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CPC : la question de la dépense active !

Par      • 31 Mar, 2007 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social   Points de vue  Points de vue    

En son temps, Philippe Séguin, alors ministre du travail, avait posé la question des dépenses actives en matière de chômage. Autrement dit, faut-il payer un chômeur à rester chez lui ou bien faut-il que l’Etat prenne en charge cette dépense sous forme de contrats aidés, d’exonérations de charge, de prise en charge du salaire ?

La droite sur ce sujet a toujours développé la même thématique. Les charges de sécurité sociale sont trop lourdes pour les entreprises, notamment sur les bas salaires. Les politiques des gouvernements de gauche n’ont pas véritablement divergé de ce dogme par méconnaissance de la réalité économique par des hommes et de femmes, pour l’essentiel, issus de la fonction publique.

Ces exonérations constituent non seulement d’énormes trappes à bas salaires : 17% de smicards aujourd’hui… moins de 11% dans les années 80. Elles constituent des distorsions de concurrence qui pénalisent l’activité de nombreuses catégories d’acteurs économiques. D’autres choix sont possibles et notamment celui de supprimer toutes les formes d’aide et d’introduire une baisse généralisée et uniforme des taux concernant la part salariale et patronale. Elles auraient pour avantage de donner du pouvoir d’achat et maîtriser l’augmentation du coût du travail. L’appauvrissement des caisses de sécurité sociale provoquée par ces exonérations constitue la principale bombe à retardement et vont entraîner la faillite générale de notre système de répartition. La proposition de Bayrou d’offrir aux entreprises deux emplois exonérés est la proposition la plus folle qui m’ait été amené d’entendre. Sa logique est ultra-libérale, au delà même de celle de Sarkozy !

La volonté de baisse du coût du travail recherchée au travers de ces exonérations répond à la volonté d’aligner la société française sur les coûts du travail mondiaux. De la façon dont nous y prenons, nous risquons de continuer à appauvrir une part toujours plus grande de la population française, sans véritablement répondre aux véritables problèmes de l’offre de la production industrielle française : recherche, enseignement, investissement, enjeux écologiques et énergétiques.

Je ne comprends pas la proposition de Ségolène Royal relative au CPC (Contrat Première Chance). Le corpus intellectuel qui constitue cette proposition ne répond pas aux besoins de notre pays. Je tenais ici à exprimer mon désaccord profond.

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