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Diminuer la durée du temps de travail et vite !

Par      • 29 Juin, 2011 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social    

Publié initialement le 29 août 2009, ce billet reste pourtant d’actualité !

C’était une proposition programmatique Europe Ecologie : reprendre la marche vers la réduction du temps de travail partout en Europe et, par voie de conséquence, dans notre « beau » pays, la France.

Travailler plus pour gagner plus ?

A l’heure du Travailler plus pour gagner plus, la proposition peut sembler totalement iconoclaste. Et pourtant… La crise en Europe ne fait que commencer : le taux de chômage en Espagne atteint désormais les 20%. Dès l’automne, attendons-nous à un regain du chômage. Les experts les plus optimistes prédisent, après l’effondrement financier de l’Islande et de l’État de Californie, celui d’un grand pays européen : la France, le Royaume-Uni, l’Espagne ou la Hongrie. Quid de l’Euro et d’une construction monétaire de l’Europe dans ces conditions ? Les pessimistes envisagent, depuis que la Chine se dégage des bons du trésor américains, l’effondrement financier des Etats-Unis. La confiance des prêteurs (pays arabes et asiatiques) ou le racket fiscal des classes moyennes des pays du Nord touchent à leur limite. Tous les pays du Nord, sans l’oxygène des pays du Sud, sont, de facto, en cessation de paiement. Et nous y sommes. Je passe sur les détails de la signification qu’une telle rupture (chaos au sens de Paul Virilio) entraînerait dans le système économique mondial. Faites travailler un peu votre imagination à moins que vous ne préfériez la politique de l’autruche. 3% des transactions financières mondiales concernent l’économie réelle.

En France, nous avons des mécanismes qui permettent de supporter financièrement la réduction globale de la quantité de travail de la population : le RMI et le RSA. Personne ne s’est d’ailleurs curieusement posé la question de l’empressement du gouvernement à allonger la durée d’indemnisation des chômeurs dans le cadre de la CRP (Convention Reclassement Professionnel). Avons-nous le choix ? La réalité de cet accord – et du RSA – peut d’ailleurs s’exprimer de la façon suivante : travailler moins pour gagner plus ! La schizophrénie semble avoir contaminé les « élites » politiques françaises depuis bien longtemps.

Entropie et effet papillon

La reprise à la hausse du prix de l’énergie et des matières premières du fait des anticipations rationnelles des agents économiques va continuer à augmenter les budgets incompressibles des ménages : logement, transport et alimentation. Patrick Viveret, lors de la dernière plénière de l’université d’été Europe Ecologie – Les Verts à Nîmes parlait de faire une grande pause. Subie ou choisie, elle est désormais inéluctable ! D’ailleurs, l’augmentation du chômage ressemble depuis le milieu des années 70, après la période des trente voleuses, à cette grande pause forcée contre laquelle le système capitaliste lutte désespérément : inflation, dérégulation, bulles financières à répétition. Que nous le voulions ou pas, le mythe de la croissance infinie est mort. Le temps de l’organisation de la décroissance est arrivé. Quant à la croissance verte, c’est la nouvelle rhétorique du capitalisme pour continuer le business as usual. The show must go on !

Or, face à l’augmentation de la productivité liée aux outils et au progrès technique en corollaire à l’épuisement des ressources naturelles, la seule réponse reste la diminution de l’activité économique. Mais là où nous y mettions exclusivement une dimension sociale, force est de constater que c’est la dimension écologique qui, à l’heure du dérèglement climatique, nous oblige à poursuivre irrémédiablement dans la voie de la diminution du temps de travail. Quant au financement de la mesure, essayons de réfléchir à mettre en place une fiscalité écologique qui abonderait un fonds dédié à la réduction du travail, au financement des retraites et du chômage.

Annexe : la sobriété heureuse par Patrick Viveret ou la sobriété jouissive par… Cécile Duflot à Nîmes

Crédit photos : Visuel Ingéniérie Formation, Snj Radio France

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5 Réponses »

  1. @denis
    super, la réduction du temps de travail !

    mais dit donc, la réduction du temps de militantisme c’est pas ton truc.
    quatre articles en une journée !! tu est en overckloking ;-)

    Dany t’as fait gouter ses space-cakes aux journées d’été ?

  2. @guillaume

    Comme me disait Alain hier soir, il aura sans doute fallu attendre l’âge de 45 ans pour me « stabiliser » politiquement. Ma rencontre avec Benoît Fenault, Marie-Noëlle Vallet, Jacqueline Fihey, Jean-Yves Guyomarch aura accéléré les choses.

    PSU, les Verts de 1982 à 2007, PS tendances Montebourg, puis Royal, puis Delanoë (ma seule erreur de jeunesse au sein du PS), Hamon et enfin Europe Ecologie. Le PS a été une parenthèse politique dans ma vie. Et ce contre-exemple m’a permis de comprendre ce qu’il fallait faire.

    J’avais juste à nettoyer mon logiciel entre croissance verte et décroissance. Yves Cochet m’a dépoussiéré les quelques neurones qui me restent vu mon grand âge. Sur le plan de la forme militante, je crois que Dany s’est occupé du reste.

    Ton commentaire, en tout cas, m’aura mis en joie.

  3. Pour s’opposer au chômage:
    On peut bien sûr rédu!re le temps de travail, mais ceci réduira finalement notre pouvoir d’achat. En 35 heures on produit moins qu’en 40 heures.
    On peut aussi réduire les impôts et les charges pesant sur les entreprises, ce qui fera baisser les prix , donc augmentera notre pouvoir d’achat. On gagne plus, donc on achète plus.
    Vous vous intéressez comme moi à l’économie. Je pense que vous devriez lire le livret publié le 19 août par l’Union des Banques Suisses.

    B Trémeau

  4. 25h pour tous et tous « au travail ».

    Bien que ce concept un peu Victorien de la réussite sociale soit un peu désuet (le travail), il convient de penser qu’avec 80% d’obéissants, nous sommes loin de sortir du marâsme …

  5. @ Tremeau
    Je n’ai pas trouvé ce livret (un lien SVP). Ce n’est pas aussi simple ** que la vision des banquiers dans bien des domaines de l’emploi et personne n’est vraiment sûr du résultat global, vu les coûts directs et indirects des chomeurs évités par les 35 heures. ** 2 exemples :
    – Compte-tenu des gains de productivité, il est beaucoup de domaines où la réduction du temps de travail n’aurait pas réduit le pouvoir d’achat si, depuis les années 90, les actionnaires n’avaient pas engrangé des primes croissantes au détriment des salaires.
    – Pour le personnnel domestique payé à l’heure en CESU, personne n’a rien perdu en pouvoir d’achat puisque le travailleur à domicile a dû continuer au même tarif pour maintenir son activité sur 40 heures, me dit mon jardinier.
    Pour moi, notre pouvoir d’acheter n’importe quoi (des choses dont on aurait parfois intérêt à se passer comme le tabac, l’alcool et le loto) ou à un prix non équitable, voire non éthicable (produit au détriment de la santé ou de l’environnement d’inconnus lointains), n’est pas un droit acquis sacré et la frugalité évoquée par HULOT me parait le début du bon sens si elle peut faire baisser le chomage.
    Alors vivent les 32 heures en attendant qu’on puisse passer aux 25 !

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