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Curieuse indexation pétrole-euro : effet Giffen ?

Par      • 19 Mar, 2008 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social    

La décision de la FED (banque fédérale américaine) de baisser son taux d’escompte de 0.75% n’est pas aussi surprenante qu’elle peut en avoir l’air.

Ce taux d’escompte aide au refinancement des banques qui sont singulièrement ébranlées du fait de la non solvabilité soudaine d’une frange non négligeable de la population américaine liée à des emprunts hypothécaires contractés pour financer l’achat d’immobilier. En baissant ses taux, la FED encourage de façon corolaire la surchauffe et la frénésie consommatrice. Les Etats-Unis représentent à eux seuls 21% du PIB mondial !

Au lieu de serrer ses taux, la FED joue les pompiers incendiaires qui renchérissent, par la baisse du dollar, les coûts des matières premières, des biens de consommation et de l’énergie. Autrement dit, clairement, la FED est en train de contribuer à faire de l’inflation. Mais, l’objectif de la politique américaine n’est-il pas d’inciter les entreprises qui ont délocalisé leurs activités à relocaliser leur production ? Ne s’agit-il pas là d’une des formes de ce qu’on appelle le patriotisme économique ? Les Etats-Unis seraient-ils à nouveau tentés par une forme d’isolationnisme ?

La politique de la banque centrale européenne, aussi critiquable soit-elle, amène certes un renchérissement de l’euro, une perte de compétitivité de nos produits sur le marché mondial. A terme, dans une économie globalisée, le risque est de continuer à perdre nos industries et devenir un énorme centre logistique mondial. Des manutentionnaires et des informaticiens pour l’Europe ? Le propos, j’en conviens, est quelque peu caricatural. Mais la politique « restrictive » par le rehaussement du taux d’escompte a aussi l’avantage de diminuer le prix des matières premières, de l’énergie.

La hausse du prix des matières premières est sans doute l’effet de l’emballement de la machine consommatrice américaine et du mécanisme dit des anticipations rationnelles qui contribuent à renforcer la spéculation. Pour le pétrole, cette hausse est aussi liée aux perspectives d’exploitation de gisements de plus en plus « coûteux ».

Ceci étant, jeune économiste sur les bancs de la fac de Rouen, je me souviens de mes cours de microéconomie et des biens Giffen. Pour ces biens, une hausse de leur prix augmente une hausse de leur consommation. Robert Giffen avait mis le phénomène en évidence pour la pomme de terre, aliment de base. Le phénomène est connu dans le cadre de l’industrie de luxe. Pour l’énergie et les matières premières, il y aurait une forte similitude avec la pomme de terre. The Song remains the same !

Autre éclairage : données de l’économie mondiale  sur Wikipédia

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