l’évolution vers des « entreprises associatives ».
  • Proposer des critères de l’entreprenariat social qui soient proches de l’Économie Sociale et Solidaire, même si on n’utilise pas le statut.
  • Finalité sociale inscrite dans l’objet.
  • Rémunération limitée des apports de fonds propres.
  • Excédents réinvestis.
  • Encadrement des écarts de salaires
  • Implication des parties prenantes dans la gouvernance.

Des propositions qui formalisent les réflexions de nombreux acteurs de la vie associative et de l’ESS et mettent des mots sur leurs attentes !

Comme Hugues Sibille le précise, ses propositions s’inscrivent dans une réflexion globale liée aux crises que nous traversons et dans la perspective des prochaines échéances électorales. Il invite tous les acteurs de l’ESS à se rassembler pour « construire une plateforme commune pour les présidentielles ».

Approfondissons ces propositions pour faire en sorte que les États Généraux de l’Économie Sociale et Solidaire des 17, 18 et 19 juin prochain à Paris se préparent activement. Faisons tous en sorte qu’ils ne restent pas seulement une « bonne idée » mais puissent réellement déboucher sur des propositions institutionnelles et politiques concrètes à faire inscrire dans les programmes des différents candidats qui chercheront nos suffrages en 2012.

PS : intégralité de la note de Hugues Sibille publiée sur son blog en date du 13 mai 2011.

Crédit photos : Les échos de la franchise.

Voie Militante Voie Militante

Tags : ,

2 Réponses »

  1. @Jean-Noël

    Article très utile qui rappelle que l’ESS est un sujet clivant entre la gauche et la droite, entre la 1ère et la 2e gauche. Je regrette juste que certains, à gauche et chez les écolos, se servent de l’ESS et des subventions publiques comme tremplin à leur propre carrière. L’ascenseur social est en panne. Est-ce un raison suffisante pour justifier des comportements clientélistes antagonistes aux valeurs de la gauche ?

    2e remarque. J’ai, pour ma part, toujours milité pour une ESS dans laquelle le bénévolat était le moteur principal. Je crois, hélas, que ce n’est pas le cas de tout le monde. Il serait temps de sortir de la logique marchande. En subventionnant ce secteur, les élus – surtout à gauche, curieusement – cherchent à étendre leur pouvoir, tout en nous rappelant toute la réalité de la devise tchatchérienne : « I want my money back. » Eh oui, les élus doivent aussi, le temps d’une élection, rendre des comptes à leurs électeurs.

  2. Voilà un homme d’une grande qualité qui aura beaucoup compté dans mon parcours personnel et professionnel. C’est en effet Hugues Sibille qui m’a recruté comme délégué général du CJDES – Centre des Jeunes Dirigeants de l’Economie Sociale quand il en était président. J’étais jeune, alors ;-)
    Au-delà de ces souvenirs personnels, les idées portées par l’économie sociale et solidaire, depuis les pères fondateurs jusqu’à ceux qui la font vivre aujourd’hui, sont d’une actualité criante pour redonner le primat à l »humain et remettre l’économie au service de l’homme.
    Lire aussi l’ouvrage d’Hugues Sibille et Tarik Ghezali : « Démocratiser l’économie ».

Laisser une Réponse

*