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Demain… journée galère !

Par      • 17 Oct, 2007 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social   Social  Social    

Avez-vous remarqué notre silence assourdissant, nous socialistes, sur la journée de grève de demain contre la suppression des régimes spéciaux ?

Dans ce blog, j’avais esquissé quelques tentatives d’explication à la hache… comme d’habitude. Je voudrai, en ce soir de veille de grève, donner un autre regard sur la question tout aussi polémique.

Tout d’abord, en dehors de conditions liées à la pénibilité (discussion au point mort), il est étonnant que des salariés puissent bénéficier de manière « dérogatoire » de droits à la retraite à taux plein au bout de 37.5 ans d’activité alors que le régime général contraint les salariés du privé à 40 ans de cotisations pour pouvoir bénéficier des mêmes conditions. Mêmes conditions ? Non, pas vraiment. La retraite du public est calculée sur les 6 derniers mois de traitement, alors que dans le privé, elle est calculée sur les 10 meilleures années. Du fait d’un taux de chômage les plus élevé de l’Union Européenne, le pouvoir d’achat des seniors s’en est au passage considérablement amoindri. Rappel ici de quelques banalités qui doivent s’accompagner de plusieurs précisions majeures.

  1. Les salaires du public sont globalement moins élevés. La retraite du public est calculée sur le salaire net des primes qui constituent une part non négligeable de la rémunération (15 à 30%).
  2. Pourquoi tous les régimes spéciaux des militaires, des parlementaires, des agriculteurs et des professions libérales n’ont-ils pas été intégrés à la discussion ?

Cette réforme, de mon point de vue, est une énorme mascarade et ne résout rien sur le fond. La seule question qui vaille aujourd’hui est celle du financement face à l’augmentation des dépenses de soin liées à l’allongement de la vie. En fiscalisant la charge de la protection sociale et de l’assurance-chômage (y compris au travers du RMI), nous n’offrons pas les conditions de développement économique dont notre pays a besoin. Il ne peut pas y avoir de développement économique sans un système de protection sociale efficace. Le choix d’une régime par capitalisation transformerait encore un peu plus nos sociétés en sociétés de rentiers. Le choix du système de répartition nous évite d’avoir à consacrer une part de notre revenu, par précaution, dédiée de façon hypothétique à nos revenus futurs. Le système de protection sociale a été un élément déterminant du développement économique de la France dans l’après-guerre. Le casser nous priverait d’un outil d’efficacité économique et sociale que les temps troubles qui s’annoncent nous amèneront à regretter très amèrement. La droite agit en idéologue, flattant au passage les egos, l’individualisme et plus simplement la forme la plus primitive de la bêtise humaine.

Concernant le combat de demain, je ne vous cache pas que je ne le comprends pas. Légitime du point de vue du bénéficiaire de régimes spéciaux qui défend avant tout son bout de gras, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un acte corporatiste dont le caractère ne répond aucunement de la logique de l’Etat impartial. Le maintien de tous les régimes spéciaux n’est pas compatible, en l’état, avec les deux devises de la République que sont l’égalité et la fraternité ? Le paradoxe est que ce soit le troisième principe qui soit ici invoqué ! C’est la même logique qui sous tend curieusement à la logique du paquet fiscal.

La charte d’Amiens de 1906 a institué le principe de l’indépendance syndicale avec les Partis de gauche. De tout point de vue, cette charte aujourd’hui coûte chère à la France sur le plan politique. Dit autrement, nous ne pourrons pas revenir au pouvoir sans des syndicats forts. Il serait temps que les syndicats et les Partis de gauche soient des forces complémentaires et coordonnées pour essayer ensemble d’avoir un discours audible et cohérent. Sans le soutien des Partis politiques, les syndicats sont condamnés à décliner et/ou à dériver vers l’action syndicale de nature corporatiste. Au même titre que, sans les syndicats, les Partis risquent de cultiver une politique de gauche parfaitement hors sol et inaudible qui amène à glisser doucement mais sûrement à droite de l’échiquier politique français.

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