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Désir mimétique : travailler moins pour gagner plus !

Par      • 24 Oct, 2007 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social    

L’objectif de la variante post-moderne de l’homo economicus est de trouver la nouvelle rente Pinay(1). Les diners au Ritz, les vacances en yacht sont là pour attester de sa réalité. Dit autrement, l’objectif serait de gagner convenablement sa vie sans en faire davantage. Gagner plus en travaillant moins !

Les 35 heures ont eu de nombreux avantages. Elles ont eu un énorme inconvénient. En rationalisant les processus de production, elles ont contribué à intensifier le travail en finançant la productivité par l’argent public. De là où ils étaient, les responsables politiques français n’avaient qu’une appréhension très partielle des mécanismes du réel micro-économique. Ce phénomène est d’ailleurs encore plus perceptible dans les TPE et les PME. Avant les 35 heures, 39 heures passées – et souvent plus – sur le lieu de travail ne signifiaient pas mécaniquement 39 heures travaillées. Aujourd’hui, pour la majorité des ouvriers, des employés et des techniciens, 35 heures de présence représentent 35 heures de travail réellement effectuées. La guerre menée autour des temps de pause montre l’âpreté du combat syndical sur fond de concurrence mondiale exacerbée. la victoire patronal sur ce plan comme sur tant d’autres semble totale. Faut-il s’en réjouir ?

Les 35 heures sont là. Il ne s’agit pas, d’ailleurs, de les remettre en cause. Dans l’incapacité de libérer du temps de cerveau disponible, les dirigeants en finissent à confondre diminution des coûts et productivité. Les délocalisations s’expliquent en grande partie par cet élement de confusion. Les seuls dans l’entreprise à disposer de temps sont aujourd’hui les cadres dirigeants. Ils ont d’ailleurs été les bénéficiaires principaux des 35 heures. Pour eux, temps de travail et temps de présence sont deux choses très différentes. Hélas, leur mobilisation personnelle tend à se confondre avec la surveillance de leur portefeuille d’actions. Dans de nombreux cas, l’intérêt personnel passe bien avant celui du collectif. Là-encore et pour faire simple, l’entrepreneur décrit par Max Weber est devenu une denrée rare sur le sol français.

Cette singularité française dont nous nous serions bien passées, est, à mon sens, l’un des principaux freins à la croissance des petites et moyennes entreprises. Cette situation nous amène au constat d’une panne de la créativité et de l’imagination qui, en terme de compétitivité, ne laisse rien présager de bon quant à notre avenir.

Las de cette situation, les salariés n’ont qu’une hâte : désserer l’étau. L’exemple que leur montrent certains de leurs cadres les incite à la recherche de l’eldorado. Une denrée rare ! Le turn-over explose, sur fond de pression salariale à la baisse. Les petites entreprises où l’exigence d’autonomie et de responsabilité est forte sont confrontées à la concurrence salariale des grosses entreprises. Pourquoi, en effet, accepter les responsabilités et une intensité du travail plus forte quand on est moins payé ? Serons-nous containt d’organiser une sorte de discrimination positive en faveurs des petites entreprises ? La constitution nous le permettrait-elle ?

(1) En mai 1952, Antoine Pinay lance l’émission d’un emprunt à 3%, indexé sur l’or et bénéficiant d’une exemption fiscale totale (taxe proportionnelle, taxe progressive, surtaxe et surtout droits de succession).

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