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Externalisation des services informatique dans les collectivités locales et territoriales de gauche

Par      • 28 Sep, 2007 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social   Informatique et Internet  Informatique et Internet    

Dans les banques, le processus d’externalisation allant jusqu’à l’infogérance avait pour but avoué d’homogénéiser les plates-formes informatique hétérogènes et pour but non avoué de ramener les frais liés à l’informatique de 25 à 10% des charges. La méthode employée par le secteur bancaire fut de confier à l’infogérant le soin de développer ou de mettre en place une nouvelle application, un PGI (Progiciel de Gestion Intégré) ou ERP. Dès lors, trois possibilités étaient offertes aux informaticiens « maison » :

  1. réintégrer le fonctionnel
  2. aller chez l’infogérant
  3. aller ailleurs

Ceux qui choisirent l’infogérant furent, en général, débarqués au bout de quelques années, après que la mission était terminée auprès de leur employeur initial. Dans le secteur privé, cette infogérance s’accompagne en parallèle de l’externalisation de la maintenance du parc ainsi que celle du helpdesk (aide à l’utilisateur).

Compte tenu des coûts liées à l’externalisation des services informatique, il faut bien reconnaître que l’infogérance n’est qu’une situation temporaire amenant très vite les entreprises à se débarrasser de leur infogérant pour totalité ou pour partie et à embaucher du petit jeune qui n’en veut dont le niveau de salaire est 3 fois inférieur à celui des « anciens ». Autrement dit et pour faire court, l’infogérance est dans la plupart du cas la reconnaissance implicite de l’incapacité à mener la conduite du changement au sein des entreprises. Le discours dominant visant à rechercher la productivité par la diminution des coûts amène au final une baisse considérable de la productivité.

Les responsables politiques des collectivités locales et territoriales seraient bien avisés de ne pas s’appliquer, par mimétisme, cette vision à eux-mêmes. La raison en est extrêmement simple : leurs agents ne disposent pas du même statut. Faire ce choix reviendrait pour le contribuable à supporter une double peine : un salarié de l’infogérant en régie coûte entre 1500 et 2500 euros par jour. Pour l’externalisation du parc, les coûts sont moindres… de l’ordre de 300 à 400 euros par jour. Le mode de fonctionnement du privé ne peut et ne doit pas s’appliquer au public… sans discernement.

D’autant que d’autres solutions existent. De nombreuse collectivités mettent en place aujourd’hui de nombreuses solutions à base de logiciels libres. Elles ont l’avantage, de fait, d’être des moyens internes de conduite du changement qui remettent à plat les pratiques et les outils. Le mode de financement est extrêmement simple : l’économie des coûts sur les licences et sur le non renouvellement partiel du parc finance l’embauche et la formation des agents, leur montée en compétences. Pour le contribuable, l’opération est inodore et incolore. Disposer d’informaticiens internes pour une collectivité reste un atout stratégique.

Je suis toujours atterré que, par ignorance, par mimétisme ou plus simplement par bêtise, certains hommes politiques de gauche contribuent chaque jour un peu plus à construire la société de marché.

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