La voix militante de citoyens d'ici et d'ailleurs

Crédits d’impôts sur les intérêts immobiliers : un cadeau en trompe l’oeil !

Par      • 30 Mai, 2007 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social    

La mise au point du candidat Sarkozy sur les modalités d’application du crédit d’impôt sur les intérêts immobiliers, hier en meeting au Havre, appelle plusieurs remarques.

Tout d’abord, elle nous renforce sur l’idée d’un dévoiement sans pareil de l’esprit des institutions. Selon l’article 20 de la Constitution, « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il dispose de l’administration et de la force armée. » Le Président de la République a pour rôle de fixer les orientations de la politique gouvernementales. Aller à ce point dans le détail est-il du ressort d’un Président de la République ?

Deuxième point : l’augmentation annoncée de la TVA de 3 points va grever l’ensemble des budgets . Le crédit d’impôts est envisagé sur les revenus imposables. Il ne concerne pas ceux d’entre nous qui ne paient pas l’impôt. Il ne concerne pas les locataires. Or, il n’est pas toujours possible d’envisager du jour au lendemain l’achat d’une propriété. Cette mesure constitue une distorsion au principe de l’égalité face à l’impôt.

La hausse de la TVA sociale s’appliquera-t-elle aux produits faisant l’objet d’une TVA réduite et notamment aux matériaux et à la construction ? Imaginons qu’elle s’y applique. Cela signifierait une augmentation mécanique des frais d’acquisition d’une résidence principale. Donner ce que l’on peut reprendre d’une autre main ?

Et puis, que devient le prêt à taux zéro ? Le risque n’est-il pas que sa suppression ne vienne financer le crédit d’impôts dont la mesure en année pleine est évaluée à 3 milliards d’euros au minimum. La contrainte de 3% au niveau de notre déficit nous oblige à financer nos dépenses par des recettes .

Ces remarques ne signifient pas qu’il ne faille rien faire sur cette question. Peut-être aurait-il mieux valu limiter la mesure à des conditions de revenu afin d’en limiter son impact financier sur le budget de l’Etat ? Cela aurait été de toute façon beaucoup plus juste.

Voie Militante Voie Militante

6 Réponses »

  1. Juste n’est pas un mot utilisé par la droite… c’est presque un gros mot pour eux !
    L’analyse que vous faites de cette mesure me semble logique.
    Encore une fois c’est un « attrape-couillons », c’est déhabiller Paul pour habiller Jacques comme on dit chez moi à la campagne !
    Quant au budget de l’Etat, on ne parle plus de la dette, comme par hasard…

  2. Salut,
    j’avais prévu ce billet mais ca ne marche pas et Denis m’a devancé…..

    Un pas en avant pour le patronnat….

    Notre vénéré Président, par un élan de générosité, a décrété qu’à parti du 6 mai 2007, jour de son sacre, les promiacquéreurs de résidences principales pourront déduire jusqu’à 20% des intêrets d’emprunts de leurs impots sur le revenu. Certes, le principe semble attirant. Cependant, malgré la possibilité offerte à tous de pouvoir accéder à la propriété, le prêt à taux zéro est voué à disparaitre pour financer ce principe.

    En effet, en vue de financer cette manne, le PTZ qui permettait à tous d’acquérir un bien immobilier ( sous réserve de remplir certaines conditions), première acquisition ou changement de demeure, va s’arreter. De fait, tous peuvent devenir propriétaire quelque soit la CSP, ce qui peut s’avérer une avancée d’un point de vue mercantile, « Le luxe pour tous »… En revanche, il convient de voir combien les salariés seront à la merci de chaque plan social. Dans le cas d’une enterprise qui propose un reclassement sur un autre site, les salariés à bas revenus, étant liés par cet emprunt et n’ayant pas une capacité financière de se retourner, se verront dans l’obligation d’accepter un licenciement, du fait de la perte de leur mobilté. Sans proner une mobilité professionnelle ou de bloquer l’accession à la propriété à tous, il convient de faire attention à l’enchainement et à la multiplication des crédits.

    De plus, de par le fait de l’augmentation du marché de l’immobilier, le principe de l’Offre et de la Demande va s’affirmer. Le prix des biens immobiliers vont augmenter de manière exponentielle du fait de l’arrivée de nbouveaux acquéreurs. Les lois Borlo pour les maisons à 100000€ vont montrer leurs limites et mettre en place un immobilier à deux vitesses ( tout comme la Santé, la Justice et l’Education ) et d’une ghettoisation des « pauvres » acheteurs dans de si « jolis » lotissements en tôle ondulée. Le marché locatif ne sera pas en reste et explosera. L’achat de logement sera la solution choisie par la majorité et le locatif disparaitra doucement après avoir connu un boom fulgurant.

    Désormais, la politique est claire. Favorisez les richesses personnelles et les spéculations -les plus riches seront les grands gagnants de cette lois, les plus riches seront favorisés comme d’habieude…-, cadenassez les salariés et permetre aux enterprises de licencier à tour de bras. Bienvenue dasn un monde de Droite.

  3. Du grand show à la Sarko, tant encore à cette heure les modalités de cette mesure sont encore bien floues. Une annonce électoraliste, qui, malheurement risque de faire pencher le vote de quelques « nombrilistes »…
    Le moi contre le nous, 2 visions de la société s’affrontent.

  4. J’ai 25 ans. D’après vous, je dois me tirer une balle tout de suite ou j’attends encore un peut? Il y avait un semblant d’espoir pour la gauche et pour les jeunes avant les présidentielles mais maintenant c’est fini, la gauche va bientôt toucher le fond. Nous allons en prendre pour 5 ans à plein régime UMP. J’espère que la gauche va se relever avant 2012 ou alors c’est parti pour 10 ans et là nous aurons encore plus de souci à nous faire.

  5. Même sarkozy semble s’y perdre. Dans son projet, déduction de l’impot sur le revenu et lors de son show de mardi, déduction du revenu imposable.
    ça va être dur de s’en sortir…

  6. Allons, Allons, camarade,
    Il faut rester debout et veiller sur les valeurs fondamentales.
    La cohérence sociale bien sûr, mais aussi le respect entre les générations et entre les peuples.
    Et bien entendu, veiller à ce que cesse le massacre de l’environnement.
    Si une seule de ces valeurs était menacée, alors il faudra désobéir à la loi.

    J’en oublie peut-être. Corrigez-moi au besoin.